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 [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens

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Sweet Caroline
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 17 Avr - 2:06

Merci les filles ! Non, pas de chapitre du point de vue de Sophie, ce n'est pas prévu et je ne pense pas le faire, désolée.
Parce que pour moi, le fait de savoir qu'Erwan est amoureux d'elle suffit, car les réactions de Sophie montrent ce qu'elle ressent déjà.

Poupex a écrit:
Les récits narratifs de chacun sont écrit à chaque fois à leur manière. Parfois on a même l'impression de KW et Chari ont les mêmes pensées, voire le même cerveau.
Je trouve ça contradictoire, du coup ! lol Parce que ça voudrait dire que les points de vue de K et C sont presque les mêmes, non ?

Poupex a écrit:
lily a écrit:

En tout cas, ça se sent à la lecture que tu écris en songeant à une adaptation cinématographique, ça donne un résultat vachement fluide, où on ne s'ennuie pas une seconde, j'adore!

C'est clair!
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Razz

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 17 Avr - 11:53

Sweet Caroline a écrit:
Merci les filles ! Non, pas de chapitre du point de vue de Sophie, ce n'est pas prévu et je ne pense pas le faire, désolée.
Parce que pour moi, le fait de savoir qu'Erwan est amoureux d'elle suffit, car les réactions de Sophie montrent ce qu'elle ressent déjà.

Poupex a écrit:
Les récits narratifs de chacun sont écrit à chaque fois à leur manière. Parfois on a même l'impression de KW et Chari ont les mêmes pensées, voire le même cerveau.
Je trouve ça contradictoire, du coup ! lol Parce que ça voudrait dire que les points de vue de K et C sont presque les mêmes, non ?


En fait ils parlent différemment, leurs expressions ne sont pas les mêmes mais au final ils pensent pareil. Plutot par rapport aux sentiments qu'ils ont l'un envers l'autre. En fait quand tu lis la partie KW ou la partie Chari t'arrives à savoir que c'est l'un ou l'autre. Mais quand il parlent de ce qu'ils ressentent parfois j'me perds et j'ai l'impression que c'est l'autre qui parle Chui ptète pas claire Embarassed


Sweet Caro a écrit:
Poupex a écrit:
lily a écrit:

En tout cas, ça se sent à la lecture que tu écris en songeant à une adaptation cinématographique, ça donne un résultat vachement fluide, où on ne s'ennuie pas une seconde, j'adore!

C'est clair!
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Razz

Perso c'est plutôt par rapport aux narrations. Disons que parfois quand tu lis un livre t'as des conversations qui se font, t'as pas l'impression qu'il est possible de parler comme ça en vrai et lorsque c'est adapté c'est arrondi pour que ça paraisse plus réaliste. Pour ton récit je trouve que c'est déjà accessible. Comme je l'ai dit ça a l'air vrai et tout de suite tu vois les choses. C'est facilement imaginable Very Happy

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 17 Avr - 14:30

Poupex a écrit:
En fait ils parlent différemment, leurs expressions ne sont pas les mêmes mais au final ils pensent pareil. Plutot par rapport aux sentiments qu'ils ont l'un envers l'autre. En fait quand tu lis la partie KW ou la partie Chari t'arrives à savoir que c'est l'un ou l'autre. Mais quand il parlent de ce qu'ils ressentent parfois j'me perds et j'ai l'impression que c'est l'autre qui parle Chui ptète pas claire Embarassed
Je comprends ce que tu veux dire. Je me rends pas compte en fait, je ne suis pas assez objective.
Cela dit, je pensais pas montrer que K et C ressentaient la même chose. Je me dis que j'ai loupé mon truc alors, parce que K est plus prudent que C dans ses sentiments et apparemment, ça ne se ressent pas, si tu arrives à les confondre.

Citation :
Perso c'est plutôt par rapport aux narrations. Disons que parfois quand tu lis un livre t'as des conversations qui se font, t'as pas l'impression qu'il est possible de parler comme ça en vrai et lorsque c'est adapté c'est arrondi pour que ça paraisse plus réaliste. Pour ton récit je trouve que c'est déjà accessible. Comme je l'ai dit ça a l'air vrai et tout de suite tu vois les choses. C'est facilement imaginable Very Happy
Ca ça me rappelle Dawson ! C'était vraiment pas réaliste leur façon de parler, et j'aimais pas, justement. J'aime quand les jeunes parlent "le jeune" (tout en gardant un langage compréhensible, pas comme les jeunes d'aujourd'hui lol).

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 7 Mai - 1:08

Chapitre 26
L’autre



J’étais tellement excitée par la soirée qui nous attendait que j’eus du mal à retenir tout ce que le guide nous disait à propos de la ville de Brest que je trouvais plutôt mignonne. Ca faisait tellement petit par rapport à New York, c’était presque étrange d’être dans un endroit aussi petit. Moi qui avais l’habitude des grandes villes, là, j’étais dépaysée ! J’avais toujours essayé d’imaginer mon petit-ami dans sa ville d’origine, avec ses copains, flânant dans les rues de Brest, mais jamais je n’avais imaginé un tel décor. C’était tellement différent des rues de la Grosse Pomme. Mon imagination n’avait pas été assez fertile pour visualiser autant de détails. J’avais bien essayé de voir sur internet à quoi pouvait ressembler Brest, mais la réalité était toute autre. En fait, je m’y sentais bien. C’était très tranquille, paisible, et la vie de famille devait être merveilleuse ici. Après, bien sûr, au niveau de la culture, il ne fallait pas être trop exigeant. Mais Konwal m’avait dit que la ville était à quatre heures et demie de Paris en train, ce qui était largement faisable.

Nous visitâmes le centre-ville avec notamment la rue de Siam et le pont de Recouvrance qui était, d’après ce que j’avais pu retenir, le plus haut pont levant d’Europe. Ensuite nous étions allés à la base navale, deuxième port militaire français, mais ce qui m’avait le plus plu était le château de fondation gallo-romaine, fortifié par Vauban au XVIIe siècle. J’avais toujours aimé les châteaux forts, peut-être à cause des contes de princesses. Et Konwal était mon prince, et il était là avec moi. Nous avions tenu assez longtemps en nous tenant la main, j’étais heureuse de pouvoir le sentir aussi proche de moi. Nos marques ne nous avaient pas trop torturés aujourd’hui, nous arrivions à savoir à quel moment nous arrêter avant que la douleur ne se fasse trop importante, et tout cela, le plus naturellement possible, sans trop de frustration. Nous nous étions volés quelques baisers et je ressentais toujours autant de bonheur (et d’envie !) de sentir ses lèvres sur les miennes. Konwal m’avait montré les endroits qu’il avait eu l’habitude de fréquenter dans la ville, et je ne pouvais m’empêcher de l’imaginer faisant telle ou telle chose dans ces endroits qui devenaient pour moi particuliers, car il les avait « habités ».

Pendant toutes les visites, j’écoutais d’une oreille pas vraiment distraite la conversation qui se tenait entre Angie et Erwan. Konwal et moi nous regardions de temps à autres en réaction à ce qu’ils se disaient. Et nous rîmes même, parfois. Ils étaient plutôt mignons tous les deux, physiquement, ils étaient parfaits ensemble. Après, il y avait Ben que je n’oubliais pas, moi, si Angela, elle, semblait l’oublier.
L’anglais d’Erwan était bien moins bon que celui de Konwal, il arrivait toutefois à s’exprimer sans trop de difficultés, mais pour ce qui était de son accent, ce n’était pas vraiment ça. Mais j’étais certaine qu’Angie trouvait ça « craquant ». J’avais hâte de pouvoir débriefer là-dessus avec elle, dès que l’occasion se présenterait. Mais Erwan n’avait pas l’air de vouloir la lâcher, bizarrement. Cela me faisait rire, mais en même temps, j’en étais contente car je ne culpabilisais pas de rester avec Konwal en laissant Angie de côté. Cela dit, nous n’avions pas eu beaucoup de moments seuls : Sophie et Fred étaient restés avec nous et j’avais bien discuté avec Sophie. C’était une fille très chouette, minuscule en taille, mais cela n’enlevait rien à sa valeur. Elle était adorable et vive. Et j’avais remarqué comment elle regardait Erwan et Angela en douce. J’étais certaine qu’elle était jalouse. Mais ce qui m’étonnait, c’était que Fred, lui, avait l’air de ne rien voir. Alors soit il s’en fichait, soit il était aveugle. Dans les deux cas, ce n’était pas bon pour lui car à mon avis, Sophie et Erwan allaient finir par se trouver. Konwal m’avait raconté, aussi, qu’ils avaient toujours été comme ça, à se chercher gentiment, se chamailler en toute amitié. Qui aime bien châtie bien, à ce qu’il paraît…
Et puis Erwan avait clairement avoué ses sentiments lors d’une conversation avec Konwal, un jour. A moi de découvrir si Sophie ressentait la même chose, mais pour cela, il me fallait être seule avec elle, et pour le moment, Fred la suivait comme son ombre. Ce soir, peut-être que j’en aurais l’occasion.

« Ca me fait réellement plaisir de faire ta connaissance, Chari » me dit Sophie. Je la regardai et avant que je n’ouvre la bouche pour lui répondre, elle reprit la parole. « Enfin… je t’appelle Chari, mais tu préfères peut-être Charisma ? Mais Konwal t’appelle toujours comme ça quand il nous parle de toi, donc je crois que j’ai pris l’habitude. »
Elle me sourit timidement et j’haussais les épaules d’un air amusé.
« Non c’est bon, tu peux m’appeler Chari, pas de problème. Et moi aussi ça me fait très plaisir de te connaître. »
Son sourire s’élargit et elle regarda le sol à nouveau alors que nous marchions vers le centre-ville. Dans moins d’une heure, nous quitterions le groupe pour aller chez Erwan et vivre la vraie culture française. J’avais hâte d’être immergée dans un environnement purement français et faire la rencontre d’autres autochtones.
« Konwal m’a beaucoup parlé de toi, d’Erwan, d’Adrien… et un peu d’Anna. On va voir Adrien ce soir ou pas ? »
J’avais éludé Anna dans ma question, personnellement, je n’avais pas très envie de la rencontrer. J’appréhendais sa réaction, notre rencontre, son jugement. Tout. Et je la jalousais aussi, car elle avait vécu quelque chose de fort avec Konwal, elle l’avait eu pour elle pendant une (longue) partie de sa vie, et elle n’avait pas eu de barrière à leur relation, aucune douleur physique dès qu’ils se touchaient. Je présumais qu’en un an, ils avaient eu maintes occasions de franchir des pas que je ne pouvais m’autoriser avec lui. Et c’était ça, surtout, que j’enviais. Tout comme je redoutais que l’amour que Konwal me portait s’arrête à cause de cela.

« Oui, et Anna aussi. » me répondit Sophie.
Je tournais la tête vers mon petit-ami qui n’avait pas manqué une seule miette de notre conversation.
« Ca va bien se passer, t’inquiète pas » me rassura-t-il.
« Tu crois vraiment ? » Et son visage ne m’inspirait pas le calme, à vrai dire. Je le sentais tendu, lui aussi.
« Oui, je pense. »
Sophie reprit la parole et je quittai Konwal du regard pour le diriger vers elle.
« Anna sait pour toi et je pense qu’elle sait à quel point Konwal est attaché à toi, car il n’est pas le genre de mec à sortir avec n’importe qui. Et franchement, elle n’a jamais rien dit de mal sur toi, juré ! »
Je vis que Konwal était très intéressé par ce que Sophie venait de dire. Il n’était pas au courant de tout ça, apparemment. Il m’avait dit qu’il n’avait pas reparlé à Anna depuis leur séparation, car il savait qu’elle en souffrait et que couper les ponts était certainement plus sain pour sa guérison. Leur rencontre de ce soir allait être forte en émotions, j’en étais sûre.
« Merci Sophie, c’est rassurant » lui répondis-je calmement, même si au fond de moi, le stress était monté d’un cran rien qu’à l’idée de rencontrer cette « autre ».
« Ca va faire bizarre de la revoir » avoua Konwal à voix basse, comme s’il était plongé dans une profonde réflexion.
« Je sais que vous ne vous êtes plus parlé depuis… depuis votre séparation. »
Sophie me regarda et j’avais l’impression qu’elle était gênée. Elle ne devait pas être à l’aise de parler d’Anna devant moi. Surtout lorsqu’il s’agissait d’Anna et Konwal.
« Mais je crois que tu as fait le bon choix, Konw. Elle avait besoin de cet éloignement, même si ça a été difficile pour elle. »
Elle marqua une pause et me regarda à nouveau en faisant une petite moue, accentuant son air gêné. « Désolée Chari de parler de ça devant toi, ça doit pas être cool d’entendre des trucs comme ça. »
« Non, ça va. Konwal ne m’a pas dit tout ça et c’est toujours intéressant de savoir. »
Je regardai alors mon petit-ami et celui-ci me prit la main en souriant, mais le genre de sourire un peu forcé. Il était gêné lui aussi. Alors je serrai ma main dans la sienne et je lui souris tendrement.
« Ca ne me dérange pas, vraiment » lui dis-je dans ma langue maternelle. Je n’avais pas l’habitude de lui parler en français et il m’était plus naturel de le faire en anglais. Il se rapprocha de moi tout en marchant et nos bras finirent par se toucher.

« Fred, tu seras là ce soir aussi ? » lui demandai-je, curieuse. Il n’était pas très bavard et cela était l’occasion de le faire parler. Et aussi de savoir si oui ou non j’allais pouvoir parler à Sophie tranquillement au sujet d’Erwan.
« Oui, mais je ne resterai pas longtemps, car demain je pars en vacances avec mes parents et nous partons très tôt. Donc j’ai pour ordre de ne pas me coucher trop tard. C’est moi qui conduis. »
J’en fus étonnée. Je savais qu’en France, il fallait avoir dix-huit ans pour pouvoir passer le permis, contrairement à chez nous où nous pouvions conduire dès l’âge de seize ans. Et Fred devait en avoir dix-sept tout au plus, normalement. Comme nous.
« Tu as déjà le permis ? »
Il se rapprocha un peu de moi pour continuer la conversation et je le vis sourire pour la première fois. Il était plutôt mignon lui aussi. Grand, brun, les yeux marron. Des petites taches de rousseur sur son nez, un peu comme Konwal.
« Non, je fais la conduite accompagnée, je sais pas si Konwal t’a déjà expliqué ça. » Il questionna mon petit-ami du regard mais je répondis à sa place.
« Non, jamais. C’est quoi ? »
« En fait, on peut conduire à seize ans, mais il faut le faire avec nos parents ou toute personne qui a le permis depuis je ne sais plus combien d’année. Enfin moi je le fais avec mes parents. Et donc on doit faire trois milles kilomètres comme ça, et puis après, dès dix-huit ans, on peut passer le permis et on est censé avoir plus de chance de l’avoir puisque nous avons plus de pratique que les candidats qui ne font pas la conduite accompagnée. Je trouve que c’est un très bon système. »
Il parlait vite et je dus me concentrer pour arriver à tout comprendre, mais je pensais avoir saisi l’essentiel.
« OK. Et tu pars où demain ? »
« On part sur la côte basque, c’est dans le sud-ouest de la France, au bord de l’océan. Je vais faire du surf, j’ai hâte. »
« Wow tu surfes ! J’aimerais bien essayer un jour. » Même si je n’aimais pas le sport, c’était une des seules activités sportives qui me donnait envie.
« C’est pas Konwal qui va t’apprendre, en tout cas » plaisanta-t-il, ce qui provoqua l’hilarité de tous, y compris Erwan derrière nous. Je me rendis alors compte qu’Angela et lui avaient écouté notre conversation et s’étaient arrêtés de parler. Angela, elle, ne riait qu’à moitié, elle ne devait pas avoir tout saisi, alors je lui expliquais en vitesse la situation.
« Ben oui, la nature ne dote pas tout le monde de la même manière ! Je ne suis pas sportif pour un sou, et je ne le regrette pas. J’ai d’autres talents ! » répondit Konwal, pas du tout offensé.
Et c’était vrai. Je ne pus m’empêcher de me pencher vers lui pour lui déposer un baiser sur l’arrête de sa mâchoire qui picotait légèrement.
« Et je l’aime, mon artiste ! » dis-je doucement près de son oreille, ce qui déclencha un immense sourire chez lui.
« Mais personne n’est aussi bien doté que moi ! » remarqua Erwan en rigolant. « Sportif ET artiste ! C’est pas donné à tout le monde. » Je le regardai alors et il afficha un sourire volontairement fier, ce qui m’amusa. Mes yeux dérivèrent sur Angela qui, elle, regardait Erwan en souriant bêtement. Oh oh… j’espérais qu’elle n’était pas en train de tomber sous son charme. (et quel charme !)
Je regardai Sophie en vitesse et elle aussi avait une petite étincelle au fond de ses yeux fixés sur Erwan. Quel succès il avait ! Puis elle détourna le regard et se rapprocha de Fred qui, lui, ne voyait toujours rien venir. Pauvre Fred, il allait tomber de haut.

En tout cas, ce soir, j’allais peut-être pouvoir prendre Sophie à part pour parler mecs. Ca lui ferait peut-être du bien de parler de ça avec une autre fille, puisqu’elle n’était entourée que de garçons. Sauf si elle était proche d’Anna, mais d’après Konwal, Sophie et Anna n’étaient pas les meilleures amies du monde. Elles s’appréciaient, mais c’était tout.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 7 Mai - 1:14

(suite chapitre 26)

Madame Sisto s’approcha de notre petit groupe et elle s’adressa à Erwan.
« Ta mère vient vous chercher dans une demi-heure devant la mairie » nous informa-t-elle alors.
« OK. A quelle heure on doit vous ramener Konwal, Chari et Angie ? » demanda Erwan en retour.
« Ta mère m’a posé la question, je n’ai pas donné de couvre-feu. Vous verrez bien. Par contre Konwal, Angela et Charisma, faites attention quand vous rentrerez, ne faites pas de bruit pour ne pas réveiller les autres. Je dirai à l’accueil que vous arriverez plus tard dans la nuit. Je compte sur vous pour rester discrets, compris ? »
« Oui oui ! » Nos trois voix répondirent en chœur.
« Bien » finit-elle par dire avant de s’éloigner à nouveau.

Nous eûmes tout juste le temps d’arriver à la mairie avant de faire la connaissance de la mère d’Erwan qui venait de garer son monospace sur le parking. Elle était grande et blonde, comme Erwan. Et elle avait les mêmes yeux que lui aussi. En fait, son fils lui ressemblait énormément. Elle se jeta dans les bras de Konwal dont je dus lâcher la main.

« Mon filleul préféré ! » s’exclama-t-elle. Leur étreinte dura plusieurs secondes puis elle prit son visage en coupe et l’embrassa sur chaque joue avec un sourire heureux.
« Bonsoir Gaëlle, ça fait trop plaisir de te revoir » dit-il.
Et je sentais dans sa voix qu’il était ému de la revoir. Lui aussi affichait un sourire sincère.
« Ca fait bizarre de ne plus t’avoir dans les pattes, mon petit Konwal. Tu nous manques énormément, et depuis que t’es parti, je n’arrive pas à me défaire d’Erwan, il reste souvent à la maison, maintenant. »
Je regardai Erwan qui regarda son ami et lui envoya un sourire timide. Konwal m’avait dit qu’ils étaient très proches tous les deux. Ils se connaissaient depuis quasiment toujours. Je n’avais pas la chance d’avoir une amie d’aussi longue date, mais finalement, j’étais très bien avec Angela, même si nous nous connaissions « que » depuis nos dix ans.

« Comme si t’allais t’en plaindre ! » répondit Konwal en rigolant. « Ton fiston pour toi, avoue que t’en rêvais ! »
Konwal avait l’air parfaitement à l’aise avec la mère d’Erwan. Elle était sa marraine, et je supposais que depuis la mort de madame Coupey, elle avait joué le rôle de maman pour lui.
« C’est vrai. Mais je n’aime pas le voir malheureux, et ça fait presqu’un mois que je le vois déprimer à la maison. »
« Mamaaannn ! » la réprimanda Erwan. Il fronçait les sourcils et était devenu soudainement très sérieux.
« Mais c’est vrai, poussin ! » continua-t-elle. Sophie retint un rire et Erwan grogna à nouveau.
« Arrête de m’appeler comme ça ! Je n’ai plus six ans ! »
« Mais tu resteras mon petit poussin pour toujours, Erwan » lança-t-elle avec un clin d’œil à l’encontre de son fils.
Erwan grogna à nouveau et soupira de colère en regardant ailleurs alors que sa mère fixait son attention sur moi, puis elle me détailla rapidement.
« Et toi tu dois être Charisma, je me trompe ? »
Je lui souris poliment et restai figée. Il y avait une drôle d’ambiance maintenant qu’Erwan était fâché contre sa mère.
« C’est bien moi. Charisma O’Connell. Enchantée de faire votre connaissance, madame. Et merci pour l’invitation, ce soir. »
« Oh mais je t’en prie ! Et appelle-moi Gaëlle ! » me répondit-elle en s’approchant de moi avant de me prendre dans ses bras et de me faire la bise. C’était… bizarre, toute cette attention.
« Et toi tu dois être Angela » dit-elle, me lâchant pour prendre Angela à son tour dans ses bras.
« Oui, bonjour madame » répondit celle-ci, encore plus gênée que moi.
Lorsqu’elle la lâcha, la mère d’Erwan affichait toujours le même sourire radieux et elle alla parler avec madame Sisto, nous laissant enfin tranquilles.

« Elle m’éneeeerve ! » tempêta Erwan.
« Arrête, elle est trop cool ta mère ! » annonça Sophie.
« Ben moi je veux bien échanger contre la tienne ! » lui répondit Erwan d’un ton boudeur.
« La mienne doit être la pire de toutes ! » annonçai-je en étant sûre de moi. Puis je regardai Konwal qui, lui, n’avait pas de mère. Je me rendis compte que c’était le genre de choses qu’il ne pouvait même pas dire. Mais il n’avait pas l’air triste à entendre nos remarques, il souriait, même.

« Bien, les jeunes, on y va ? » s’exclama Gaëlle, toujours aussi enthousiaste. Nous nous dirigeâmes vers la voiture et il y avait tout juste assez de sièges pour nous tous.
Le trajet ne dura pas longtemps, même pas dix minutes, et pourtant j’avais l’impression de m’être beaucoup éloignée du centre ville, passant dans des quartiers résidentiels. Mais il n’y avait pas de bouchons, tout roulait parfaitement, c’était quelque chose d’inhabituel pour la petite new-yorkaise que j’étais.

La voiture ralentit devant une grande maison au toit gris foncé et aux murs bien blancs qui contrastait avec le bleu marine des volets en bois. Chez nous, nous n’avions pas de volets, c’était bizarre d’en voir sur toutes les maisons ici. Puis le portail électrique s’ouvrit et Gaëlle gara la voiture dans l’allée bordée de buissons bien verts. J’avais l’impression que toutes les couleurs étaient plus vives ici, c’était étrange. Nous descendîmes de la voiture et nous marchâmes jusqu’à la porte, les gravillons crissant sous chacun de nos pas. Angela s’approcha de moi, comme si elle avait peur de ce qu’il adviendrait et je lui envoyai un coup de coude plaisantin.

« Wow, c’est super beau ici ! » me dit-elle tout bas, elle aussi émerveillée par cette grande maison au style bien particulier que nous ne trouverons jamais aux Etats-Unis.
Je me retournai et vis que Konwal s’était arrêté, Erwan l’avait suivi. Tous les deux regardaient la maison voisine et je me mis également à l’observer. Elle était aussi grande que celle d’Erwan, même architecture, et par-dessus la haie taillée, je pouvais voir un bassin dans le jardin devant la maison.

« Tu veux y aller ? On a toujours la clef » proposa Erwan. Je supposai alors qu’il s’agissait de la maison de Konwal, celle qu’il habitait lorsqu’il était encore à Brest.
« Tant mieux, ouais j’ai bien envie d’aller y faire un saut. J’aurais dû prendre la mienne, je suis bête, je n’y ai même pas pensé » entendis-je Konwal répondre.
« Ton père ne veut toujours pas la vendre ? » demanda Erwan.
« Non, il tient trop à cette maison, et moi aussi, d’ailleurs. Tous mes souvenirs sont là, y compris et surtout ceux avec maman. » Son ton était triste et je m’avançai alors vers eux, abandonnant Angela quelques secondes. Je ne prêtai plus attention à elle, je me focalisais sur les deux garçons.
« C’est ta maison, Konwal ? » demandai-je avec curiosité, même si j’avais cru comprendre qu’il s’agissait bien d’elle.
Les deux garçons se retournèrent vers moi, étonnés que je suive leur conversation.
« Oui, c’est là que j’ai grandi » m’avoua mon petit-ami.
« Elle est magnifique, tout comme la tienne, Erwan. »
« Merci » me répondirent-ils en chœur et leur synchronisation les fit rire.
« On va aller y faire un petit tour, si ça te dit de venir avec nous » me proposa Konwal. Bien évidemment, j’acquiesçai avec plaisir.
« Attendez-moi là, je reviens avec la clef » nous ordonna Erwan en courant vers la porte d’entrée de sa maison. Je refixai mon attention sur la maison que je m’apprêtais à visiter, entrant ainsi dans l’antre des souvenirs de Konwal. S’il y avait un lieu que j’avais souhaité voir, c’était bien cela. Konwal avait toujours vécu ici et cet endroit devait être chargé en toutes sortes d’émotions, en essence même de ce qu’a été Konwal avant que je ne le connaisse. J’espérai que cette maison me révèlerait quelques secrets qu’il ne m’avait pas encore avoués.

« Ca fait bizarre de revenir ici après deux mois à New York » m’avoua mon petit-ami. « C’est tellement différent. »
Son ton était toujours aussi triste, je le savais ému et j’observai le silence, me préparant à visiter ce qui le rendait aussi… différent. Sa sensibilité me rendait presque toute aussi émue.
« Elle parait tellement vide, maintenant… » finit-il d’un air songeur.

Erwan réapparut immédiatement et se précipita vers nous. Anna, Fred et Angie avaient disparu dans la maison animée par la vie, contrairement à celle de Konwal.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 7 Mai - 1:15

(suite chapitre 26)

Notre procession se fit dans un silence religieux, et je sentis la main de Konwal se glisser au creux de la mienne, ravivant ma marque que j’ignorai sans attendre. Je regardai mon petit-ami avec tendresse et Erwan déverrouilla la porte qu’il poussa ensuite. Elle n’avait pas grincé, pas comme une vieille porte qu’on n’avait pas ouverte depuis longtemps. Je constatai qu’Erwan connaissait parfaitement la maison, il s’y engouffra avec aise, pourtant la pénombre régnait à l’intérieur.

« Pas d’électricité, désolé ! » dit-il alors que sa voix résonnait dans le hall d’entrée. J’étais restée sur le palier, et Konwal rentra à son tour, lâchant ma main.
Puis j’entendis le bruit d’une fenêtre et le jour jaillit à l’intérieur de la maison, ce qui m’invita à entrer, enfin.
Je pus distinguer les détails plus nettement et à l’intérieur, la maison était encore plus charmante. Au plafond, il y avait des poutres apparentes en bois foncé, les murs étaient d’un blanc immaculé et un escalier montait sur la droite, tout de bois, marches et rampe comprises. Un grand miroir en fer forgé, orné de motifs végétaux, reflétait la lumière de la fenêtre qu’Erwan venait d’ouvrir et agrandissait le petit hall.
Rien que le hall d’entrée inspirait harmonie et paix.

« Comme tu vois, ça n’a pas changé ! Maman vient faire le ménage de temps en temps, histoire que la poussière n’envahisse pas trop la maison et aussi pour que vous la trouviez en bon état s’il vous venait l’idée de revenir. »
Erwan parlait tout en ouvrant les autres fenêtres et j’observais alors Konwal qui s’enfonça dans la maison lui aussi. Je le suivis et pile au moment où Erwan ouvrit la porte-fenêtre du salon, je découvris un magnifique piano noir.

« Wow ! » lâchai-je sans me rendre compte. Konwal se retourna vers moi et me sourit en comprenant que c’était le piano qui m’avait fait cet effet. Il s’approcha de l’instrument et sa main glissa sur le capot du clavier, de l’extrémité jusqu’au centre, puis il l’ouvrit, dévoilant alors les touches noires et blanches. Il s’installa sur la banquette et je me trouvai complètement fascinée par cette vision, en attente d’entendre le son de ce piano et d’admirer le talent de mon petit-ami.

« Tu vas voir, Chari, Konwal est trop doué ! » La voix d’Erwan ne me déconcentra pas le moins du monde et après un regard furtif vers lui, je me focalisai à nouveau sur Konwal qui souriait à son meilleur ami. Puis j’entendis les premières notes. Je reconnu le morceau, il s’agissait de la Sonate au Clair de Lune de Beethoven, un très joli morceau, lent et très émouvant. La mélodie résonnait dans la maison inhabitée et l’acoustique était superbe. Mais les notes s’arrêtèrent brusquement et Konwal se leva. Pourquoi il avait arrêté ?

« Il est doué, hein ? » me demanda Erwan. Je le regardai, légèrement frustrée de ne pas avoir eu la fin du morceau et m’avançai vers le piano.
« Oui, je ne pensais pas autant, d’ailleurs. Dommage que tu n’aies pas de piano à New York, j’aurais bien aimé que tu me joues des morceaux » dis-je en caressant les touches sans oser les enfoncer. J’aurais bien aimé apprendre à jouer du piano, mais malheureusement, la musique ne faisait pas partie des passions de la famille. Déjà que j’avais l’impression d’être « à part » en pratiquant la photographie…
« Papa m’a dit qu’il allait en louer un là-bas, j’ai hâte, même si ça sera juste un piano droit. Mais celui-ci… j’y suis sentimentalement attaché. »
Je l’interrogeai du regard, attendant qu’il m’en dévoile la raison.
« Ma mère jouait elle aussi, et c’est elle qui m’a initié à la musique. Sur ce piano. »
« Je me rappelle » ajouta Erwan d’un ton pensif.

J’observai alors le reste de la pièce et je vis que tous les meubles qui faisaient partie d’une maison étaient toujours là. Il ne manquait plus que ses habitants. Konwal et son père avaient tout laissé tel quel, et cela se comprenait, ils n’allaient pas tout déménager à New York, de l’autre côté de l’Atlantique.
Les canapés était bleu marine avec de gros coussins posés dessus, de la même couleur. Entre eux, il y avait une table basse en bois massif où étaient posées deux télécommandes, l’une, je présumais, appartenant au grand téléviseur qui se trouvait dans le coin.

De l’autre côté, il y avait une cheminée et sur le manteau, un cadre était posé. Je m’approchai instinctivement et vis trois personnes. Je reconnu Konwal, il était beaucoup plus jeune et encore plus mignon qu’aujourd’hui, un sourire d’enfant éblouissant et des yeux rieurs. Une femme que je ne connaissais pas le tenait dans ses bras et son père, lui aussi plus jeune qu’aujourd’hui, se tenait à côté d’eux. La femme avait exactement les mêmes yeux que Konwal et son visage était parsemé de taches de rousseur. Elle était brune et avait les cheveux longs. Elle aussi souriait et paraissait très heureuse.

« C’est ma mère » me dit Konwal qui s’était mis juste derrière moi. Sa voix me fit d’ailleurs sursauter.
« Tu lui ressembles, je trouve. »
« C’est ce qu’on me dit souvent. »
Je me retournai vers lui, laissant de côté ce cadre photo et je me mordis les lèvres pour m’empêcher de lui demander de me parler d’elle. J’étais trop curieuse. Il ne m’avait quasiment jamais parlé d’elle et la voir à présent en photo avait éveillé chez moi l’envie de la connaître. J’avais peur de lui poser des questions sur elle, peur de remonter des souvenirs peut-être enfouis (et pour de bonnes raisons) à la surface.

« Elle était très jolie, en tout cas » réussis-je à dire, en toute sincérité. « Vous paraissez très heureux sur cette photo, pourquoi vous ne l’avez pas prise à New York ? Je ne l’avais jamais vue » m’interrogeai-je.
Konwal me sourit et s’approcha du cadre pour le prendre dans ses mains.
« On en a d’autres des comme ça, mais papa a décidé de ne pas les exposer. New York est aussi un nouveau départ pour lui, et puis… maman fait partie de cette maison » dit-il en reposant le cadre. Il soupira, mais pas d’agacement ou d’ennui. On aurait dit qu’il ressentait un certain bien-être.
« Je la sens tellement présente dans cette maison, ça me fait du bien. Comme si elle était tout près et qu’elle veillait sur moi, de là où elle est, c’est étrange. Mais rassurant. » Il se mit à rire comme pour se moquer de lui et ajouta « Et c’est certainement complètement idiot ! »
Non, je ne trouvais pas que c’était idiot. Je pensais qu’après la mort, on allait bien quelque part, cela me rassurait de savoir que notre vie terrestre n’était pas la seule que nous avions. Mon éducation catholique devait y être pour quelque chose, sans doute.

« J’aurais bien aimé la connaître » murmurai-je doucement.
« Tu l’aurais adorée » me dit Erwan qui s’était joint à nous devant la cheminée. Il me souriait à moitié, avec un soupçon de nostalgie dans son expression.
Konwal me sourit aussi, paisible. « Et elle t’aurait adorée. » Je n’en étais pas aussi certaine, mais ses paroles me rassuraient tout de même et me touchaient beaucoup. Malheureusement, je ne pourrais jamais vérifier l’exactitude de ses propos.

« Alors vous êtes là ! » dit une voix que je ne connaissais pas, derrière nous. Instinctivement, je me rapprochai de Konwal tout en me retournant pour observer la personne qui venait d’entrer. Une fille. Et pas n’importe laquelle ; elle. Cette autre qui avait fait partie de la vie de mon petit-ami pendant longtemps et qui, d’après ce que je savais, éprouvait toujours des sentiments pour lui. Mon cœur s’emballa sans que je ne puisse rien faire contre, et je sentis la chaleur monter d’un cran.

Nos regards se croisèrent et ne se lâchèrent plus, comme si nous étions bloquées par une sorte de magnétisme incontrôlable. Nous ne sourions pas, nous nous observions mutuellement, tout simplement.
Elle était comme sur la photo, la même, sauf qu’ici, elle ne souriait pas. Encore plus petite que Sophie, elle me paraissait toute menue comparée à moi. Ses cheveux bruns, presque noirs, ondulaient magnifiquement pour atteindre son dos, ils étaient longs et splendides. Elle avait une frange qui faisait ressortir ses yeux clairs, bleus ou verts, je ne voyais pas très bien. Et je devais bien l’admettre : elle était jolie. Bien plus que moi.
Cela me fit peur sans trop savoir pourquoi, je la sentais comme une menace pour moi, alors que je ne devais pas douter des sentiments de mon petit-ami. Il m’avait dit qu’Anna était du passé, alors je devais lui faire confiance, je n’avais aucune crainte à avoir.

Ce fut Erwan qui rompit le silence qui s’était installé l’espace de plusieurs secondes.

« Anna ! Alors cette compète, vous avez tout gagné avec Adrien ? »
Anna déporta son regard sur lui et se mit à sourire. Elle était encore plus belle lorsqu’elle souriait, dévoilant des dents bien rangées et bien blanches. Un petit sourire qui en ferait craquer plus d’un, je pouvais vous le garantir. Et le son de sa voix ne calma pas ma jalousie. Elle était douce et claire, fluide et dynamique. Comment une fille pouvait avoir autant de qualités physiques ? Et surtout comment Konwal pouvait me préférer à elle ?

« Adrien a terminé deuxième et moi première. On s’est éclaté, je suis contente de ma journée ! » nous avoua-t-elle en toute modestie.
« Ben tu m’étonnes, t’as terminé première ! » rigola Erwan.
« Comme toujours. Je vois qu’il y a des choses qui ne changeront jamais » continua Konwal. Je me retournai pour l’observer et son visage s’était éclairé. Il souriait à Anna, chose qui me paraissait tout à fait normal, mais qui m’énervait.
« Mais c’est mon seul talent, dommage » répondit-elle en rigolant. Puis elle s’approcha de nous et fit la bise à Erwan avant de se retourner vers Konwal, son ex. Je sentis une petite tension entre eux, c’était palpable. Pourtant, ils paraissaient heureux de se revoir. Elle s’avança pour lui faire la bise et je vis Konwal la serrer contre lui. Il n’en fallut pas plus à Anna pour faire de même et elle passa ses mains autour de sa taille pour le serrer contre elle. Ils restèrent comme cela quelques secondes et j’eus l’impression que mon cœur allait se briser en mille morceaux. Je ne m’étais pas préparée à une scène comme celle-ci. Mes yeux se dérobèrent, pour ma survie, certainement, et je croisai le regard d’Erwan qui me lança un sourire confus. Lui aussi ressentait un certain malaise à voir ces anciens amoureux (enfin, « anciens » que pour l’un d’entre eux) se prendre dans les bras ?

Je me raclai alors la gorge, essayant de mettre fin à cette scène insupportable pour moi. Konwal me regarda immédiatement et se détacha d’elle. Anna l’observa encore un moment et ce n’est que les paroles de Konwal qui la firent se retourner vers moi.

« J’ai quelqu’un à te présenter, Anna » annonça-t-il, gêné. Et il pouvait l’être !
Anna me regarda et me sourit gentiment. Je ne sus décrypter si son sourire était sincère ou forcé.
« Charisma, c’est ça ? » me demanda-t-elle. Ou alors s’adressait-elle à Konwal. En tout cas, je fus la première à répondre, dans sa langue. Mes lèvres eurent du mal à s’étirer, mais j’esquissai un timide sourire et vraiment pas sincère du tout.

« Oui, c’est moi. »
« La petite-amie américaine de Konwal » ajouta-t-elle. La petite-amie « tout court » de Konwal, oui ! Je n’aimais pas comment elle avait prononcé ces mots, comme si Konwal avait une petite-amie dans chaque pays qu’il visitait, ce qui faisait d’elle sa petite-amie française. Je retins un soupir d’exaspération et souris de plus belle, encore plus faussement qu’auparavant.
« Je suis contente de faire enfin ta connaissance, j’étais curieuse de te rencontrer » continua Anna. Là, je pus déceler une once d’hypocrisie dans son ton. Et que répondre à cela ? « Moi aussi » ? Non, je n’aimais pas mentir. Je me serais bien passé de faire sa connaissance et de ressentir cette jalousie excessive, je le savais, à son encontre. Alors il valait mieux que je ne dise rien, ce qui la mit un peu mal à l’aise (et j’en ressentis une petite satisfaction). Moi qui, au début de ma relation avec Konwal, avait éprouvé un semblant de culpabilité envers Anna – puisque je faisais partie de ce qui la faisait souffrir – ce n’était plus le cas aujourd’hui.

« Ah tiens, Konwal, puisqu’on est ici, je voudrais récupérer le livre que je t’avais prêté il y a plusieurs mois de ça. Si jamais tu ne l’as pas emmené à New York » demanda-t-elle à mon petit-ami. Celui-ci fronça les sourcils, sans doute essayant de se remémorer le livre en question ou l’endroit où il l’avait rangé.

« Il doit être dans ma chambre » répondit-il. « J’ai laissé quasiment tous mes livres ici. »
Et je le vis se diriger vers la porte du salon, suivi de près par Anna. Moi, je restai plantée là, avec Erwan qui n’avait pas bougé non plus. Ce dernier m’adressa la parole, tout bas.

« Je pense qu’on devrait rester ici, à mon avis, ils ont quelques trucs à se dire. »
Je le regardais, éberluée. Parce qu’il croyait que j’allais laisser ces deux-là seuls ?
« Et si j’ai pas envie ? » répliquai-je alors.
« Fais comme tu veux, je ne peux pas te forcer. Mais tu n’as rien à craindre, je peux te l’assurer. Ni d’elle, ni de Konwal. »
Ses paroles réussirent à me calmer un peu et je me rendis compte que ma respiration s’était accélérée. Je plongeai mes yeux dans les émeraudes d’Erwan et il me sourit gentiment, envoyant une onde apaisante qui m’atteignit aussitôt.
« OK. On peut retourner chez toi ? » Il valait mieux que je sorte d’ici, retrouver Angela me ferait du bien.
« Oui, viens. Et tu ne connais pas encore Adrien, tu vas voir, il est super sympa. » Nous nous dirigeâmes à notre tour vers la porte du salon et nous la franchîmes au moment où les bruits de pas dans l’escalier s’arrêtèrent. Anna et Konwal était à l’étage.

« Tu peux le trouver hyper sérieux au premier abord, mais en fait, il est vraiment drôle et fun. Faut juste apprendre à le connaître un peu. Et c’est un grand timide, pas comme moi » continua-t-il à me raconter alors que nous sortions de la maison de Konwal.
« Oui, Konwal m’a déjà dit tout ça, j’espère qu’il va bien m’aimer, c’est tout ce que je demande ! »
« Je ne vois pas pourquoi il ne t’aimerait pas, tu m’as l’air d’être quelqu’un de super, pour le peu que je connaisse de toi. Bon, bien sûr, Konwal ne me dit que du bien donc c’est pas forcément objectif ! » Et il se mit à rire.
« Mais je suis parfaite ! »
« Et modeste, en plus » ajouta-t-il aussitôt et toujours aussi amusé.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 7 Mai - 1:16

(suite chapitre 26)

Nous rentrâmes dans sa maison que je découvris alors. Elle était tout aussi mignonne que celle de Konwal, dans le même style. Tout paraissait simple et pourtant raffiné. Et l’endroit était plus que chaleureux, surtout que tout le monde était réuni dans le salon et discutait allègrement, dans la bonne humeur, pour fêter les retrouvailles. Angela discutait avec Sophie et lorsque nous fîmes notre entrée dans la pièce, toutes les deux se retournèrent vers nous, ou plutôt vers lui, et toutes les deux affichaient la même expression sur leurs visages : un petit sourire timide et gêné à la fois et des yeux qui brillaient. Je connaissais ce regard chez Angela, elle avait le même lorsqu’elle regardait mon frère. Ce qui impliquait que c’était mauvais signe pour Ben si elle se mettait à avoir ce même regard pour un autre garçon que lui.

« Voilà Charisma » entendis-je la mère d’Erwan prononcer à haute voix, en regardant ensuite le garçon que je ne connaissais pas encore. Il s’était levé et était légèrement plus grand que Konwal, un mètre quatre-vingt maximum, plutôt mince mais pas maigre, et il avait les cheveux châtain et les yeux marron dissimulés derrière des lunettes de vue à la monture noire.
Je m’approchais de lui tout sourire et il m’accueillit.

« Salut Charisma, je suis content de faire ta connaissance ! » Cela sonnait effectivement beaucoup plus sincère que la version d’Anna.
« Moi aussi Adrien. » Je ne pouvais pas me tromper de prénom, il ne restait plus que lui que je n’avais pas encore rencontré. Il s’avança vers moi et me fit la bise (il allait falloir que je m’habitue à ça).

« Alors, comment as-tu trouvé la ville ? J’aurais aimé être des vôtres cet après-midi mais j’avais une compétition de sport » s’excusa-t-il.
« D’escrime, oui, on m’a dit. Et félicitations pour ton résultat ! »
La mère d’Erwan se poussa sur le canapé pour me laisser une place et nous nous assîmes tous.
« Ah tu es déjà au courant ! Merci. »
« De rien. Et sinon, oui, la ville était sympa. J’ai bien aimé le château fort. Mais c’est tellement petit ici, par rapport à New York ! Je n’ai pas l’habitude. »
« Oui, j’imagine que ça doit vous changer » répliqua Gaëlle. « Konwal est toujours à côté ? » demanda-t-elle en douce à son fils qui s’était mis sur le canapé d’en face.
« Oui, avec Anna » répondit-il en me jetant un coup d’œil rapide que j’eus pourtant le temps de voir. Gaëlle ne releva pas.

« Ce soir, je vous fais des galettes au sarrasin, pour faire honneur à nos invitées. Un repas typiquement breton » nous informa-t-elle.
« Ce sont les crêpes, c’est ça ? » demandai-je pour être sûre. Il me semblait qu’on les appelait aussi galettes.
« Oui, c’est ça. Et puis j’ai fais un fard breton aussi pour le dessert. »
« Ben dis donc maman, t’as pas chômé cet après-midi ! » remarqua son fils en rigolant.
« Qu’est-ce que tu crois ! Pendant que vous preniez du bon temps en ville, moi j’étais aux fourneaux ! Et je ne peux même pas compter sur mon fiston pour avoir un peu d’aide… »
Je ne savais pas si la fin de sa phrase était ironique ou pas, mais son visage était toujours aussi heureux.
« On passe à table dans une demi-heure, ça vous va ? » demanda-t-elle à l’assemblée.
Nous répondions tous en chœur et nous levâmes pour dresser la table qui était à côté du salon, dans la salle à manger. C’était une immense table en bois avec deux longs bancs de chaque côté. De quoi accueillir tout le monde, c’était parfait.

Anna et Konwal nous rejoignirent lorsque nous posions les serviettes près de chaque assiette et j’eus droit à un baiser de mon petit-ami quand il arriva, ravivant la douleur au niveau de ma marque.
« Merci de m’avoir laissé un moment avec elle » me fit-il en murmurant. J’observai Anna du coin de l’œil, elle discutait avec Sophie.
« De rien. Remercie Erwan, surtout, c’est lui qui m’a convaincue. »
« On avait besoin de parler tous les deux. Et elle est réellement contente de faire ta connaissance, tu sais ! »
« Ah bon ? Parce qu’elle n’avait pas l’air sincère tout à l’heure quand elle m’a dit ça. »
Konwal passa sa main sur ma taille et me rapprocha de lui pour me prendre dans ses bras. Je me laissai docilement faire, même si cela accentuait la douleur, et nos visages étaient à quelques millimètres l’un de l’autre.
« Tu n’as aucune crainte à avoir » me rassura-t-il. Nos fronts se touchèrent et je ne répondis rien le temps de ravaler ma jalousie.
« Je te crois » finis-je par répondre. « Mais je ne pense pas qu’elle et moi devenions super copines pour autant. »
Cela le fit rire et il m’embrassa sur le front avant de s’éloigner de moi, stoppant aussitôt la douleur.

« Je ne te le demande pas, de toute manière » me dit-il s’éloignant encore un peu.
Encore heureux qu’il ne me le demandait pas, car j’aurais été incapable de satisfaire sa demande.

Quelques minutes plus tard, nous passâmes à table et le père d’Erwan arriva à ce moment là. Il salua tout le monde, étonné de voir une aussi grande tablée et il avait l’air un peu dans la lune. Il fut particulièrement content de retrouver Konwal qu’il ne cessa de questionner au sujet de sa nouvelle vie aux Etats-Unis. Konwal parla de nous, d’Angie et moi, et le père d’Erwan nous posait alors quelques questions. Ce fut lui qui mena la majeure partie de la conversation tout au long du repas. Sa curiosité (dans le bon sens du terme) faisait plaisir à voir et me permettait de penser à autre chose qu’à Anna que j’avais ignorée tout au long du repas. Un repas qui était délicieux, après trois galettes, j’étais repue, sentant la taille de mon jeans se rétrécir. Elles étaient fourrées au fromage, aux noix, au jambon et il y avait aussi un œuf dedans. Vraiment un régal pour mes papilles et ce fut avec plaisir que je demandai la recette à Gaëlle, ce qui l’enchanta.

Après le repas, Erwan nous proposa, à tous, de monter dans sa chambre. Nous étions sept – Fred nous avait abandonné – et je me demandais comment nous allions tous tenir dans sa chambre. Mais lorsqu’il poussa la porte de celle-ci pour nous inviter à entrer, je compris qu’en fait, nous pouvions même être sept de plus ! Elle était immense. Aussi grande que mon salon, à New York. Je l’enviais énormément, il avait de l’espace pour mettre toutes ses affaires. Ses murs étaient blancs et couverts de posters de différents groupes de musique (je reconnus Green Day et Kings of Leon, les autres, je ne les connaissais pas). Deux guitares étaient posées sur leurs socles, une électrique et une acoustique. Lui aussi était musicien, comme il nous avait dit plus tôt dans la journée, et j’adorais déjà être dans un environnement artistique comme celui-là. Sur une étagère, je distinguai toute une ribambelle de trophées et de médailles, et je me souvins qu’il faisait de la natation, d’après ce que Konwal m’avait dit. Il devait être sacrément fort pour avoir remporté tout ça. Son lit deux places étaient poussé dans un coin de la pièce, à l’opposé de son bureau d’angle sur lequel était posé un ordinateur portable ouvert et en fonctionnement. Des piles de papiers et de livres s’élevaient de chaque côté de celui-ci.
Par terre, je vis plusieurs gros coussins colorés disposés ça et là sur l’épaisse moquette bleue ciel. Je nous imaginais déjà poser nos fesses dessus, formant un cercle dans lequel nous allions pouvoir discuter, chanter, écouter de la musique et rigoler tous ensemble.

Je remarquai aussi un fauteuil dans l’autre coin de la pièce avec, à ses pieds, une pile de comics. Cela me fit sourire, mon frère avait la même chose dans sa chambre, ça devait être un truc de mecs, ça. Toutes ces BD sur des super-héros ne m’intéressaient pas le moins du monde. Mais peut-être qu’aujourd’hui j’allais m’y intéresser ? Car finalement, j’avais moi aussi une espèce de super-pouvoir ! Aquagirl ou quelque chose de ce goût là…

Erwan mit de la musique, c’était le dernier album de Radiohead, je le reconnus tout de suite. Konwal, lui, n’attendit pas d’être invité à s’asseoir pour le faire et il montra l’exemple que tous suivîmes ensuite. Il n’y avait pas assez de coussins et je décidai de me mettre à même le sol, mais Konwal m’offrit gentiment le sien. Il me fit un clin d’œil et son petit sourire en coin que j’aimais tant et j’acceptai volontiers son offre.

« Vous voulez boire quelque chose, au fait ? » demanda Erwan qui était encore debout. « Je vais aller chercher des boissons et de quoi grignoter pour la soirée. »
Honnêtement, je ne pouvais plus rien avaler. Ni liquide, ni solide. Le repas avait été tellement copieux que je pensais être rassasiée pour des jours.

Les autres lui demandèrent différents sodas et lorsque ce fut mon tour de parler, j’haussais les épaules et je lui répondis de l’eau, pour lui faire plaisir.
Il partit à toute vitesse et Sophie prit la parole.

« Alors vous allez nous jouer quoi ? Ca m’a manqué nos petites soirées concert avec toi. »
Konwal lui sourit et allongea ses jambes devant lui, s’appuyant sur ses mains derrière lui.
« Je sais pas trop, ce qu’il voudra. J’ai pas appris de nouvelles chansons depuis mon départ, à mon avis on fera les mêmes. »
J’étais impatiente de les écouter chanter tous les deux. Je connaissais déjà la voix de Konwal – que j’adorais, bien entendu – mais je n’arrivais pas à imaginer celle d’Erwan sur une chanson. Et je me demandais s’il était aussi fort que Konwal à la guitare. J’en serai de toute manière admirative puisque je ne maîtrisais pas du tout cet instrument qui me paraissait bien compliqué.

Erwan revint comme un ouragan, les bras chargés de différentes bouteilles et friandises. Je vis Sophie se redresser immédiatement et se lever pour l’aider à déposer le tout au centre du cercle.

« Génial ! Des Schokobons ! » s’exclama-t-elle. Elle prit un paquet de bonbons dans les mains puis une des bouteilles et les posa par terre.
« On sait bien que t’adores ça, ma mère a tout prévu pour toi ce soir » répondit Erwan, tout sourire. Il regardait Sophie avec tendresse, aussi, ce qui m'arracha un léger sourire. Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure qu’il en pinçait pour elle.
Ils posèrent tout au centre du cercle et Erwan distribua des gobelets en plastique en s’excusant de ne pas nous donner de véritables verres mais qu’il n’avait pas quatre bras pour pouvoir les apporter.

« En plastique, c’est bien » répondis-je aussitôt en attrapant celui qu’il me tendait.
Erwan sortit à nouveau de sa chambre et revint quelques secondes plus tard avec une autre guitare acoustique à la main qu’il tendit à Konwal. Mon petit-ami s’en saisit avec un énorme sourire sur les lèvres.

« Génial, j’adore cette guitare ! » dit-il en la positionnant sur sa jambe, se repositionnant lui-même correctement pour pouvoir jouer.
« Il a bien voulu nous la prêter. Par contre, une égratignure et t’es un homme mort, Konw ! » prévint Erwan en rigolant.
« Je sais, mais un instrument comme ça, ça se bichonne, de toute manière. »
Il gratta quelques cordes et son sourire s’accentua. Je ne pensais pas qu’on pouvait prendre son pied avec une guitare !

Erwan prit sa guitare et vint nous rejoindre pour débuter un petit concert bien sympathique. Ils chantèrent une chanson que j’adorais du groupe Yellowcard qui s’intitulait « When we’re old men », j’étais ravie. Et mon dieu, Erwan avait une voix divine ! Légèrement éraillée, elle me faisait penser à celle du chanteur de Kings of Leon. D’ailleurs, Erwan entama en solo leur chanson « The Runner » et franchement, j’étais bluffée. Et il paraissait habité par la chanson, c’était incroyable. Je regardai Angela et elle aussi paraissait sur un petit nuage, en totalement admiration devant lui. Mes yeux dérivèrent sur Sophie qui affichait encore une fois la même expression qu’Angela, puis elle me regarda et me sourit toute gênée, comme si je l’avais surprise en flagrant délit, avant de baisser les yeux.

Lorsque les dernières notes retentirent, Erwan rouvrit les yeux et Angela se mit à applaudir.
« Wow ! C’était génial ! » dit-elle avec son accent qu’Erwan devait trouver adorable. En tout cas, il se mit à rougir légèrement et posa sa guitare à côté de lui avant de se pencher pour prendre un biscuit. Je vis la catastrophe arriver, sa manche toucha son verre qui commença à basculer.

« Attention ! » m’écriai-je en tendant le bras devant moi pour empêcher que le liquide ne vienne s’étendre sur la moquette et la souiller. Je ressentis la douleur derrière mon oreille et je grimaçai en portant mon autre main à ma marque. Tout le monde assista à ce que je venais d’assister : le gobelet tomba lourdement sur la moquette mais aucun liquide ne se répandit. Je restai bouché bée et mes yeux s’agrandirent, j’étais stupéfaite et je me rendis compte que j’avais commis une énorme erreur. Le liquide à l’intérieur du gobelet s’était changé en glace et le glaçon glissa jusqu’à la moquette, le long du verre.

Je levais les yeux et remarquai que tous les autres me regardaient, éberlués.
Erwan se remit d’aplomb et prit le glaçon dans sa main, l’observant de plus près. Alors je regardai Konwal, le cœur tambourinant dans ma poitrine. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire pour expliquer ça ? Konwal avait l’air aussi surpris et déconcerté que moi. Je vis ensuite Erwan me regarder et il rangea le glaçon dans son gobelet, tranquillement. Et tout aussi tranquillement, il reprit la parole face aux regards curieux et encore abasourdis des autres.

« J’ai bossé sur une nouvelle chanson hier, je peux vous montrer » proposa-t-il, comme si de rien n’était. Je l’en remerciais silencieusement, mais je me sentais incapable de lui répondre. Ce fut Konwal qui parla à son tour.

« Laquelle ? » demanda-t-il, lui aussi faisant comme si rien d’étrange s’était passé devant nos yeux. Mais les autres n’étaient pas dupes et Sophie s’exprima enfin, avec une telle force et envie que je voulus me réfugier n’importe où sauf ici pour éviter d’avoir à affronter ça.

« Non mais vous rigolez ou quoi ?! C’était quoi CA ? L’eau ne se transforme pas en glace toute seule, quelqu’un peut m’expliquer ? NOUS expliquer ? Je suis sûre que tout le monde a envie de savoir. »

Mon dieu… pourquoi j’avais fait ça ?

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 7 Mai - 12:21

C'est génial de retrouver toute la petite bande!
J'ai hâte de savoir comment Charisma va se tirer de ce mauvais pas!
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 27 Mai - 10:24

Merci Lily pour ton comm !

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Chapitre 27

Mise au point



Sophie me regardait, ou plutôt me fusillait du regard, cette expression était plus appropriée. Je ne savais pas quoi faire, Erwan avait essayé de continuer comme si de rien n’était, et j’avais suivi automatiquement, mais comme je l’avais craint, cela ne fonctionna pas.

« Alors ? » s’impatienta Sophie. Elle regarda enfin Charisma et ses yeux ne s’adoucirent pas pour autant. Sophie n’était pas méchante, mais lorsqu’elle était déterminée à savoir quelque chose, je savais qu’il était peine perdue de la lui cacher.

Je me retournai à mon tour vers Charisma et j’utilisai notre moyen de communication secret, tant pis pour la douleur que cela engendrerait. Il y avait urgence.

« Qu’est-ce qu’on fait ? » demandai-je alors que la douleur se déclenchait. Je n’avais pas spécialement envie de tout expliquer, de tout révéler en bloc comme ça. Erwan et Angela savaient déjà pour nous, mais pas les autres, et je crois que même si mes deux autres meilleurs amis n’étaient pas au courant, je voulais préserver ce secret, car j’avais peur de leur réaction. Et je ne voulais pas que Charisma se dévoile à eux, du moins, pas encore.
Je refoulai une grimace en sentant ma marque me brûler derrière l’oreille. Charisma se tourna vers moi et fronça les sourcils. Ses yeux vairons paraissaient encore plus étranges que d’habitude. De mon côté, je sentis mon cœur s’emballer. La peur.

« Je ne sais pas. Je suis trop conne, je sais même pas pourquoi j’ai fait ça, je l’ai même pas fait exprès ! Qu’est-ce qu’on va dire ? Qu’est-ce que JE vais dire ? Je… je ne veux pas te mêler à tout ça. J’ai commis cette faute, il faut que j’en assume les conséquences » me répondit-elle avec une inquiétude prononcée. Mon regard se balada de visage en visage et moi aussi j’étais inquiet. Comment le prendraient-ils ? Angela regardait sa meilleure amie, elle aussi était angoissée par la situation. Erwan m’envoya un regard désolé et je pris ma décision.

« Je vais leur expliquer si tu veux. Ca sera plus facile si je leur explique tout en français. Et puis… si on leur dit pour toi, autant leur dire pour moi aussi. » Et j’essayais de montrer une expression plutôt rassurée pour diminuer l’inquiétude de ma petite amie.
« Tu es sûr ? » demanda-t-elle aussitôt en regardant le gobelet en plastique dans lequel on pouvait toujours voir le glaçon. Alors je tendis le bras vers elle et je lui pris la main. Elle me regarda aussitôt et je lui envoyai un sourire entendu.

Je levai la tête vers mes amis et me raclai la gorge, ce qui attira le regard de Sophie qui se redressa sur son coussin.

« Je crois qu’il est temps que je vous dise quelque chose. Erwan et Angela sont déjà au courant et j’espère que vous aurez la même réaction qu’eux. »
Sophie plissa le front et regarda Erwan d’un air étonné. Ce dernier lui envoya un sourire timide et lui fit un signe de tête.

« C’est toi qui a fait ça, Konwal ? » me demanda Adrien qui semblait perdu. Je le regardai alors et niai de la tête.
« C’est toi Chari ? » demanda alors Sophie, encore plus étonnée qu’elle ne l’était quelques secondes plus tôt et en pointant le gobelet du doigt.
Ma petite amie lui répondit d’un signe de tête et nous échangeâmes un dernier regard avant les explications. Ma respiration s’était accélérée, et cette fois, ce fut Charisma qui m’envoya un sourire pour me rassurer. Cela me donna le courage suffisant pour poursuivre mon explication.

« Vous savez, ma marque… » commençai-je. J’interrogeai mes amis du regard pour savoir s’ils se souvenaient. Bien évidemment, ils se souvenaient de mon « tatouage ».
Sophie reprit la parole.
« Ton tatouage ? »
« Oui, justement, ça n’en est pas un » répondis-je aussitôt en plantant mon regard dans le sien. Elle leva un sourcil, à nouveau surprise.
« C’est quoi alors ? Mais… »
Je l’interrompis.
« Je vous ai menti. Ca n’a jamais été un tatouage, c’est une marque qui est arrivée là par enchantement, je ne sais pas comment. Et… »
Je regardai Charisma à cet instant avant de poursuivre.
« Et… Charisma a la même, ou presque. »
Mes yeux croisèrent ceux d’Anna qui changea d’expression. Sa mâchoire se crispa, accentuant les angles de son visage. Elle s’était mise aussi à froncer les sourcils. Je me demandai si elle pensait que c’était à cause de nos marques que Chari et moi avions fini ensemble et que j’avais réussi à l’oublier… si vite. Plus vite qu’elle.
Je baissai les yeux, comme si quelque part, j’avais honte de la faire souffrir comme ça. Surtout après ce qu’elle m’avait dit tout à l’heure quand nous étions dans ma chambre. Elle m’avait avoué qu’elle m’aimait encore puis elle m’avait demandé si je pensais toujours à elle. Je lui avais répondu que je ne pensais pas à elle de la même manière qu’elle pensait à moi. Et elle me posa la question à laquelle je pensais ne pas avoir de réponse : si j’aimais Charisma. Et contre toute attente, je lui avais répondu par l’affirmative. Moi qui ne l’avais même pas avoué à ma petite amie ! Je disais ça à mon ex. C’était étrange. Et cette réponse lui avait arraché quelques larmes. J’avais horreur de la faire souffrir. Pas Anna, c’était la personne la plus gentille que je connaissais, mais je ne pouvais pas me battre contre mes sentiments, cela m’était impossible. Elle m’avait demandé si j’étais heureux avec Chari et je crois que ma réponse lui fit encore une fois mal, mais elle lui redonna un semblant de sourire avant de m’avouer qu’alors elle était heureuse pour moi. Et qu’elle ferait des efforts pour apprendre à connaître Charisma, même si la jalousie la rongeait, chose que je pouvais parfaitement comprendre. C’était vraiment bizarre d’avoir mon ex et ma petite amie dans la même pièce, je me sentais un peu mal, même si ça me faisait plaisir de revoir Anna. Extrêmement plaisir, même.
Et si Anna était heureuse pour moi, alors elle devrait prendre la nouvelle de nos marques de manière plus posée. Du moins, je l’espérais.

Adrien reprit la parole.
« Et c’est quoi le rapport avec l’eau qui se change en glace comme par miracle ? »
Derrière ses lunettes, son regard était perçant et cela se voyait qu’il avait envie de connaître la vérité sur cette histoire.
« Eh bien, Charisma et moi avons ces marques qui nous donnent certains… pouvoirs » finis-je par avouer, pour aller au cœur du sujet.
« Des pouvoirs ?! » s’exclama Sophie. « Nooooon. C’est pas possible ! » Et elle se mit à rire, incrédule. Il y avait de quoi, on m’aurait annoncé ça, je n’y aurais pas cru. Pourtant, elle venait d’assister à ce que Charisma était capable de faire.
« La preuve que si ! » répondit Anna d’un ton sérieux. Son expression n’avait pas changé.
« Attends, là t’es en train de nous dire que Charisma a un pouvoir et que c’est vos marques qui vous ont doté de pouvoirs comme ça ? » Adrien répéta exactement ce que je venais de lui expliquer. J’acquiesçai d’un signe de tête, en silence.
« Et toi alors ? Tu peux aussi faire ça ? » demanda Anna. Sophie nous regardait avec des yeux effarés à présent. Mes yeux s’attardèrent sur elle quelques secondes puis je me retournai vers Anna.
« Non. Charisma est visiblement dotée du pouvoir de l’eau. Et moi je suis le feu. » Il allait falloir que je leur raconte aussi l’histoire des guerriers. Justement, j’avais le livre dans mon sac à dos puisque je voulais le donner à Erwan ce soir. Je me levai pour aller le chercher, mon sac était posé sur le lit de mon meilleur ami. Je dézippai rapidement la fermeture éclair et je sortis le livre.
Les autres gardèrent le silence et observaient chacun de mes gestes jusqu’à ce que je me remette en place dans le cercle.
J’ouvris le livre à la page où les symboles de nos marques étaient dessinés et je leur tendis le bouquin en le faisant glisser sur le sol.
« Regardez, c’est là. On a trouvé ça pour avoir un semblant d’explication. »
Sophie prit le livre et le ferma en gardant la page avec son pouce. Elle regarda la couverture qui indiquait un livre de contes et légendes celtiques puis elle rouvrit le bouquin et commença à lire. C’était en anglais, mais je pensais que son niveau était suffisant pour qu’elle puisse comprendre.

Adrien et Anna, qui étaient assis à côté de Sophie, se penchèrent pour lire aussi.
Un long silence envahit la pièce et Erwan, Angela, Charisma et moi nous échangeâmes quelques regards toujours un peu inquiets.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 27 Mai - 10:25

(suite chapitre 27)

Puis Sophie reposa le livre, Anna s’en empara aussitôt pour continuer sa lecture.
« Et vous y croyez à cette histoire de guerriers ? Genre ya une forêt quelque part où vous êtes censés combattre des méchants pour protéger… un caillou ? »
J’haussai les épaules et Charisma reprit la parole.

« On ne sait pas encore. J’ai eu du mal à croire tout ça, mais avec ce qu’il nous arrive, je crois que c’est possible. »

Mes yeux ne quittaient pas mes meilleurs amis. J’essayais de lire sur leur visage ce qu’ils pensaient de tout ça, mais tout ce que je pouvais voir, c’était de la curiosité, et peut-être de l’incrédulité.

« Je sais, ça paraît fou » dis-je quelques secondes plus tard. « Et aussi, Charisma et moi pouvons nous parler… » je souriais en pensant à l’annonce que j’allais faire « … par la pensée. »
Sophie se mit à rire à nouveau, je pensais que c’était nerveux.
« Sérieux ? » demanda-t-elle. « J’y crois pas ! »

Et je la vis se lever pour aller vers le bureau d’Erwan et prendre une feuille dans le paquet de l’imprimante, puis elle prit un crayon et commença à écrire quelque chose. Le bruit du crayon grattant la feuille fut le seul qui vint perturber le silence qui s’était à nouveau installé. Nous étions tous en train de regarder ce qu’elle fabriquait.
Puis elle revint vers nous et tendit la feuille à Charisma.
« Lis-le dans ta tête et on va voir si Konwal arrive à me dire ce qu’il y a écrit » ordonna-t-elle avec un petit sourire.
« Tu ne me crois pas sur parole ? » demandai-je, surpris.
« Si, mais c’est plus fun si on fait le test. Je veux voir ça ! » me répondit Sophie légèrement excitée. Je me mis à sourire et Charisma baissa les yeux pour lire le texte.

« C’est pas juste, pourquoi Erwan était au courant et pas nous ? En tout cas, je trouve ça trop cool. Bizarre, mais cool. J’espère juste que ça ne va pas vous mettre en danger, si on en croit la légende… »

Charisma me regarda après la lecture et continua de me parler par la pensée, mais en anglais.

« Tu crois qu’on court un danger ? Tu crois qu’il va falloir qu’on se batte un jour ? »
Je lui répondis à voix haute pour ne plus nous faire souffrir davantage.
« Je ne sais pas, et j’espère pas. De toute façon, je serai là, je ne laisserai jamais personne te faire du mal. » Quitte à en payer de ma propre vie, pensai-je.

« Alors ? » s’impatienta Sophie à nouveau. Elle était toujours debout devant nous. Je relevai les yeux vers elle et lui souris.

« Erwan était au courant parce que… je sais pas, j’étais sûr qu’il comprendrait. J’avais peur de vos réactions, en fait. Mais c’est cool si tu trouves ça cool, même si, je te l’accorde, c’est bizarre. Et pour la question du danger… j’espère aussi. »
Sophie me regardait avec de grands yeux et elle venait d’ouvrir la bouche de surprise.

« C’est génial, hein ? » reprit Erwan en regardant Sophie. Celle-ci se tourna vers lui et vint s’asseoir devant lui, à genoux. Elle le poussa gentiment en arrière avec ses deux mains, comme si elle voulait le taper mais sans véritablement le faire.
« Et toi tu ne nous as rien dit ! Comment t’as pu nous cacher ça ! » Puis elle se retourna vers moi et fronça les sourcils. « Et toi, comment t’as pu penser qu’on n’accepterait pas ça ?! »
Erwan prit les deux mains de Sophie qu’elle avait laissées sur son torse et les baissa, les laissant dans les siennes.

« Je n’allais pas trahir Konwal, Soph » lui dit-il avec un sourire que j’estimais trop charmeur pour la situation. Sophie le regarda et je la vis papillonner des yeux et rougir. Elle reprit ses mains et se racla la gorge. Je ne pus m’empêcher de rigoler à cette vision. Pourquoi ne se mettaient-ils pas ensemble, bon sang ? Ils se plaisaient et pourtant ils restaient bornés, ça me rendait dingue. Quelle perte de temps !
« Oui, je comprends » répondit Sophie à Erwan avec une petite voix, mais le regard qu’elle m’envoya ensuite m’électrisa.
« Oui, bon, c’est vrai que j’aurais dû vous le dire, je suis désolé » fis-je d’une voix grave et légèrement énervée.

« Moi je t’en veux pas » me confia Adrien, ce qui me redonna le sourire. Puis je regardai à nouveau Anna. Elle observait Charisma avec attention. Qu’est-ce qu’elle était en train de penser ? Si seulement je pouvais avoir le don de lire dans les pensées des gens sur commande…
Anna me regarda ensuite et elle tenta de me sourire, mais je la sentais très mal à l’aise. Pour Anna, c’était différent, je ne lui avais pas dit parce que de toute manière, nous ne nous étions pas parlé depuis mon départ, et puis le sujet Charisma était plus que délicat.

« Chari, je peux voir ta marque ? » demanda Sophie qui était devenue enthousiaste après avoir pris connaissance de toute l’histoire. Elle m’étonnait vraiment, je ne pensais pas que nos « dons » allaient lui plaire autant.
Chari se mit à rougir et me jeta un regard gêné. Je l’encourageais avec un sourire et elle leva les bras pour prendre ses cheveux en queue de cheval et dégager son oreille. Sophie s’approcha d’elle en marchant à genou et examina la marque qui ressemblait à la mienne.

« Chari me l’a toujours cachée » l’informa Angela. « Et pourtant je suis sa meilleure amie. Donc tu n’as pas à être jalouse d’Erwan qui savait. Au moins toi tu savais que Konwal avait une marque ! » Le français d’Angela était approximatif, mais le message était passé.
Je sentais aussi le reproche dissimulé, mais c’est vrai que je n’avais pas trop compris pourquoi Charisma l’avait caché à sa meilleure amie. Elles paraissaient si proches, pourtant.

« Mais toi tu savais pour leurs pouvoirs. Avant moi ! » grommela Sophie.
« Je n’avais plus le choix. Je lui ai tout dit pour ma marque le jour où j’ai rencontré Konwal. Et puis Angie a été témoin de notre don pour communiquer par la pensée, donc forcément… » expliqua Charisma avec une lenteur inhabituelle. Peut-être cherchait-elle ses mots dans notre langue.

Sophie se replaça dans le cercle, se mettant à côté d’Erwan où il y avait une petite place. Ce dernier la regardait du coin de l’œil alors que Sophie regardait ses pieds devant elle. Elle allongea ses jambes et s’appuya sur ses mains, légèrement penchée en arrière. Erwan bougea également et prit la même posture. Et s’ils voulaient rester discrets, c’était raté : je vis leurs mains se rapprocher puis se toucher, et leurs doigts s’amusaient gentiment ensemble. Sophie se mit à sourire et baissa à nouveau les yeux, regardant légèrement du côté de son voisin. Erwan se mit à sourire franchement et me jeta un coup d’œil. Je ne refoulai pas un sourire et je me tournai vers ma petite amie.

« Bon finalement, ça a été ! » lui dis-je dans sa langue natale.
Angela enchaîna, toujours en anglais. « Le coup de flip, par contre ! Après la neige, tu nous fais des glaçons. Je vais t’appeler Mrs Freeze si ça continue ! » Chari et moi éclatâmes de rire au surnom qu’elle venait de trouver. Ca lui allait comme un gant, n’empêche.

« Et donc si on en croit la légende, il y a un troisième guerrier. »
Tout le monde se retourna vers Anna qui venait de reprendre le sujet.
« Vous croyez que ça peut être l’un d’entre nous ? » demanda-t-elle.
Je ne savais pas si elle cherchait à nous dire qu’elle aurait aimé être ce troisième guerrier, mais à mes oreilles, cela sonnait comme ça. Et il était hors de question qu’elle le soit. C’était déjà assez compliqué à gérer.
« On ne sait pas » répondit Charisma.
« Peut-être, mais j’espère pas. Ca voudrait dire que la légende est vraie et qu’on est réellement des guerriers ! » enchainai-je.
« Ben à mon avis, elle dit vrai, même si ça peut paraître étrange et complètement irréaliste » me répondit Anna. Elle n’avait pas tort, mais au fond de moi, j’espérais vraiment que tout ça fût faux. Je n’osai même pas penser aux conséquences que cela engendrerait.

« Moi ça m’énerverait de pas savoir » annonça Sophie. « C’est comme vivre avec une épée au-dessus de la tête ! Quelle horreur. En fait, je ne vous envie pas. »
Et encore, je ne lui avais pas parlé de la douleur que mes contacts avec Charisma provoquaient. Elle ne le supporterait pas non plus et rien que pour ça, elle ne nous envierait pas.
« On vit au jour le jour. On verra bien ce qu’il adviendra » finis-je par expliquer. Chari et moi préférions profiter de ce qui nous était offert plutôt que d’angoisser pour le futur. Si ça se trouve, il ne se passera jamais rien de mauvais.
« T’as bien raison ! » fit Erwan d’une voix forte. Puis il se redressa, et Sophie fit de même. Il reprit sa guitare puis la parole.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 27 Mai - 10:25

(suite chapitre 27)

« Alors, je vous la chante cette chanson ? »
Sophie s’empressa de répondre par l’affirmative, avant tout le monde. Chari et moi nous regardions d’un air complice, comprenant parfaitement ce que l’autre pensait.
Et Erwan commença à gratter ses cordes. Je reconnus le titre immédiatement puisque c’était moi qui le jouait d’habitude. Erwan m’avait toujours promis de l’apprendre et cela me fit plaisir de voir qu’il avait tenu parole. Il commença à chanter et Sophie s’écarta légèrement de lui pour lui laisser la place et aussi pour mieux le voir. Erwan suivit chacun de ses mouvements tout en chantant et je vis aussi qu’il y mettait particulièrement du cœur, exprimant chaque mot avec une intensité que je ne lui avais jamais vue.

« Parce que j'en ai les larmes aux yeux… Que nos mains ne tiennent plus ensemble. Moi aussi je tremble un peu… Parce que je ne vais plus attendre… »

Je pris ma guitare et me joignis à mon meilleur ami pour chanter. Il me laissa chanter le second couplet et nous chantâmes en chœur sur le refrain. Charisma ne me lâchait pas du regard et j’adorais ça. Elle était trop mignonne quand elle prenait son air fascinée. Je la fascinais, moi, c’était incroyable. Le pouvoir de séduction des artistes, ça marchait à tous les coups. Une guitare entre les mains et c’était dans la poche ! Je lui souris le temps qu’Erwan se remit à chanter seul, tout en continuant de gratter les cordes de ma guitare, en rythme. J’avais oublié qu’Anna était là et qu’elle assistait certainement à tout ça, mais en cet instant, Charisma était tout ce qui comptait pour moi, et le fait d’avoir tout avoué à mes amis m’avait ôté un poids incommensurable, et je me sentais heureux et j’avais le cœur léger.

Lorsque la chanson fut terminée, Erwan enchaîna seul avec une chanson du groupe Death Cab for Cutie qui s’intitulait « Lack of color » et je savais pourquoi il avait choisi celle-là. C’était la chanson préférée de Sophie, forcément. Sophie qui, justement, dévorait Erwan du regard. Je jetai un œil à Angela et vit qu’elle souriait. Elle voyait aussi clair que moi dans cette histoire, et peut-être qu’Erwan n’aurait même pas à se servir d’elle pour appâter Sophie.
Il y avait de l’amour dans l’air et je m’y laissai porter allègrement. Après avoir posé ma guitare à côté de moi, je me penchai vers Charisma pour l’embrasser dans le cou, juste en dessous de son oreille où je lui susurrai ce que je n’avais pas encore pu lui dire mais ce dont j’étais maintenant certain.

« Je t’aime. »

Voilà, c’était sorti. Ce n’était peut-être pas l’endroit idéal, ni le moment idéal, mais j’avais juste eu l’envie de le lui dire. Je me reculai pour faire cesser la douleur derrière nos oreilles respectives et me remis d’aplomb alors que Charisma se retournait vers moi, visiblement surprise. Un magnifique sourire vint étirer ses lèvres pulpeuses que j’avais envie d’embrasser, mais je me retins, repensant à la présence d’Anna. Les yeux de ma petite amie brillaient et m’indiquaient que je venais de la rendre heureuse.
Je me mis à sourire également, et ma douleur me relança.

« Merci. Merci de l’avoir dit. »
La voix douce de Charisma résonna dans ma tête et nos yeux de se quittèrent pas. J’avais l’impression qu’elle pénétrait mon âme et j’aurais aimé qu’elle puisse voir à quel point mon être vibrait pour elle. A quel point j’étais en harmonie avec moi-même lorsque j’étais avec elle. A quel point j’étais en harmonie avec ELLE.

« Il était temps que je te le dise, non ? » demandai-je sans prononcer le moindre mot.
« Tu n’étais pas obligé, je te l’ai dit. » Elle me souriant toujours et j’avais l’impression qu’il n’y avait que nous deux dans la pièce. Dans notre petite bulle.
« Mais maintenant, je le sais. J’en suis sûr. Je t’aime Chari. »
Et elle se mordilla la lèvre inférieure, ce qui avait le don de me faire craquer. Mon cœur s’emballa immédiatement et je réfrénai l’envie subite de la prendre dans mes bras.
« Arrête » la suppliai-je doucement, même si dans mon ton, cela sonnait comme si tout ce que je voulais, c’était qu’elle continue. « Tu sais que je n’arrive pas à y résister… »
Et je ne me voyais pas lui sauter dessus ici.
« C’est trop facile de te faire craquer » pensa-t-elle en rigolant.
Je me mis à rire aussi et je détournai les yeux de Charisma. Ils vinrent croiser ceux d’Anna, et cela effaça peu à peu ma joie. Je détestais lui faire du mal, elle que j’avais aimée, elle que j’aimais toujours mais d’un amour différent. Elle n’avait pas mérité ça et je m’en voulais de lui faire subir ça. Je le voyais dans ses yeux qu’elle était triste et que la jalousie mordait son cœur. Je lui envoyai un sourire plein de compassion auquel elle répondit timidement.
Pourquoi l’amour était-il si compliqué ?

Les derniers accords d’Erwan résonnèrent dans la chambre et j’entendis Sophie murmurer un « merci » tout timide, ce qui attira mon regard. Et elle donnait l’impression d’être sur un petit nuage, avec Erwan qui souriait comme un idiot, c’était trop drôle à voir.

Quelqu’un frappa à la porte et nous nous retournions tous dans cette direction pour voir si c’était Gaëlle ou Yann. Ma marraine passa la tête dans l’entrebâillement de la porte et nous sourit.

« Les jeunes, il est déjà vingt-deux heures trente. Je vous laisse une demi-heure encore et je vous ramène à l’auberge, ça vous va ? »
Déjà ! Le temps passait trop vite avec les amis, c’était toujours comme ça.
« Ca marche ! » dis-je pour répondre en porte-parole des trois qui se feraient ramener à l’auberge. Je n’avais pas envie de quitter cette maison où je me sentais si bien, où j’avais l’impression de trouver un véritable foyer.

Gaëlle referma la porte et nous laissa tranquille pour un petit moment encore.

« Alors c’est quoi le programme pour les prochains jours ? » demanda Adrien. « Je m’en suis pas du tout occupé, j’ai juste bloqué une semaine pour vous. »
Et c’était sympa de sa part, je savais qu’en temps normal, il partait toujours en vacances avec ses parents au Danemark puisque sa mère y était originaire.
« Ben demain on va se balader dans les îles je crois et après demain on quitte Brest pour aller sur Rennes. Je crois que vous dormez chez la tante d’Erwan. » Je regardai mon meilleur ami qui acquiesçait d’un signe de tête.
« Et vous ferez les visites avec nous, ma prof est d’accord, faudra juste payer les entrées, si besoin. »
J’avais hâte d’y être !
« Et après Rennes ? »
« On va voir Merlin à Brocéliande » rigolai-je. Cette légende m’avait toujours fait rire. Mais j’aimais bien aller là bas. Quand j’étais petit, ma mère m’y emmenait parfois quand elle voulait dessiner des paysages. Elle me racontait aussi des histoires de magiciens et d’êtres mystérieux, elle les avait même dessinés pour moi. J’avais tous ses dessins dans ma chambre, à New York, je ne me séparais jamais d’eux. J’avais hâte de pouvoir me remémorer ces promenades.
« Super… » fit Sophie d’un ton ironique.
« Te sens pas obligée de nous accompagner ! » la charria Erwan.
« Non mais ça m’angoisse les forêts, je sais pas. Ca me fait penser au Projet Blair Witch ! »
Nous éclatâmes tous de rire et Sophie se vexa légèrement. Erwan surenchérit.
« Je sens qu’on va bien se marrer alors… »
Il avait déjà des idées derrière la tête et j’espérais en faire partie. Cela m’amuserait beaucoup de monter un plan pour faire peur à Sophie.
« Mais c’est pas drôle ! Je vous jure, ça me fait flipper ! En plus Brocéliande, quoi ! Ya tout plein d’histoires là-bas. Si ça se trouve on va se faire attaquer par des monstres magiques et maléfiques ! »
Tout le monde éclata à nouveau de rire. Anna en pleurait presque tellement Sophie était drôle, malgré elle.
« Arrête Soph, tu t’enfonces ! » la charria à nouveau Erwan. « Mais si ça peut te rassurer, je veux bien te protéger des gros monstres maléfiques qui hantent la forêt… » Il lui lança un clin d’œil et Sophie fronça davantage les sourcils. Elle n’était réellement pas rassurée. Je savais qu’elle craignait les films d’horreur, mais de là à avoir peur d’une misérable forêt, elle poussait loin.

La soirée s’acheva plus vite que prévue et Gaëlle nous ramena tous les trois à l’auberge, accompagnés d’Erwan qui venait y récupérer son vélo.
Nous les revoyions le lendemain alors les au-revoir furent brefs.
Je remerciais encore une fois ma marraine pour cette soirée riche en petites joies, en bons petits plats et en émotions et je suivis les filles à l’intérieur de l’immeuble.

Angela nous laissa seuls, Charisma et moi, et nous profitâmes de ce moment pour nous prendre dans les bras, malgré la douleur que cela engendrait.
Ma petite amie m’embrassa dans le cou et j’en eus quelques frissons. Je déposai un baiser sur sa tempe, seul endroit qui m’était accessible.

« Je suis vraiment contente que tu me l’aies dit » m’avoua Charisma timidement. Je sentais qu’elle souriait, cela s’entendait dans sa voix.
« Mais je te préviens, je ne suis pas du genre à le répéter souvent. » Je me connaissais, et je savais que je n’étais pas très expressif, verbalement parlant, de ce côté-là. Les gestes, les actes et les attentions suffisaient à exprimer les sentiments, j’avais toujours pensé ça.
« M’en fiche, maintenant que je sais. » me répondit-elle, ce qui me rassura. Car il y avait des filles qui adoraient entendre les trois mots magiques, et je fus heureux de voir que Charisma n’en faisait pas partie.
Elle glissa ses mains dans les miennes et nos doigts s’entrelacèrent gentiment alors que je me reculai à peine pour pouvoir voir le visage de ma petite-amie. Elle releva la tête et me sourit.

Je repensais à cette soirée.
« Tu feras gaffe quand même avec ton pouvoir. Parce que le dire à mes meilleurs amis, ça passe, mais devoir le dire à toute la classe de français, c’est autre chose. »
J’avais peur qu’elle ne se contrôle pas pendant une de nos sorties, et j’avais peur aussi pour moi. Mes exploits au restaurant lorsque j’avais découvert mon pouvoir étaient restés discrets, mais qui sait ce qu’il pouvait advenir ? Peut-être que je commettrai moi aussi une faute.
« Ben j’espère ! Je suis désolée pour ce soir, je ne savais même pas que je pouvais faire ça » avoua-t-elle avec une mine triste et sincère.
« Ne sois pas désolée. C’est pas vraiment ta faute et puis… en fait, ça me plaît de savoir qu’ils sont au courant. Je n’aimais pas à avoir à leur cacher ce que nous étions. »
« Je trouve qu’ils ont bien réagi… dans l’ensemble. » J’haussai un sourcil en réaction à la fin de sa phrase.
« Dans l’ensemble ? » Je trouvais qu’ils l’avaient tous bien pris.
« Ben… Anna était bizarre. Je la sentais encore plus jalouse ou je sais pas trop… Je ne me sens pas à l’aise avec elle, j’ai l’impression qu’elle me juge sans arrêt. »
Et cette impression était sans doute vraie.
« Elle m’a promis de faire des efforts pour apprendre à te connaître » l’informai-je en repensant à la conversation que j’avais eue avec Anna dans ma chambre.
« C’est ce qu’elle t’a dit quand vous étiez tous les deux ? Chez toi ? » Charisma me regardait avec des yeux inquiets.
« Oui, entre autres. Elle sait que je t’aime et que je suis heureux avec toi. Ca lui fait mal de me voir avec toi, j’espère que tu le comprends. »
Elle soupira et baissa les yeux. Elle se mordilla la lèvre à nouveau et releva son regard pour le planter dans le mien.
« Elle t’aime toujours ? » me demanda-t-elle franchement. Et je devais lui répondre avec la même franchise.
« Oui. Mais ce n’est plus réciproque, tu n’as aucun souci à te faire. »
Je passai le dos de ma main, de mes doigts plus précisément, sur sa joue et caressai son visage délicatement. Sa peau était toujours aussi douce et agréable. Puis je l’embrassai tendrement.
« C’est toi que j’aime. » Je l’avais dit trois fois ce soir, et je comptais bien m’arrêter là.
Charisma me sourit et pressa ses lèvres à nouveau contre les miennes. Ce baiser fut le dernier de la soirée car Madame Sisto nous trouva dans le couloir et nous demanda d’aller nous coucher. J’avais déjà hâte d’être au matin.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 28 Mai - 0:16

Trop contente en voyant que tu avais posté la suite!!! Pis je me suis rendu compte que j'avais loupé la "livraison" du 7 mai donc j'ai eu beaucoup à lire d'un coup!! Trop trop bien, j'adore.
Je redoute un peu leur retour à NY, j'aime tellement les voir avec Sophie, Erwan et compagnie... J'espère qu'on va avoir encore beaucoup de chapitre en Bretagne!
Est-ce qu'ils ne vont pas avoir des soucis à Broceliande?
Enfin ces derniers chapitres sont vraiment super!
Qu'est ce qu'on dit ? : "Merci Caroliiiiine!"
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 28 Mai - 1:59

dodeli a écrit:
Qu'est ce qu'on dit ? : "Merci Caroliiiiine!"
Surtout merci à tout de lire mes chapitres ! Car sans toi, sans les lecteurs, je ne continuerai pas à écrire. Ca resterait juste dans un coin de ma tête.

Alors pour te dire qq petits trucs sans trop te spoiler :
- Oui, bien sûr, à Brocéliande, il va se passer des choses... c'est l'histoire de guerriers, quand même ! Et je peux te dire que tout ne sera pas rose...
- La majeure partie de ma fiction ne se déroulera pas à NY mais en Bretagne et ailleurs... (je ne t'en dis pas plus pour le moment !)
- Charisma sera souvent avec les français, tout au long des chapitres, sauf au début du tome 2 (là il reste environ 8 chapitres, même pas, avant la fin du tome 1)

Je peux t'en dire davantage si tu le souhaites... T'as juste à demander ! Wink

Encore merci pour ton commentaire et contente que ça te plaise toujours.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 28 Mai - 21:33

Je suis trop contente de ce que tu m'annonces, non je veux pas en savoir plus, tu as dis juste ce qu'il faut, j'aime garder la surprise Wink

Y a plus qu'à attendre la suite maintenant...

Heu... tu écris au fur et à mesure? T'aurais pas pris un peu d'avance par hasard?! tongue Ben ouais la patience c'est pas mon point fort, tu sais que c'est un peu de la torture quand je te lis et que je me rend compte que j'arrive à la fin du dernier chapitre posté!!

Est ce que le 3ème guerrier ne serait pas l'un des personnage que l'on connait déjà? Aaaaaah non, non ne réponds pas!!
Ca suffit Delphine soit sage et patiente!
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 29 Mai - 1:06

Mdrrrr...
Pour le 3ème guerrier, nous ne connaîtrons pas son identité avant le tome 2.

Et sinon, NON, je n'ai pas d'avance, je fonctionne en flux tendu ! Désolée de malmener ta patience (quasi inexistante) ! Mais je te comprends, je suis pareille avec les fics des autres !

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Sam 30 Mai - 16:35

C'est toujours aussi accrochant et ça fait toujours aussi plaisir de voir que de la lecture nous attend! :)
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 18 Juin - 17:36

Bon ça faisait longtemps que j'avais pas posté ici.

Comme toutes tes lectrices ici je suis ravie ravie ravie à chaque fois que j'en lis plus!
Tout pareil que dodeli, j'aime voir Chari, KW & Angela en France. Avec le groupe de potes c'est génial!

Ce dernier chapitre avec la révélation au groupe des pouvoirs, la rencontre Chari/Anna, les retrouvailles KW/Anna, le début de rapprochement Sophie/Erwan...tout ça tout ça j'ai beaucoup aimé (je sais pas trop si ma phrase est française mais c'est pas trop grave).

Toujours heureuse de lire GW.
Pressée de lire la suite

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 18 Juin - 20:25

Huummmm oui c'est bien vrai ça : on est trop pressées nous!

petit message en passant Caro... ca... c'est fait...
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Jeu 18 Juin - 22:12

Merciiiiiiiiiiiii les filles ! Ca fait vraiment TROP plaisir de lire vos commentaires !
Je n'aurai pas le temps d'écrire le prochain chapitre d'ici la fin de la semaine prochaine donc soyez patientes. Mais j'ai quelques idées déjà. Sachez juste que le chapitre d'après (pas le suivant mais celui d'après) vous fera découvrir 2 nouveaux persos. Un tout nouveau, et un dont j'avais déjà parlé... (des idées sur qui ça peut être ? lol)

Voilà, juste de quoi émoustiller encore un peu plus votre curiosité et votre impatience ! *sadique*

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 28 Aoû - 13:16

Et c'est quand qu'on pourra lire la suite ? Embarassed Love

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 28 Aoû - 17:12

Je ne l'ai pas encore écrite, j'ai commencé mais j'ai pas pu avancer... je suis plus sur mon autre fiction, j'avoue. Embarassed
Je m'y remets dès que possible, désolée pour l'attente.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 13 Juin - 1:02

Ben eh bien vous l'attendiez toutes depuis un booooooon moment (1 an !) alors le voici !
Poup, va falloir que tu relises pour te rafraichir la mémoire Laughing

_____________________________________________________________
Chapitre 28
L’appel de la forêt

Jamais je n’aurais soupçonné que la Bretagne était une aussi jolie région. Brest m’avait plu, beaucoup, mais Rennes m’avait carrément emballée ! La ville était bien plus animée que Brest et je m’y sentais comme un poisson dans l’eau.
Erwan, Sophie, Adrien et Anna nous avaient suivis et étaient hébergés par la tante d’Erwan qui s’appelait Marie et qui était aussi sympa que sa sœur, Gaëlle. J’étais vraiment contente de rencontrer des français et de discuter avec eux. C’était comme ça que j’avais toujours rêvé apprendre la culture française. Marie nous avait invités la veille pour un barbecue dans son jardin, puisque le temps était exceptionnellement clément, ce qui n’était pas toujours le cas apparemment, surtout dans cette région. Je pensais de toute façon que ça ne pouvait pas être pire qu’à Seattle où j’avais passé une semaine en voyage scolaire quand j’étais plus jeune. Il avait plu du matin au soir et cela pendant sept jours, je n’avais jamais vu autant d’eau tomber du ciel. Même en Irlande il faisait meilleur !
Ce que j’aimais à Rennes, c’est la petite taille de la ville et le mélange d’architectures ancienne et contemporaine. Et j’avais l’impression que la population était relativement jeune, l’ambiance devait être très sympathique quand on vivait ici.

Nous avions quitté Rennes pour la journée et étions sur la route pour aller à la forêt de Paimpont, communément appelée Forêt de Brocéliande. La forêt de Merlin, d’après certaines légendes, ainsi que de la fée Viviane et son Val sans Retour.

Dans le bus, mes camarades discutaient tout en regardant le paysage qui se découpait de la route complètement plate. Les arbres devenaient de plus en plus nombreux, je sentais qu’on s’approchait du but. Angie, elle, dormait tranquillement, sa tête posée sur son sweat qu’elle avait mis en boule, appuyée contre la vitre du bus. Sa bouche entrouverte laissait passer un léger souffle que je pouvais entendre si je m’approchais un peu plus d’elle. J’aimais beaucoup la regarder dormir. Elle paraissait si… inoffensive comme ça ! Si silencieuse et paisible. Alors qu’en réalité, elle adorait parler et était plutôt hyperactive.
De l’autre côté de l’allée centrale se trouvait mon petit-ami. Il m’avait laissée m’asseoir à côté d’Angie. C’était compliqué d’être trois, il fallait toujours choisir avec qui rester et mon cœur était partagé. J’étais cependant incapable de faire un choix, je ne me voyais ni sans Angela ni sans Konwal.
Ce dernier regardait par la grande fenêtre, les yeux à moitié dans le vide. Je le voyais pensif, perdu dans ses idées ou ses souvenirs, certainement. L’envie d’aller m’installer à ses côtés me fit bouger et j’abandonnais la Belle au Bois Dormant.

« Je te dérange ? » demandai-je doucement en posant ma main sur sa cuisse. Mon chéri se retourna vers moi avec un demi-sourire et nia de la tête.
« Jamais » me répondit-il tout aussi doucement et sereinement que moi. Puis ses yeux se dirigèrent à nouveau vers la vitre.
« Ca te rend nostalgique d’être ici ? » J’étais curieuse. J’aimais savoir ce qu’il se passait dans sa tête.
« Un peu » dit-il brièvement. Il n’était pas bavard et je me demandais si je n’étais pas en train de l’embêter, même s’il affirmait le contraire. J’hésitai une seconde et refermai ma bouche pour m’abstenir de parler. C’est alors qu’il se retourna vers moi. Son regard était foncé, ses yeux avaient changé. Le bleu habituel étaient devenu plus nuancé et tendait vers le marine. Fascinant. Il m’observa quelques secondes et me sourit.
« C’est marrant, ta flamme ressort beaucoup aujourd’hui. »
Quelle flamme ? Il continua de me regarder, droit dans les yeux. Mes yeux ? Je me rendis compte qu’il parlait de cette tache que j’avais dans mon iris. Instinctivement, je couvris mes horreurs à l’aide de ma main.
« Arrête, c’est affreux ! » Ces yeux me répugnaient.
Je sentis les doigts de Konwal s’emparer de ma main, ce qui provoqua une douleur légère derrière mon oreille, et je me laissai faire, découvrant mes yeux petit à petit.
« Je te l’ai déjà dit, moi je trouve ça beau. C’est fascinant » me répondit-il.
« Tout aussi fascinant que tes yeux sont très foncés aujourd’hui. A croire que l’air breton arrive à nous changer ! »
Ma remarque le fit rire.
« Peut-être. Ou c’est peut-être la lumière qui veut ça. »
Oui, peut-être. Peu importe, si ça faisait ressortir ma « flamme », ce n’était pas bon pour moi.

« On est bientôt arrivé ? » demandai-je en regardant par la vitre. Nous étions désormais entourés d’arbres et nous nous enfoncions dans ce que j’appelais une forêt.
Konwal se redressa et s’étira. Je pris ça pour un « oui ».
« Le parking est à quelques minutes. Je connais bien cet endroit. »
Cool. J’en avais marre d’être dans ce bus.
Derrière nous se trouvaient Erwan, assis à côté de Sophie qui s’était elle aussi endormie… sur l’épaule de ce dernier. Lorsque je me retournai pour les contempler, je croisai le regard d’Erwan qui me montrait qu’il était heureux ainsi. Je ne pus m’empêcher de sourire tellement ils étaient mignons tous les deux. Il tourna la tête vers la vitre, comme son meilleur ami, mais je le vis jeter un furtif coup d’œil à Sophie puis un sourire quasi-invisible se dessiner sur ses lèvres.
De l’autre côté de l’allée se trouvaient Adrien et Anna. Ils discutaient tranquillement, mais leurs voix ne portaient pas suffisamment pour que je puisse entendre quoi que ce soit.

Au final, les français s’étaient bien intégrés au groupe et ils faisaient l’effort de parler l’anglais. Erwan avait déjà quelques admiratrices, notamment Ashley et Caitleen, pompom girls écervelées qui auraient plaisir à accrocher un petit frenchy à leur tableau de chasse. Angela en était presque jalouse, d’ailleurs. Lorsqu’elle parlait d’elles, elle ne pouvait s’empêcher de serrer les mâchoires, signe incontestable d’agacement, sans compter les menaces qu’elle proférait secrètement à leur encontre – il était question d’yeux arrachés, de jambes brisées… oui oui, Angie savait aussi être violente lorsque cela était nécessaire. Ca me faisait toujours rire.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 13 Juin - 1:02

(suite chapitre 28)

Quelques minutes plus tard, le chauffeur coupa le moteur et les élèves s’impatientèrent. Angela dormait toujours et je me levai pour aller la réveiller gentiment.

« ON SE REVEILLE ! » hurlai-je presque à son oreille. Je commençai à m’esclaffer et ma meilleure amie fit un bond qui accentua mon hilarité.
« La vache, t’es vraiment pas sympa avec elle ! » entendis-je Konwal constater derrière moi. Angela avait les yeux grands ouverts et je savais qu’elle se sentait perdue en cet instant. J’étais horrible… mais j’aimais ça !
Elle reprit ses esprits et fronça les sourcils en réalisant qu’elle s’était endormie profondément et que nous étions arrivés.
« Alors toi, tu vas morfler ! » m’avertit-elle en me tapant l’épaule d’un petit coup de poing. Puis elle s’étira en grimaçant et je sentis une tête au dessus de la mienne.
« On y va les filles ? Désolé Angie, c’était pas mon idée, je te le jure ! » avoua Konwal.
Angela plissa les yeux, pleine de soupçon.
« Ouais, ouais… on verra » lui répondit-elle.
« Non mais demande à Chari ! J’y suis pour rien ! » continua-t-il. Un malin sourire étira mes lèvres.
« Alors là, t’exagères, Konwal ! » Sa réaction ne se fit pas attendre. Il parut étonné. Ah ah. « Tu sais bien, Angie, que c’est pas le dernier à faire des blagues ! » renchéris-je.
Angela me regarda quelques secondes, puis elle regarda Konwal qui s’était redressé et qui se tenait au milieu de l’allée, puis ses yeux se braquèrent à nouveau sur moi. Et là, je sus qu’elle avait lu en moi. Impossible de mentir à ma meilleure amie.
« Mais quelle sale petite menteuse ! » me répondit-elle sur un ton blagueur en me pointant du doigt en signe de menace.
Je pris mon air outré et le plus innocent possible et je démentis aussitôt.
« Alors là… n’importe quoi ! »
Angie bougea la tête en signe de désespoir. « Tu ne sais toujours pas mentir, en fait. Bon allez, laisse moi passer, j’en peux plus d’être dans ce bus, j’ai l’impression que mes jambes se sont atrophiées ! »
Je me mis debout et nous sortîmes tous du bus.

« Bienvenue à Brocéliande ! » nous dit Konwal dans sa langue maternelle.
Je sentis immédiatement l’air oxygéné environnant prendre d’assaut mes poumons. L’odeur de la nature, rien de tel pour me revigorer.
Je m’étirai à mon tour et nous subîmes le speech de prévention de Madame Sisto dans un silence absolu et plutôt impressionnant, d’ailleurs.
Interdiction de s’éloigner du groupe lors de la balade, toujours rester grouper, c’était important. Super… je sentais que cette journée allait être très fun, pensai-je avec ironie.

« Tu crois que y a moyen de s’éloigner en douce ? » susurra Erwan à l’oreille de son meilleur ami. J’étais suffisamment près d’eux pour entendre et comprendre.
« Vu comment je connais bien la forêt, ouais. Disons qu’on peut toujours essayer. Ou alors si on demande, Sisto peut nous laisser nous éloigner un peu ? »
Erwan se mit à rire et il répondit « Si je lui fais les yeux doux, ça marchera peut-être… »
Et la voix de Sophie se fit entendre, son ton était réprobateur.
« Si tu crois que tu peux toutes les avoir, tu te peux toujours rêver. Et puis tu tapes dans les vieilles maintenant ? T’es si désespéré ? » Sa fin de phrase était moqueuse et Erwan ne répondit pas immédiatement.
« Elle doit avoir même pas vingt ans de plus que moi. Et puis... qui dit âge dit expérience, tu sais… »
Le ton était légèrement monté entre eux et je vis Madame Sisto lancer à ses compatriotes un regard noir. J’entendis seulement Sophie répondre à Erwan.
« C’est ça… Comment tu te la racontes ! Monsieur ‘je suis incapable de rester avec une fille plus d’une semaine’ ! »
J’étouffai un rire à sa remarque. Je comprenais ce qu’elle avait voulu dire et je zyeutai du côté d’Erwan pour lire sa réaction : ses pommettes s’étaient empourprées, et pourtant je pouvais déceler comme une très légère colère sur ses traits. La frustration ?

« Vous avez des questions ? » fit la professeure en guise de conclusion.
« A quelle heure on mange ? » demanda un élève.
« Dès qu’on aura atteint le site. Un guide nous rejoindra à cet endroit, comme je viens de vous le dire. Ca sera autour de midi, mais tout dépend de votre marche ! » On remarquait que Madame Sisto était particulièrement enthousiaste d’être ici. Nous l’étions tous, mais rien de comparable.
« Pas d’autre question ? » Et comme personne ne lui répondit, elle enchaîna. « Alors c’est parti sur les chemins de magie et de mystère de la forêt de Paimpont ! »
Youpi… avais-je envie de dire de manière ironique pour contrebalancer son enthousiasme étouffant.

Anna s’approcha de moi et j’en fus surprise. Allait-elle me parler ? Je la fixai et lorsqu’elle arriva à mon niveau, elle me sourit. Etonnant.
« Je suis déjà venue ici, une fois. C’est joli, mais j’avais été déçue de ne pas pouvoir voir de créatures magiques aux recoins de quelques buissons et arbres » plaisanta-t-elle. Je m’efforçai de sourire.
« Je n’y crois pas du tout à tous ces trucs de magie » l’informai-je en mentant un petit peu. Il n’y avait que cette marque derrière mon oreille et cette légende bizarre qui y était associée que je soupçonnais d’être vraies. Après avoir expérimenté la neige sur la Tour Eiffel, comment pouvais-je encore en douter ? Je ne savais pas. Peut-être que je ne voulais pas que cela fût vrai. Et si j’étais destinée à être une guerrière ? Le monde était mal barré, je vous le dis. Plus trouillarde que moi, tu meurs. Mon regard s’attarda sur mon petit-ami qui discutait avec Adrien. Et si lui aussi était amener à être un véritable guerrier ? Et s’il venait à mourir au combat ? N’était-ce pas cela notre destin ? Et si je le perdais à tout jamais ?
Mon cœur se serra dans ma poitrine rien qu’à l’évocation de cette possibilité. Non, je ne voulais pas que cette légende soit vraie. Elle ne pouvait pas être vraie.

« Moi, j’aime bien y croire » répondit Anna. « Tu imagines comme ça serait cool si un autre monde vivait parmi nous ? En parallèle, en quelque sorte. Des êtres qui pourraient se rendre invisibles ou visibles selon leur souhait. Et un sorcier, comme Merlin, qui pourrait maîtriser les éléments ! ». Anna soupira, nageant en pleine rêverie. Elle était sacrément jolie, ça, il n’y avait pas à dire. Ses yeux verts brillaient comme deux émeraudes, et ses cheveux étaient parfaits. Elle était menue, petite, pétillante. Elle était… parfaite. Ca me tuait ! Comment Konwal pouvait-il me préférer ?
« J’aurais adoré être magicienne, une sorcière ou une bonne fée, comme dans les contes » continua Anna. J’essayai de l’imaginer à la place d’une fée. Elle était si parfaite que cette vision ne me choqua même pas. Dingue.

Alors que nous continuâmes à marcher dans la forêt, nous y enfonçant un peu plus à chaque pas, le silence fit peu à peu place au sein du groupe. Nous étions fascinés par tous ces arbres majestueux et éclatant. C’était le printemps, le vert reprenait ses droits et la nature se réveillait. Les branches nues des arbres n’étaient plus. Les feuilles les couvraient à nouveau, d’un vert éblouissant et clair. Les oiseaux chantaient et les pas sourds de chacun de nous résonnaient comme jamais. Le parfum de l’humus et de la terre envahissait toujours un peu plus mes narines, un vrai régal. J’adorais cette ambiance, et je me sentais à l’aise, ici. C’était étrange, j’avais l’impression de ne faire qu’une avec la nature. Je me rendis compte alors à quel point la verdure me manquait à New York, même si je passais le plus clair de mon temps libre dehors dans les parcs de la ville. Mais ce n’était pas comme ici, là bas tout était « surfait », le contraire de naturel. Alors qu’ici, mon cœur battait en harmonie avec la Nature.

Je sentis une main se glisser dans la mienne et la serrer doucement, provoquant une vive douleur derrière mon oreille. Je faillis retirer ma main, mais je me contentai de plisser les yeux pour contenir ma peine. Je me détendis et regardai mon petit ami. Lui aussi avait les traits tirés et durcis.
« Tu as mal ? » demandai-je alors, en retirant ma main. La sienne chercha à nouveau la mienne pour se replacer comme avant.
« Ce n’est pas grave. Mais c’est bizarre, j’ai encore plus mal que d’habitude. Sûrement la fatigue du voyage » conclut-il.
« Pour moi aussi la douleur est plus forte. »
Je me penchai vers lui et lui déposai un doux baiser sur sa joue, retirant ma main de la sienne.
« Ce n’est pas la peine de tenter le diable. » Je mis alors mon bras autour de sa taille. Nous ne nous touchions pas à travers les vêtements et c’est ce qui nous sauvait. Le bras de Konwal vint se caler dans mon dos et sa main se posa sur mon épaule. Nous marchâmes ainsi, collés l’un à l’autre sans qu’aucune douleur vint altérer ce moment. Je jetai un coup d’œil à Anna, juste à côté, et je la vis détourner la tête de nous dès que mes yeux croisèrent les siens. D’un côté, je la plaignais vraiment. Si j’étais à sa place, je ne sais pas comment je réagirais. Mal, sans aucun doute. Et de manière bien plus vive qu’elle, assurément. En fait, elle gardait bien son sang froid, par rapport à tout ça. Et quelque part, je l’admirais, en signe de respect. Adrien vint à sa rescousse, d’ailleurs. Ils avaient l’air très complices, tous les deux.

Deux rangs devant nous, j’entendis le rire d’Angela éclater et briser le silence apparent. Mes yeux la cherchèrent parmi les élèves et je la vis envoyer une tape sur le bras d’Erwan qui rigolait aussi. Sophie était juste derrière, beaucoup plus petite que les deux autres. Elle marchait la tête baissée et je la vis mettre son casque sur ses oreilles, pour s’isoler. Elle ne devait pas trop apprécier le petit jeu d’Angie et cette jalousie me fit sourire car elle me donnait raison quant à l’attirance qu’elle éprouvait pour lui.

« Tu crois qu’ils vont bientôt s’avouer leurs sentiments ? » demandai-je à Konwal. Celui-ci se mit à sourire, comprenant parfaitement de qui je voulais parler, et ses fossettes se creusèrent dans ses joues, un spectacle dont je ne me lassais pas. Ses yeux trouvèrent les deux amoureux juste devant nous.
« Franchement, j’espère. Ils sont en train de perdre leur temps, même si j’avoue que c’est très drôle de les voir se tourner autour et se chamailler à tout bout de champ. Et puis c’est pas comme si on ne le leur avait jamais dit ! Qu’un jour ils finiraient ensemble. Peut-être que c’est justement pour nous contrarier et pour nous prouver qu’on a tort qu’ils mettent autant de temps à franchir le pas. Erwan aime jouer avec les filles et Sophie est trop timide pour avouer ce qu’elle ressent vraiment. On peut dire que ces deux-là ne sont pas aidés. »
Je gardai les yeux rivés sur le couple en devenir alors que Konwal exprimait son opinion. Il avait raison, ils étaient drôles à observer. Mais j’aimais beaucoup Sophie et je n’aimais pas qu’elle souffre de cette situation. Aujourd’hui, j’étais heureuse avec Konwal, et je voulais que toutes les personnes que j’aimais connaissent à leur tour ce bonheur d’être à deux.
La voix d’Anna tinta à mes oreilles et je tournai la tête vers elle par automatisme.
« Erwan est sur le point de craquer. Dès qu’on lui parle de Fred, il se met dans un état pas possible. Je sens qu’il va tout faire pour l’évincer et gagner le cœur de Sophie… qui lui est pourtant déjà acquis. C’est fou comme les hommes aiment se prendre la tête pour des trucs débiles comme ça, alors que tout ce dont ils ont besoin pour arranger les choses, c’est la communication. »
« Donc là tu suggères quoi ? Qu’Erwan parle à Sophie ? » demandai-je alors, pour savoir si j’avais bien tout saisi.
« Exactement. Si Sophie est trop timide pour le faire, et pourtant c’est pas faute de le lui avoir dit, il faut que ça vienne de lui. Mais monsieur est trop fier pour faire le premier pas. C’est dommage, parce que Sophie m’a laissé comprendre qu’elle serait prête à rompre avec Fred à la seconde où son rêve devient réalité : qu’Erwan lui dise ce qu’elle veut entendre. Elle est persuadée de n’être qu’une amie pour lui. »
Je pouffais à cette dernière affirmation. Quelle idée !
« Elle est aveugle ou quoi ? Si elle avait vu la tête qu’il faisait tout à l’heure dans le bus alors qu’elle dormait sur son épaule… » Je revoyais la scène dans ma tête et elle me donna immédiatement le sourire.
« Je me tue à le lui dire, mais elle dit qu’Erwan n’est qu’un dragueur qui a besoin de posséder toutes les filles et qu’il est comme ça avec tout le monde » me répondit Anna d’un ton agacé.
« Ben pas avec moi ! » l’interrompis-je. Anna me regarda alors furtivement avant d’ajouter la même chose.
« Ni avec moi. Il sait qu’il n’a pas le droit. »
Je fronçais les sourcils et alors que j’ouvris la bouche pour parler, Konwal prit la parole, lui qui était resté silencieux durant cet échange.
« Ca serait surtout trop bizarre » dit-il doucement.
Je me retournai vers lui car je ne comprenais pas vraiment en quoi cela serait bizarre. Anna était super jolie, d’ailleurs elle irait bien avec Erwan, un dieu et une déesse ensemble, cela paraissait totalement normal.
« De toute façon, même s’il me draguait ou quoi que ce soit, ça ne servirait à rien, étant donné que mon cœur appartient toujours à un autre » répondit Anna d’un ton sec. Mon cœur se mit à taper un peu plus fort et je sentis mes jambes se dérober sous moi. Mes yeux la fixèrent et je ressentis le besoin urgent de la prendre et de la jeter contre un arbre. Je serrais les poings jusqu’à sentir mes ongles s’enfoncer dans la paume de mes mains. Je pris sur moi et à sa pique, je répondis simplement, sans faire d’esclandre.
« C’est très délicat de ta part, Anna. » Mon ton était encore plus sec que le sien et plus qu’ironique. Je me détachai de mon petit ami qui arborait une mine décomposée, et j’accélérai le pas pour m’éloigner de cette petite conne. Elle n’avait qu’à le reprendre, son Konwal, si elle était si amoureuse que ça. Il m’avait avertie qu’elle éprouvait toujours des sentiments à son égard, mais qu’elle le dise devant nous, comme ça, ça m’énervait au plus haut point et je commençais à douter de moi. Et si cela réveillait les sentiments que Konwal éprouvait pour elle ?
Ma gorge se serrait peu à peu et des larmes de colère commençaient à me monter aux yeux. Je me mis au niveau de Sophie qui me regarda d’un air étonné. Elle retira son casque et le laissa pendre autour de son cou.
« Ca va pas, Chari ? » me demanda-t-elle, surprise.
J’osai à peine la regarder, et ce n’est qu’après m’être retournée pour voir mon petit ami parler à Anna avec un air contrarié que je lui répondis.
« J’ai peur de le perdre » avouai-je, me frottant la nuque sous l’effet du stress, avec ma main droite. Sophie se retourna pour voir ce qu’il se passait et elle ne comprit pas ce qu’il en était exactement.
Elle me donna un coup de coude amical et me rassura.
« T’inquiète pas, ça va s’arranger. Si tu veux mon avis, je connais bien Konwal, et je peux te dire que s’il est avec toi, c’est parce qu’il pense que c’est du sérieux. Il n’est pas comme l’autre dragueur de devant » fit-elle en lançant un coup de menton vers Erwan qui ne se doutait de rien et qui parlait en anglais à Angie avec son accent français qu’elle trouvait si mignon.
J’aurais aimé enchaîner sur Erwan et sa relation avec Sophie, mais aussi égocentrique que j’étais, je restais concentrée sur mon propre malheur.
« Tu crois vraiment ? Anna vient d’avouer devant nous qu’elle l’aimait encore. Là, comme ça. Je ne sais pas à quoi elle joue, et j’ai peur que Konwal finisse par craquer et qu’il la reprenne. Leur histoire a duré longtemps et ça ne fait que quelques mois qu’ils sont séparés. Et quelques semaines seulement que nous sommes ensemble alors je… »
Sophie m’interrompit immédiatement.
« Ca ne veut rien dire. Tu sais que dès le premier jour où vous vous êtes rencontrés, il nous parlait déjà de toi sur internet ? Il t’a tout de suite remarquée. Il te trouve « fascinante » ! Je ne l’ai jamais entendu dire ça d’Anna. Oui, ils sont restés longtemps ensemble, c’est beaucoup pour notre âge sûrement, mais d’un point de vue intensité des sentiments, tu la bas, crois-moi. Quand il me parle de toi, je te jure que j’arrive à ressentir la passion qui l’anime. Et la frustration aussi, mais ça je ne sais pas pourquoi, et ça ne me regarde peut-être pas. »
Frustration ? Oui, je la ressentais aussi. Nous n’avions pas tout expliqué sur notre condition, lorsque nous étions chez Erwan et qu’il avait fallu clarifier les choses après ma boulette de l’eau gelée.
« Non, ce n’est rien. En fait, ce qu’on n’a pas dit l’autre jour, c’est que lorsque nous parlons par la pensée ou lorsque nous nous touchons, nous sentons une douleur derrière notre oreille. Elle peut être tellement forte qu’elle peut nous mener jusqu’au malaise, demande à Konwal. »
Sophie resta muette pendant quelques secondes, je me demandais à quoi elle pensait.
« Ah la poisse. Donc si je comprends bien, vous ne pouvez pas vous toucher souvent ? »
Je soupirai de désespoir. Si seulement cette malédiction pouvait s’arrêter…
« Dur dur » reprit-elle. « Du coup, ça limite drôlement les échanges physiques. Et comment vous comptez faire pour... » Mes yeux se tournèrent vers elle et je vis son malaise. Elle s’empressa d’ajouter que cela ne la regardait pas et s’excusa d’être si curieuse. Je l’arrêtai aussitôt.
« Ca ne me gêne pas d’en parler. Et pour répondre à ta question, on n’a pas encore parlé de tout ça car je ne ressens pas le besoin pour le moment d’en parler. Disons que… je n’ai pas eu beaucoup de garçons dans ma vie et je ne veux pas aller trop vite. Et puis… je crois que malheureusement, cette question est sans issue. »

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 13 Juin - 1:02

(suite chapitre 28)

Le silence nous gagna toutes les deux et je me sentis à mon tour mal à l’aise. Alors j’enchaînais sur le sujet qui l’intéresserait : Erwan.
« Alors, tu es jalouse d’Angie ? » demandai-je sans détour, à voix basse pour ne pas qu’ils entendent. Je me mis à sourire dans l’attente de la réponse. Sophie se mâchouillait les lèvres, signe incontournable de malaise ou de stress, et lança un coup d’œil rapide vers Angela et Erwan juste devant nous. Comme elle ne répondait pas, j’enchaînai.
« Tu n’as pas à l’être. Angie a un copain à New York. Quant à Erwan… » je laissai volontairement la phrase en suspens, attendant sa réaction.
Sophie releva la tête vers moi et haussa les sourcils, elle voulait la suite, c’était évident.
J’émis un léger rire, je ne pouvais m’en empêcher et je jetai à mon tour un regard vers l’objet de convoitise. Je me rapprochai alors de ma voisine de marche et encore plus bas, j’ajoutai :
« Il est raide dingue de toi ! Tu aurais vu tout à l’heure comment il paraissait tout heureux que tu t’endormes sur son épaule, dans le bus. Il était confortable ? ». Je la taquinais et la fis rougir. C’était tellement amusant.
Alors elle se racla la gorge et d’un geste rapide se frotta le bout du nez, tous ces gestes qui indiquaient qu’elle était toujours aussi gênée.
« Il est comme ça avec tout le monde. Regarde comment il est avec Angela ! Elle aurait dormi sur son épaule qu’il aurait été tout aussi content. Et je crois d’ailleurs qu’il ne compte pas d’américaine, encore, à son tableau de chasse. » Le ton qu’elle avait employé était triste et elle paraissait tellement convaincue de ce qu’elle affirmait, c’était sidérant !
Je me devais d’intervenir.
« Euh… Sophie, est-ce que tu es assez objective ? Tu n’as pas remarqué qu’il n’était pas comme ça avec moi ? » Je n’arrivais pas à croire qu’elle pensait vraiment ce qu’elle disait.
« Oui mais toi tu es la petite amie de son meilleur ami, alors ça ne compte pas. C’est chasse gardée. »
Je ne compris pas la fin de sa phrase, il y avait des expressions françaises qui m’échappaient encore, mais j’avais bien saisi le début. Et je restais convaincue des sentiments d’Erwan à son égard.
« Sophie, arrête. Tu es trop pessimiste ! Je suis sûre qu’un jour vous allez vous mettre ensemble. » Et à peine eus-je fini ma phrase qu’elle enchaîna par un « oui c’est ça, dans mes rêves ». Je roulais des yeux, elle était exaspérante !
« Tu l’as dans la peau, hein ? » affirmai-je. Ce n’était pas une question.
« Non. Enfin si… un peu. Mais comme tu le sais, il y a Fred. Je n’ai pas le droit de loucher sur quelqu’un d’autre. » Je ne pus réfréner un petit rire, et Sophie me regarda et ajouta « En théorie. »
J’acquiesçai d’un signe de tête. « En théorie. Pauvre Fred. Tu l’aimes quand même un petit peu ? » J’arquais mon sourcil pour appuyer mon interrogation.
Elle haussa les épaules et resta silencieuse pendant quelques secondes.
« Oui, sinon je ne serai pas avec. Je ne suis pas du genre à être avec quelqu’un juste pour ne pas être seule. Mais ces temps-ci, c’est vrai que je pense plus à un autre. Le pauvre… comme tu dis. Je crois qu’il serait mieux que je rompe, mais je n’y arrive pas. Enfin je crois. »
Je comprenais ce qu’elle voulait dire, mais je pensais sincèrement que Fred était la personne qui se faisait le plus avoir dans l’histoire. Cela dit, il ne devait pas être dupe non plus, car l’attirance qu’Erwan éprouvait pour Sophie était plus qu’évidente.
« C’est toi qui vois. Tu sais, ça se mettra en place peut-être tout seul. »
« Ou pas » s’empressa-t-elle d’ajouter.
« Ou si » insistai-je. Cela la fit sourire et je pouvais lire dans son regard toute sa reconnaissance.
« L’amour, c’est une histoire de timing, je l’ai toujours dit ! » concluais-je, en parlant normalement, d’une voix suffisamment forte pour qu’Erwan entende. Il se retourna vers moi pour approuver mes dires, et j’en profitai pour ajouter en levant les mains en toute innocence :
« Mais il ne faut pas louper l’occasion non plus ! Enfin je dis ça, je dis rien ! »
J’étais fière de mon coup et Erwan jeta un coup d’œil à Sophie qui baissait la tête, je pariai que si elle pouvait se cacher à trois mètres sous terre, là, maintenant, elle l’aurait fait. Etais-je méchante ? Non… tout cela était pour leur bien, évidemment.
« T’es pas d’accord Erwan ? » demandai-je tout bêtement. Je guettais la réaction de Sophie qui osa un regard vers lui, attendant tout comme moi sa réponse.
Alors sans aucune gêne, il se tourna vers Angela et lui dit : « Chari a raison, je suis sûr que notre heure va bientôt arriver. Si on est là tous les deux, ce n’est pas sans raison ! Des milliers de kilomètres nous séparent, mais aujourd’hui… ça n’est plus le cas. Tu es venue pour moi… »
Sophie blêmit lorsqu’elle entendit ses mots. Des mots à l’opposé de ce qu’elle attendait et espérait. Je refoulais une envie de rire parce que j’étais convaincue qu’Erwan l’avait fait exprès, pour l’embêter, pour encore la rendre jalouse et faire qu’elle le désire encore un peu plus. Mais dans le même temps, j’avais envie de le sermonner, car Sophie n’était déjà pas dans son assiette et je doutais qu’elle fut assez forte pour encaisser ce nouveau coup. Elle se replia sur elle-même et remit son casque sur les oreilles, regardant par terre pour voir où elle mettait les pieds. Elle accéléra un peu et contourna Erwan et Angela pour leur passer devant. Elle était fâchée et je la comprenais. Je venais d’avoir la même réaction avec Anna. Je me retournai alors pour la regarder et elle avait un air triste et désolé. Peut-être que je devrais être plus gentille avec elle ? Je devais lui parler, mais avant, il fallait que je réponde à Erwan.
« Crétin ! »
D’instinct, il se retourna. Pourquoi lorsque je disais « crétin » il se retournait ?
« Bien joué, mais crétin quand même » ajoutai-je. « Attention qu’elle ne finisse pas par te détester ! » Ca serait bête. Tout ça pour rien.
Je m’approchai d’Angela, me positionnant entre eux deux, et je lui pris le bras pour l’éloigner d’Erwan en plaisantant « Et touche pas à ma copine ! En plus elle n’est même pas libre ! »
Angie protesta immédiatement en émettant un « héééééé » et en se débattant pour se sortir de mon étreinte, et je souris sans plus attendre. J’étais horrible !
Erwan n’en avait apparemment rien à faire. « Franchement tu crois que c’est ça qui m’arrêterait ? »
« Franchement ? Ouais ! Sinon pourquoi tu ne fais rien pour Sophie ? »
Touché.
« Mais arrête avec tes allusions ! T’es en train de me casser mon coup avec Angie. C’était bien parti pourtant… » plaisanta-t-il. Utilisait-il l’humour comme arme contre la vérité ? Je me contentai d’émettre un petit mmmmh. Cela dit, si Sophie n’existait pas, je devais bien volontiers avouer qu’Erwan et Angela iraient très bien ensemble. Un peu comme avec Anna, même si elle était, physiquement, l’opposé de ma meilleure amie.
« Alors je vous laisse, soyez sages tous les deux, pas de bêtise ! »
Je m’éloignai et pris mon courage à deux mains pour aller parler à Anna. Konwal et Adrien marchaient toujours à ses côtés, mais ils ne se parlaient plus. Lorsque j’approchai, je lançai un sourire avenant à mon petit ami et mon attention se fixa ensuite sur Anna. Je ne savais pas comment je devais l’aborder. J’aurais tellement aimé que tout se passe bien entre nous, mais c’était impossible. Comment un triangle amoureux pouvait bien fonctionner ? Les tensions, la jalousie et les sentiments étaient exacerbés.
J’eus du mal à déglutir alors que je n’étais plus qu’à un pas d’elle. Elle me regarda et avant même que je n’ouvre la bouche, elle prononça mon nom.
« Charisma, je suis désolée. Je ne voulais pas te blesser » s’excusa-t-elle. Elle paraissait sincère, ça se lisait sur son visage. Konwal et Adrien ralentirent leurs pas pour nous laisser un peu d’intimité.
« Excuses acceptées. Et moi aussi je t’en dois. Je n’aurais pas dû partir comme ça, c’est juste que…
- Je comprends, ne t’en fais pas. J’aurais réagi pareil si j’avais été toi.
- Tu sais, Anna, j’aimerais qu’on se parle normalement. Après, bien sûr, je comprends que tu ne le veuilles pas, que tu ne veuilles même pas m’adresser la parole. Mais je ne veux pas que tu me prennes pour ton ennemi. Konwal m’a avertie que pour toi, c’était difficile de tourner la page, et crois-moi, je te comprends parfaitement. Je suis désolée si je te cause de la peine, je… je n’y suis pour rien.
- Pour rien du tout, ce n’est pas de ta faute. Tu sais tout pour moi : oui je l’aime encore mais je te promets que j’essaie de faire de mon mieux. C’est juste difficile de… » Anna jeta un regard à son ex et je pouvais y lire beaucoup de tristesse. Elle avait cet air qu’on arborait lorsque l’on était nostalgique, triste et heureux à la fois. Heureux des moments passés mais triste de les laisser derrière.
« … d’oublier » finit-elle par dire. La pauvre, je détesterai être à sa place, heureusement pour moi cette situation ne m’était jamais arrivée.
« J’imagine que tu dois beaucoup prendre sur toi. Merci.
- Oui, mais en même temps, je n’ai pas le choix. Ils sont tous mes amis, et je ne pouvais renoncer à ces moments ensemble. Et… je tenais particulièrement à te rencontrer. Celle qui a réussi à prendre le cœur de Konwal en si peu de temps. Qu’est-ce que tu as de si spécial ? Tu sais qu’au départ, j’avais décidé de te détester quoi qu’il arrive ? Je t’en voulais trop. Mais aujourd’hui je comprends mieux. Et puis cette marque et cette légende. Et vos… pouvoirs… j’imagine que ça rapproche.
- Oui, mais même si nous n’avions pas tout ça, j’aurais craqué sur lui quoi qu’il arrive. Il est français, il est charmant, il est drôle, il a trop de qualités pour que je passe à côté sans le remarquer.
- Tu sais, ça me fait trop bizarre d’entendre quelqu’un d’autre que moi parler de lui de cette manière. Tout ce qui a fait que je l’aime… aujourd’hui tu le ressens aussi. Je suis jalouse.
- Et je suis jalouse de toi et de ton passé avec lui… et j’ai peur du futur aussi. Je ne suis pas rassurée. Regarde-toi, j’ai l’impression que tu vaux beaucoup mieux que moi. Je n’arrive toujours pas à comprendre son choix. Pourquoi moi ? Tu avais mis la barre très haut.
- Ne me pousse pas sur ce chemin-là, car je vais finir par te croire et aller dans ton sens et me demander à nouveau « pourquoi elle ? ». »
Le visage d’Anna était très sérieux. Elle faisait des efforts, certes, mais peut-être que je devais effectivement arrêter de me dévaloriser car ce n’était certainement pas elle qui me consolerait comme Angela pourrait le faire. Je décidai alors de changer de sujet.
« Tu sais où on va, là ? »
Mais contre toute attente, Konwal me répondit. Je ne l’avais pas senti arriver derrière moi. Son bras enlaça ma taille et je sentis un baiser sur ma tempe, réveillant la douleur derrière mon oreille.
« On arrive dans à peu près cent mètres, regarde là-bas la petite clairière. »
Je commençai à compter dans ma tête pour faire l’équivalence de cent mètres en yards, mais je n’eus qu’à suivre le doigt qu’il pointait pour me montrer le bout du chemin. Je regardai par-dessus les têtes des élèves devant moi et en effet, nous arrivions. Il était à peine midi et je mourais déjà de faim, j’avais hâte de pouvoir pique-niquer. Si j’avais bien écouté Madame Sisto, nous y rencontrerions notre guide pour la balade de cet après-midi.

« On va enfin pouvoir se reposer un peu, ça m’a donné les crocs cette balade ! » dit Adrien alors qu’il ne nous restait plus que quelques mètres à franchir. Certains élèves s’étaient déjà installés par terre pour prendre leur déjeuner. La professeur et son assistante allèrent à la rencontre du guide qui nous attendait sur place. Il était brun, grand et très mince. Ses cheveux étaient coiffés en bataille et il devait avoir la trentaine, un peu comme nos parents.
Nous passâmes à côté d’eux avant d’aller nous installer dans un coin et je vis le guide nous suivre du regard, comme s’il était intrigué par quelque chose, par moi ou par Konwal. C’était étrange et super flippant. Je sentis même son regard derrière mon dos, ce qui me mit très mal à l’aise. Je fronçai les sourcils et mes traits étaient tirés, et je demandai à mon petit ami tout bas : « T’as vu le gars comment il nous a regardés ? »
Ce dernier se retourna, il n’avait pas du tout fait attention au guide.
« Quel gars ? » demanda-t-il en retour.
« Le guide, j’imagine. Celui qui parle à Sisto » répondis-je dans l’empressement. Alors Konwal se retourna et l’observa un long moment. Lorsque le guide se retourna à nouveau vers nous pour nous observer en retour, nous détournions immédiatement le regard.
« T’as raison, il est louche. Je ne sais pas ce qu’il nous veut » constata mon petit ami. Je n’étais pas la seule paranoïaque, alors. Il l’avait ressenti aussi.
« Quelqu’un veut mes chips ? » demanda Angela alors qu’elle déballait son sac, une fois assise près d’un arbre. Erwan se posa à côté d’elle et saisit le paquet, du moins essaya de le faire avant qu’Angie ne retire sa main avec adresse, tout sourire. Ses yeux pétillaient, je le voyais bien qu’il lui plaisait.
« Le mot magique ? » demanda-t-elle d’un ton coquin. Erwan rentra dans son jeu et lui répondit de la même manière.
« Je ne le dirai pas, c’est toi qui a proposé ! »
Encore en train de se chamailler. Sophie s’était mise à l’écart et les observait continuellement. J’allai me mettre vers elle, et Adrien fit de même.
J’ouvris mon sac à dos pour en sortir le pique-nique confectionné par moi-même ce matin à l’auberge de jeunesse. Ca ne me donnait absolument pas envie, mais j’avais tellement faim que j’étais prête à manger n’importe quoi.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 13 Juin - 1:03

(suite chapitre 28)

Les discussions allaient bon train entre nous et Erwan faisait encore et toujours le pitre pour nous faire rire. Konwal n’était pas mieux, dans le genre. Leur complicité était vraiment belle à voir. Tout au long du repas, je n’avais cessé de regarder le guide, au loin, d’observer ses faits et gestes. Il regardait de temps à autres dans notre direction et avait remarqué que moi aussi je le surveillais.

« Dites, vous croyez qu’on peut s’esquiver ? » demanda Erwan tout bas, à tout le groupe. « Konwal connaît bien, on a toutes nos chances ! »
Ce dernier se redressa et observa au loin notre professeure qui mangeait en discutant avec son assistante et deux filles qui étaient réputées pour être de véritables lèches-botte. Le guide avait disparu, alors qu’il était en leur compagnie quelques secondes plus tôt. Je baladais mon regard sur tout le groupe assis ici et là dans la petite clairière, mais aucun signe de lui.

« Il a disparu ! » susurrai-je à Konwal qui leva immédiatement les yeux et balayait du regard l’espace où nous nous trouvions. Son visage se raidit légèrement.
« Il est peut-être allé chercher quelque chose. Ce mec n’a pas l’air net, en tout cas. Je l’ai regardé tout au long du repas, mais on se fait peut être des idées, Chari. »
Oui, peut-être.
Konwal plongea son regard dans le mien et je faillis me perdre dans ses yeux. Ils étaient d’un bleu époustouflant alors que nous étions à un endroit ombragé et pas très lumineux. C’était étrange. Etais-je la seule à le remarquer ?

« Tes yeux, Chari… ils sont… » balbutia-t-il sans décrocher son regard du mien, mais je finis par baisser la tête, c’était un automatisme lorsqu’on parlait de mes yeux, même s’il avait beau me répéter qu’il les aimait. Je sentis sa main sous mon menton pour me relever le visage et je me laissai docilement faire. Je plantai à nouveau mon regard dans le sien.
« Non, sérieusement, Chari, tes yeux sont vraiment étranges. Ils sont… perçants. Et… cette flamme, on dirait qu’elle bouge ! Je t’assure ! »
Je ne pus réprimer une grimace. Horreur !
« Et tes yeux, Konwal, ils sont super bleus, c’est bizarre ! »
Ce n’était pas moi qui venais de dire ça, même si c’était exactement ce à quoi je pensais, mais ce fut la voix d’Anna qui résonna parmi nous.
Tous la regardèrent. Evidemment, il n’y avait qu’elle pour retenir ce genre de détails. Après tout, nous convoitions le même garçon.
Je m’éloignai légèrement de mon petit-ami et Anna me dit exactement la même chose, que mes yeux étaient étrangement vifs.
Nous nous regardâmes avec Konwal et nous ne comprenions pas. La luminosité ? Impossible, il faisait trop sombre ici. Le vert des arbres qui se reflétait dans nos yeux ? Mais dans ce cas, pourquoi ceux des autres avaient gardé leurs couleurs originelles.
Un moment de silence s’abattit sur nous puis Erwan se leva lentement.
« Allez, filons ! Avant que votre prof ne le remarque ! » Toutes nos têtes se tournèrent vers elle et nous vîmes qu’elle était toujours en grande discussions avec les autres.
Nous rangeâmes à toute vitesse nos affaires et nous éclipsions en catimini. Je me hâtais pour rester aux côtés de mon petit ami, c’était lui notre guide.

Nous le suivions tous à grands pas rapides, et une fois suffisamment loin du reste du groupe, nous reprîmes nos discussions en ralentissant la cadence.
« On va aller voir le tombeau des druides, ce n’est pas très loin d’ici » annonça Konwal.
Le tombeau des druides ? Wahou, ça avait l’air d’être génial. J’espérais que ce n’était pas trop morbide et dans mon doute, je suppliai Konwal dans ma tête de bien rester près de moi.
« Non, t’inquiète pas, pas morbide du tout, Chari, ce sont juste des pierres disposées par terre. On appelle aussi cet endroit l’Hotié de Viviane » répondit-il à voix haute. Je stoppais net et il continua durant quelques pas avant de se rendre compte que je m’étais arrêtée. Alors il se retourna pour comprendre.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda-t-il aussitôt. Les autres se retournèrent vers moi également. Un sourire s’étira sur mes lèvres en signe de victoire. Il revint sur ses pas pour aller à ma rencontre.
« Tu ressens la douleur ? » demandai-je alors sans ouvrir la bouche. Konwal pencha suspicieusement la tête et son regard s’illumina davantage. Je compris que sa réponse était négative, et un sourire vint creuser ses joues de ses jolies fossettes. Un sourire communicatif et qu’accentuais le mien. Mon dieu, je n’arrivais pas à y croire !
« C’est un miracle ! » finit-il par me dire par la pensée. Son sourire s’évanouit mais pas la joie dans ses yeux. Il fit le dernier pas qui nous séparait encore.
« Si ça se trouve… » me dit-il doucement dans ma tête. Et ses mains allèrent gentiment se placer de part et d’autre de mon visage qui se rapprochait lentement du sien. J’avais envie de l’embrasser et mon cœur s’était mis à battre un peu plus fort, je le voulais contre moi, je voulais ses lèvres sur les miennes. Et si nous pouvions désormais nous toucher sans plus aucune conséquence douloureuse ? J’exultais, et lui aussi avait l’air impatient de me retrouver de façon charnelle. Ses mains caressèrent mes joues pour aller s’échouer sur mes tempes et dans mes cheveux… Et je plissai soudainement les yeux, le souffle coupé. Konwal retira aussitôt ses mains et je fis un pas en arrière, mon cœur tambourinant dans ma poitrine sous l’effet de la violente douleur. Lorsque je rouvris les yeux, je le vis se tenir la tête du côté droit, là où se trouvait sa marque. Il avait l’air de souffrir encore plus que d’habitude. Ca me brûlait encore, alors qu’un simple contact comme celui ne m’aurait jamais fait aussi mal.

« C’est une malédiction ! » affirmai-je alors que les larmes me montaient aux yeux. Je sentis mon menton trembler et je m’efforçai de ne pas éclater en sanglots. Le regard que mon petit ami me laissait voir était triste et rempli de déception. Moi, j’étais en colère. Je détestais cette légende ! Je détestais cette marque ! Je détestais celui ou celle qui avait décidé de faire de moi ce que j’étais.
Je serrais les mâchoires et les poings et une violente brise s’abattit sur nous, ce qui surprit tout le monde. Je regardais immédiatement en l’air, surprise moi aussi par ce vent si soudain. Cela eu le don de me calmer l’espace de quelques secondes, me détournant de ma colère.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » nous demanda Erwan au loin. Tous nous observaient encore et lorsque Konwal se retourna pour lui répondre, son meilleur ami avait dû lire la souffrance sur son visage.
« Merde, Konwal, ça va ? » Erwan se précipita vers nous. « C’est quoi le problème ? C’est ta marque qui te fait mal ? »
Je vis l’inquiétude sur les traits de Sophie et d’Angie. Elle connaissaient les conséquences de cette malédiction, elles aussi. Je me remis de ma douleur, mais Konwal souffrait encore, apparemment.
« Ca va aller » mentit-il en posant sa main sur l’épaule de son ami dont le visage était toujours aussi tendu.
« - Tu es sûr ? Franchement t’as pas l’air.
- Non ça va aller. Ca commence à partir. »
Konwal se retourna vers moi d’un air désolé et me demanda si j’allais bien. Moi, ça allait déjà beaucoup mieux, mais lui était plus sensible à la brûlure que moi, ça s’était déjà confirmé lors du bal.
Konwal respirait profondément pour apaiser la douleur et au bout d’une minute où tout le monde s’était tu et était en attente de son rétablissement, son visage se détendit enfin.
Il me regarda et j’entendis sa voix dans ma tête.
« Je suis désolé. »
Encore une fois, plus aucune douleur, ni pour lui, ni pour moi. C’était étrange. Pourquoi pouvions-nous maintenant nous parler sans ressentir quoi que ce soit, mais nous toucher nous était devenu quasiment impossible ?

« Konwal ? »
Une voix que nous ne connaissions pas s’éleva près de nous. Toutes les têtes se tournèrent vers le nouvel arrivant et nous reconnûmes le guide qui nous avait tout à l’heure tant intrigués. J’étais stupéfaite. Il connaissait son prénom ! Je jetai un rapide coup d’œil à mon petit ami qui fronçait les sourcils et qui observait le jeune homme.

« Comment vous connaissez mon nom ? » demanda-t-il, curieux.
Le guide se mit à sourire et il avait l’air franc.
« Tu ne te souviens pas de moi, j’imagine.
- Comment le pourrais-je ? Je ne vous connais pas. »
Le sourire du jeune homme se transforma en rire et il s’approcha de Konwal sans détour. Il l’observa quelques secondes avec minutie et ses lèvres s’étirèrent à nouveau en un grand sourire.
« Le fils de Noluen. Tu as les mêmes yeux que ta mère, tu lui ressembles beaucoup » conclut-il. Je compris alors qu’il s’agissait d’un ancien ami à la mère de Konwal, décédée il y a plusieurs années déjà.
Konwal eut un geste de recul lorsqu’il entendit ces mots.
« Vous connaissiez ma mère ? » l’interrogea-t-il aussitôt, intrigué.
« Tu ne te souviens sans doute pas de moi, tu étais certainement trop petit, mais lorsqu’elle t’emmenait ici, j’étais souvent présent. »
Un silence presque religieux nous emporta tous, nous ne faisions qu’observer la conversation. Konwal s’adoucit et son visage n’exprimait plus que de l’intérêt. Plus aucune crainte ne se lisait sur lui.
« Souvent ? Je ne me souviens pas de vous, pourtant.
- C’est normal, tu ne peux pas te souvenir de tout, répondit l’inconnu avec une once de malice au fond des yeux. Je suis étonné de te voir ici, vous faites partie du groupe ?
- Oui, ne le dites pas à notre prof, on n’est pas censés être seuls en forêt.
- Ne t’inquiète pas, je ne suis pas ici pour vous balancer. Mais je croyais que le groupe venait des Etats-Unis, comme ça se fait que tu es là ? Et vous êtes tous français ? » demanda-t-il. Il se retourna pour nous dévisager tous. Il s’attarda plus longuement sur moi, je ne faisais pas confiance à ce type.
« Non, les deux filles ici sont américaines, le reste habite à Brest. Avec mon père nous avons déménagé à New York.
- Oh, fit l’inconnu. Depuis quand ?
- Depuis janvier. On veut prendre un nouveau départ, enfin surtout mon père, depuis… depuis la mort de maman… c’est devenu difficile pour lui. »
Le guide paraissait compatissant.
« Oui, c’était une tragédie, Noluen était quelqu’un de très bien, j’imagine qu’elle vous manque beaucoup.
- Ca fait sept ans maintenant, elle nous manque toujours mais il faut savoir avancer dans la vie. »
Konwal se tue quelques secondes avant de reprendre d’un ton plus joyeux.
« Et vous vous appelez comment ? Peut être que je vais me souvenir de votre nom, à défaut de votre visage.
- J’en doute. Je m’appelle Alanic. Et tes amis s’appellent comment ? »
Konwal fit les présentations et lorsqu’il eut fini, Alanic se tourna vers Konwal et moi qui me tenais toujours à côté. Il nous fixait en souriant.
« Et je suis votre guide. »
Son regard était persistant, cela me donnait une étrange sensation.
« Oui, on sait, vous êtes notre guide pour la journée » confirma Konwal. A son ton, je pouvais comprendre qu’il était redevenu suspicieux lui aussi.
« Non, vous ne comprenez pas, je suis votre guide » continua Alanic. Son regard faisait des va et vient entre nous deux. Je fronçai les sourcils et je questionnai Konwal en silence.
« Il me fait peur, c’est quoi son délire ?
- Je ne sais pas. Il est notre guide. Notre
guide. Il y a trop de choses étranges qui se passent ! Ca fait trop de coïncidences ! Le fait qu’on puisse se parler sans douleur, que nos yeux nous paraissent différents, qu’on ne puisse plus se toucher… je pense que…
- Noooon, tu crois ?
- Nous sommes dans une forêt. Je ressens des choses que je n’ai jamais ressenties avant, comme un appel, je me sens bien ici.
- Ca m’a fait ça quand on est entré dans la forêt. Tu crois vraiment que… ?
» je n’osai continuer. Je n’osai prononcer ce mot : légende. La légende était vraie ? Nous étions ici dans un but précis ? Mon cœur s’était mis à battre à une allure incontrôlable, je mourrai de peur et j’étais pétrifiée.

Alanic était imperturbable. Il hocha la tête d’un signe d’accord et reprit la parole, s’adressant à nous tous.
« Bien, vous alliez où comme ça ? »
Konwal se rapprocha de moi et me tint par la taille contre lui. Je me collai à mon petit ami, toujours aussi apeurée. Je n’avais aucune confiance en Alanic, je sentais qu’il préparait quelque chose.
« Nous allions au Tombeau des Druides » répondit Adrien. L’ambiance au sein du groupe était étrange. Nous n’avions aucune raison de craindre quoi que ce soit, mais nous restions tout de même sur une réserve, peut être parce que Konwal lui-même l’était alors qu’il était censé connaître ce type.
« Parfait ! Puis-je me joindre à vous ? »
Ma réponse était non. Mais Konwal me prodigua quelques caresses dans mon dos à travers ma veste, ce qui me rassura légèrement.
« Oui, bien sûr. Vous êtes guide, après tout, vous savez où nous emmener. »
Alanic se retourna vers nous et nous demanda sans cérémonie :
« Vous êtes sûrs de vouloir les emmener aussi ? »
Je ne comprenais rien. Et Konwal non plus, visiblement.
« Ils ne vont nulle part sans nous » répondit mon petit ami, toujours méfiant. Notre guide émit un léger rire.
« Bien entendu. Comme vous voudrez. »

Alors nous reprîmes notre marche et tout le monde s’était remis à parler, sauf nous trois. Alanic nous devançait tous, je marchais à quelques mètres derrière lui, collée à Konwal, et les autres étaient derrière nous. Angela parlait à Anna et Adrien, et Erwan restait à côté de Sophie, les mains dans les poches, bavardant tranquillement.

Soudain, une déflagration sourde et très courte retentit, et si je n’avais pas rêvé, j’avais bien cru voir les arbres et tout ce qui nous entourait se contorsionner comme si nous étions dans un tunnel éclairé. Comme si chaque côté du chemin s’était rapproché de façon très rapide sur nous, puis avait repris sa place initiale. Un vent nous traversa aussi, faisant voler mes cheveux et je papillonnai des yeux.
Drôle de sensation, je ralentis mon pas. Je me sentais bizarre, et lorsque j’observai à nouveau les arbres et la nature autour de nous, je faillis prendre peur. Tout paraissait tellement plus vert ! J’avais l’impression que les couleurs ressortaient en puissance mille. Le son de la nature aussi me paraissait plus fort. Je pouvais entendre le vent dans les feuilles de manière très distincte, le chant des oiseaux aussi…
Je m’empressais de m’accrocher au bras de Konwal qui tourna la tête vers moi, l’air plus qu’inquiet.

« Tu as vu et senti ça, toi aussi ? » murmura-t-il, les yeux grands ouverts.
Oh mon dieu, je n’étais pas dingue. Lui aussi avait vécu ça ! Je me retournai pour voir si ça avait été le cas aussi pour les autres.

« C’est quoi ce délire ? » entendis-je Angela dire dans notre langue natale. Elle me fixa et m’interrogea du regard.
« Je ne sais pas » lui répondis-je. Je n’avais pas de réponse. Les autres parlaient entre eux aussi, et Erwan avait pris Sophie sous son bras, comme pour la protéger.

« Alanic ! » l’interpela Konwal.
Notre guide s’arrêta doucement et ne se retourna pas immédiatement. Il pivota avec une lenteur exaspérante et ouvrit les bras, les laissant en bas, comme pour nous inciter à contempler ce qui était autour de nous.
« Bienvenue » nous lança-t-il de là où il se trouvait, à plusieurs mètres devant nous.

Mon cœur battait à tout rompre, je n’allais bientôt plus pouvoir me maîtriser, ce gars me faisait mourir de peur. Mais bientôt, je ne pus me retenir davantage et je me mis à hurler de panique, me collant à mon petit ami derrière lequel je me cachais de ce que je venais de voir.
« Mon dieu, faites que ça s’arrête » suppliai-je. Je n’osai plus regarder, et je sentis les autres se rapprocher aussi de nous. Les filles commencèrent à crier aussi, je ne voyais rien, mes yeux étaient clos.

« Ne craignez rien ! » nous dit Alanic. Alors je tentai un regard autour de moi, et c’était pire qu’avant.

Vous ne me croiriez jamais, mais des troncs d’arbres sortaient… des choses. Comme des êtres vaporeux… Puis une fois hors du tronc, ils se matérialisèrent. Des gens habillés bizarrement. Des gens comme vous et moi, sauf qu’ils apparaissaient comme par enchantement. Leurs vêtements étaient sombres, ils étaient tous, hommes et femmes, affublés de pantalons marron, avec de grandes bottes vertes. Autour de leurs jambes, on aurait dit des branches ou des racines, c’était effrayant. En fait, ils portaient tous des vêtements verts foncés à manches longues, et sur leurs torses il y avait encore des branches et des feuilles, de la mousse et du lichen. Et le pire, c’est qu’ils étaient armés. Des épées ! Je n’en croyais pas mes yeux. Toutes rangées dans leurs fourreaux, ils nous observaient tous, l’air grave. J’avais très très peur et même si nous ne devions rien craindre d’eux comme l’avait annoncé Alanic, jamais de la vie j’aurais pu envisager pareille scène. Nous étions entourés de part et d’autre, pris au piège. Courir était notre seul espoir. Je me retournai pour voir si nous pouvions rebrousser chemin, mais tout au long se trouvaient ces gens. De chaque arbre qui était dans notre champ de vision était sortie une de ces personnes.
« Mon dieu, mon dieu, mon dieu » couinai-je sans pouvoir me retenir. Konwal faisait bloc entre Alanic et moi, il avait ouvert ses bras pour me protéger davantage. Angela, Anna, Sophie et moi nous retrouvâmes rapidement au milieu d’un cercle, protégées par Erwan, Adrien et Konwal. Les autres filles paraissaient toutes aussi effrayées que moi. Je regardais par-dessus l’épaule de mon petit ami et avec stupeur, j’assistai à un spectacle déroutant.

Toutes les personnes qui étaient sorties des troncs d’arbres se mirent à genou, leurs mains gardant le pommeau de leur épée. Ils baissèrent tous la tête en signe d’allégeance et se courbèrent le plus bas possible.
Nous restâmes bouche bée.

Ils ne bougeaient plus non plus, attendaient-ils un signal ?

« Vous voyez, vous ne craignez rien » nous confirma Alanic.
Personne ne répondit, nous étions encore pétrifiés face à ce spectacle.
« Ils sont vos sujets, les guerriers de la forêt » nous expliqua-t-il. « Konwal et Charisma, vous seuls, ainsi que le troisième grand guerrier, pouvez les contrôler. »

J’écarquillais les yeux, j’étais encore une fois sous le choc, je ne bougeais plus. J’étais en train de rêver et j’allais me réveiller. C’était de la folie, cette histoire !

« Hâtons-nous, jeunes gens, Walónn nous attend. »

Oh. Mon. Dieu. Dans quoi je m’étais encore fourrée ?

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