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 [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens

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Sweet Caroline
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MessageSujet: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 6 Fév - 17:51

GREEN WARRIORS
Les gardiens



Synopsis :

Charisma, une jeune new-yorkaise de seize ans, va voir sa vie basculer après la rencontre d'un jeune français, Konwal, fraîchement débarqué en Amérique.
Tous deux vont vivre des aventures que jamais ils n'auraient pu imaginer...
Des aventures où les sentiments, les sacrifices et la magie vont s'entremêler.


Je serai ravie de lire vos commentaires, positifs et négatifs. Je n'aime pas mon style, mais j'essaie de retranscrire mes idées comme je peux. Ce n'est pas chose facile pour moi, donc soyez indulgent !
Ceci est ma première fiction. Je posterai mes chapitres au fur et à mesure qu'ils seront écrits.

Bonne lecture à tous...

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 6 Fév - 17:53

Chapitre 1
Charisma


Ces prunelles m’observaient attentivement, dans ce reflet immonde que je percevais dans le miroir de ma chambre. Je détestais mes yeux, je détestais ce visage rond qui était à l’opposé de celle que je voulais être. Une bouche avec des lèvres trop pulpeuses à mon goût, même si les autres n’étaient pas du même avis, un nez large et des taches de rousseur éclaboussant mes pommettes roses. Les boucles châtain encadraient mon visage de part et d’autre, retombant en cascade sur mes épaules blanchâtres.
Je m’approchai du miroir pour contempler encore un peu plus cette image qui me faisait horreur, tordant mes traits dans tous les sens, peut-être pour tenter, en vain bien évidemment, de redonner une forme correcte à mon visage. Mais il n’y avait rien à faire et je soupirai bruyamment.

Le pire était mes yeux : l’un d’un vert très clair, et l’autre marron aux éclats rougeâtres avec une flamme dorée sur le côté, comme une incrustation de pierre précieuse, sauf que cela donnait l’effet inverse de précieux. C’était affreux. Quel monstre étais-je pour avoir des yeux aussi mal assortis ? Pourquoi n’étais-je pas comme tout le monde ? Certains yeux vairons étaient jolis, et harmonieux, mais les miens m’indignaient. J’étais juste un monstre qui méritait d’être dans un cirque pour satisfaire la curiosité de tous, une bête de foire.

Je soupirai une nouvelle fois et regardai l’heure qu’affichait mon réveil. 7h12, déjà. Dehors, le ciel s’éclaircissait lentement sur la ville de New York et dévoilait la couche nuageuse annoncée hier soir au bulletin météo. Super… La journée promettait d’être aussi exaltante que je l’avais prédis, pensais-je avec ironie et mauvaise humeur.

Je m’habillais aussi rapidement que je le pus, freinée par le manque de motivation que me procuraient les cours au lycée. Je ne pouvais pas dire que ma vie là-bas était un enfer, je n’avais jamais eu de problèmes particuliers, ni avec les cours, ni avec les professeurs, ni avec mes camarades de classe, mais je n’aimais pas me mêler aux autres. Devoir passer toutes mes journées dans cette fourmilière qu’était Abraham Lincoln High School, où les deux milles élèves grouillaient dans les méandres des couloirs des bâtiments, ça m’angoissait.

Quelqu’un frappa à la porte et je me retournai pour voir s’il s’agissait de mon père, de ma mère ou de mon grand frère. La porte s’entrouvrit alors que j’avais une jambe dans mon jeans bleu foncé et l’autre, en équilibre précaire, prête à rejoindre la première dans le vêtement encore glacé.

- Coucou ma chérie, je viens de rentrer. Tu n’oublieras pas de passer au magasin pour récupérer la commande de Jake ?

J’aperçus mon reflet dans le miroir à ce moment-là et constatai que mon expression était plus que mitigée, entre la joie et la mauvaise humeur qui ne me quittait pas.

- Salut Papa. Ouais, j’y penserai, maugréai-je.

Mon père était un de ces hommes calmes et bienveillants que j’admirais beaucoup. Il travaillait en tant que gardien de nuit dans un laboratoire pharmaceutique dans la banlieue de New York. Irlandais pure souche, il avait lui aussi la peau pâle et les cheveux roux foncés. Les mêmes taches de rousseur que les miennes parsemaient son visage arrondi. Il était très grand, un mètre quatre-vingt-douze, et arborait une silhouette qui rappelait celle d’une armoire. En somme, il ne valait mieux pas l’embêter, sauf si vous souhaitiez tester votre endurance physique ou je ne sais quoi.

- C’était quoi déjà la commande ?
- Euh… deux livres, mais je ne sais pas lesquels, demande-lui.

Je soupirai encore une fois, toujours d’aussi mauvaise humeur. Mon frère ne pouvait pas s’occuper de ses affaires tout seul ? Tout ça parce qu’il avait entraînement de football après les cours. Monsieur était le quarterback vedette du lycée, ce qui parfois m’arrangeait, puisque la notoriété avait du bon, surtout au sujet des garçons, mais souvent, ça m’agaçait. C’était lui la star, lui que toutes les filles voulaient, lui que ma mère chérissait – pour ne pas dire adulait – et lui qui était le sujet préféré de conversation de ma meilleure amie ces dernières semaines. Comme si j’avais besoin de ça.

Jake avait dix-sept ans, un an de plus que moi seulement. Il était beau, lui, et avait des yeux normaux, d’un vert époustouflant, et sa peau ne ressemblait pas à celle d’un cadavre. Oui, j’étais jalouse. Mes parents auraient pu garder quelques gènes sympas de côté pour mon arrivée ! Au lieu de ça, Jake avait tout raflé.

Je m’approchai de mon père pour l’embrasser avec tout l’amour qu’une fille pouvait donner à son père. J’adorais mon père, c’était le meilleur de tous.

- OK, je lui demanderai. Bonne nuit papounet !
- Bonne journée, ma puce. Travaille bien à l’école.
- Comme toujours, répondis-je avec un clin d’œil complice.

Il me renvoya son plus beau sourire et referma doucement la porte cependant que je remontai mon jeans pour le boutonner. Je fis coulisser la porte de ma penderie pour trouver une veste qui s’accorderait avec ma tenue et optai pour la marron, elle irait parfaitement avec mon pull beige. Je la coinçai sous mon bras et saisis mon sac à dos avant de descendre dans la cuisine où mon petit-déjeuner m’attendait certainement, à côté de ma mère qui lirait le New York Times en buvant son café.

L’odeur de pain grillé emplit mes narines à mesure que je descendais les marches d’un pas décidé. Je mourrais de faim.
Comme prévu, mon assiette avec mes œufs m’attendait sur la table, accompagnée d’un verre de jus d’orange posé à côté et deux toasts que j’attrapai au passage dans le grille-pain avant de m’asseoir.

- Bonjour M’man.
- Bonjour, chérie.

Elle ne releva même pas les yeux de son journal pour me saluer, j’en avais l’habitude, et ça ne me dérangeait pas le moins du monde.
J’avalai mon petit déjeuner goulument et mon frère nous rejoignit. Il avait mis son maillot de football, comme si on avait besoin de ça pour le reconnaître. Un « sept » vert s’affichait au milieu, tranchant parfaitement avec le blanc du tissu. Au dos, on pouvait lire notre nom de famille : O’Connell.
Je le regardais s’asseoir alors que je portais mon verre de jus d’orange à mes lèvres et il me salua enfin.

- Salut Charisma.
- Salut frangin.
- Bonjour mon chéri.

Ma mère daigna enfin lever son nez de son journal pour adresser un immense sourire joyeux et fier sur son petit protégé.

- Alors, vous êtes prêts pour le match de vendredi soir ?
- T’inquiète maman, on va les massacrer ! Les Bears n’ont jamais gagné contre nous, et c’est pas cette année que ça va changer !

Jake souriait bêtement, et je soupirai. Ses histoires de matchs et de football m’ennuyaient profondément. Je piquai un morceau de mes œufs brouillés et le posa sur mon toast que j’enfournai rapidement dans ma bouche. Je mâchai avec force et entrain et déglutis à toute vitesse pour pouvoir parler.

- C’est quoi ta commande à la librairie d’oncle Mike ?

Jake me regarda avec de grands yeux, comme s’il ne comprenait pas ma question. Avait-il perdu trop de neurones à force de se prendre des coups à ce sport stupide et brutal ?

- T’as commandé deux livres, à ce qu’il paraît. Et c’est moi qui dois passer les prendre ce soir puisque monsieur sera trop occupé pour le faire lui-même.

Ma mère me réprimanda et fronça les sourcils.

- Ah ouais ! C’est deux livres sur la culture celtique pour mon exposé d’histoire. « Mythes et légendes celtes » et l’autre je sais plus. Mike saura, t’inquiète.

La fureur montait en moi et je décidai de la laisser s’exprimer sur mes œufs que je torturai dans mon assiette. Ca ne lui viendrait même pas à l’esprit de me remercier de faire sa petite commission, il se croyait tout permis.

- De rien ! ajoutai-je brutalement.

Mon ton était cassant et je me levai de ma chaise, la faisant glisser bruyamment contre le plancher de la cuisine.

- A plus !

Et je partis comme une furie direction la porte, sachant pertinemment que ma mère penserait encore une fois que je n’étais qu’une petite sauvage. Grand bien lui fasse !
Je mis mon sac à dos à l’épaule et fermai ma veste pour ne pas attraper froid. C’était la fin de l’hiver, mais je ne voulais pas risquer un rhume ou une angine. J’enfonçai alors les écouteurs de mon MP3 dans mes oreilles et mis la musique à un volume plutôt élevé, sûrement trop pour la bonne santé de mes tympans.
La voix du leader de U2 m’apaisa aussitôt et je me laissai guider docilement par mes pieds qui connaissaient ce chemin par cœur. Le métro était plein à craquer, comme toujours à cette heure-ci, mais je ne mis pas plus de vingt minutes pour arriver devant mon lycée où les élèves étaient déjà agglutinés devant l’immense portail en fer forgé.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 6 Fév - 17:53

(suite chapitre 1)

Je regardai ma montre et vis qu’il me restait encore dix bonnes minutes avant de devoir subir la torture de monsieur Banner, professeur de mathématiques de Lincoln High. Je passai le portail électronique en laissant mon sac rouler sur le tapis à côté de moi et aucune sonnerie ne retentit. Je repris donc mon sac et poursuivis mon chemin. Etrange comme situation, non ? On rentrait au lycée comme si on partait pour une destination vacances dans un aéroport. Mais sans vouloir me considérer comme paranoïaque, je préférais cela à une série de meurtres sanglants qu’un élève un peu trop dérangé serait amené à commettre avec une arme à feu dans l’enceinte de l’école. Le traumatisme subit après avoir visionné Bowling for Columbine – merci monsieur Moore – était encore trop frais dans ma mémoire. Vive l’Amérique !

Tête baissée, je marchai jusqu’à mon casier qui se trouvait au milieu de la rangée qui longeait le très long couloir principal. La porte grinça lorsque je l’ouvris et j’y pris mon classeur ainsi que mon manuel d’exercices de mathématiques. Une voix derrière moi me fit sursauter.

- Tu vas jamais le croire !

Angela, ma meilleure amie. Je me retournai vers elle, la fureur au fond des yeux.

- Arrête de me sauter dessus comme ça, je t’ai déjà dit que je détestais ça !
- Désolée…

Je refermai mon casier en claquant la porte un peu plus fort que je ne l’aurais souhaité et me retournai pour faire face à ma meilleure amie qui arborait un sourire qui me rendit tout à coup curieuse. J’haussai un sourcil circonspect et décidai de la faire passer aux aveux.

- Croire quoi ? Raconte, t’en meurs d’envie.

Et je mourrai tout autant d’envie de le savoir.

- C’est Ben ! Il m’a demandé si je voulais aller boire un verre avec lui ce soir après l’entraînement !

Ma curiosité retomba comme un soufflé et je soupirai. Bien évidemment, il s’agissait d’un garçon. Angela avait cette fâcheuse manie de s’amouracher de tous les garçons potables qu’elle croisait. Ben était de la bande de mon frère, il jouait au poste de receveur de l’équipe des Lions, l’équipe du lycée, et je le côtoyais depuis que j’avais douze ans. Il était plutôt mignon, mais jamais je ne m’étais intéressée à lui, le considérant plus comme un frère pour moi. Je savais qu’Angela aurait préféré sortir avec Jake, mais elle se contentait bien volontiers de Ben, apparemment.

- Super ! répondis-je.

Mon ton était ironique, bien entendu, mais Angela ne le remarqua pas. Elle affichait toujours ce sourire niais et regardait en l’air, comme si elle était dans une autre dimension.

- Ouh ouh ! La Terre appelle la Lune !
- Ouais, désolée… c’est juste que… Ben quoi ! Il est trop craquant ! Elle soupira légèrement et me regarda à nouveau. Merci, sans toi, ça n’aurait pas été possible.

Je grimaçai sans vraiment comprendre en quoi j’y avais été pour quelque chose dans l’histoire.

- Si t’étais pas ma meilleure amie, jamais j’aurais pu les aborder.
- Ouais ben…contente de servir à quelque chose, grondais-je.

Si seulement je pouvais être aussi enthousiaste au sujet d’un garçon. Mais ici, aucun ne me plaisait. J’étais bien sortie avec Tim, un garçon de ma classe de français, mais notre histoire avait tourné court, trois semaines, pas plus. C’était un gentil garçon, intelligent, et artiste, qui plus est, mais l’étincelle n’était là. Et il me fallait cette étincelle.

- Alors vous allez juste boire un verre ? C’est tout ? Pas de plan romantique à deux balles ?
- Je m’attends pas à des merveilles, c’est un footballeur, pas un romantique.

Je ris légèrement sa remarque qui n’était que pure vérité. Au moins, elle savait à quoi s’attendre.

Nous allâmes tranquillement vers la salle de mathématiques et nous installâmes à nos tables habituelles. Monsieur Banner fit son entrée, tout sourire. C’était un bon professeur… pour ceux qui comprenaient quelque chose à tous ces chiffres, ce qui n’était pas mon cas. J’étais plutôt bonne élève, mais les maths restaient un vrai mystère pour moi. Le brouhaha ne cessa pas même en la présence du professeur, et moi-même continuai de bavarder avec Angela, ne prêtant aucune attention à ce que M. Banner disait.

- Aujourd’hui, nous accueillons un nouvel élève ! Il nous vient de France, soyez sympa avec lui.

Je plaisantai encore avec Angela sur son rendez-vous galant de ce soir, et ne vit pas le nouvel arrivant. Mais il s’installa à la table juste devant moi et lorsque je me retournai pour faire fasse au tableau, je l’observai, me disant que je ne connaissais pas cette tête.

Il était dos à moi, et ne bougeait pas. Son cahier était posé sur la table et il tenait son crayon, prêt à écrire. Super… encore un premier de la classe, pensai-je ironiquement.

Je continuai de l’observer pour guetter le moindre mouvement de sa part, mais rien n’arriva. Surprenant ! On aurait dit une statue.
Il avait les cheveux d’un noir de jais, coupés courts, dégageant un cou ni trop fin, ni trop épais, juste ce qu’il fallait. Je ne voyais que sa nuque, mais une marque noire derrière son oreille droite m’intrigua. Comme par réflexe, je portais ma main droite derrière la mienne et mes doigts caressèrent un relief que je connaissais par cœur, bien que je ne pouvais pas le voir.

La marque du nouvel élève se trouvait exactement au même endroit que la mienne et dessinait une sorte de symbole. Un trait horizontal et deux vagues verticales qui semblaient s’élever du premier trait. Est-ce que c’était un tatouage ?

Je m’approchai de lui sans m’en rendre compte pour pouvoir mieux distinguer l’origine de cette marque mais je reculai d’un bond lorsqu’il tourna la tête vers moi. Mon cœur s’accéléra dans ma poitrine sous l’effet de la surprise et le rouge me monta aux joues. Prise sur le fait.

Je baissai le regard sur mon classeur mais continuai de l’observer du coin de l’œil alors qu’il faisait de même, puis monsieur Banner me sauva d’un malaise certain en commençant son cours.

Pendant toute la durée du cours, je n’osai plus le regarder, mais l’envie était bien là. Il m’intriguait, cette marque m’intriguait. Je voulais savoir ce que c’était et vérifier quelque chose.
La cloche retentit et je me levai d’un bond plutôt gracieux, rangeant à la hâte mes affaires dans mon sac. Je vis du coin de l’œil qu’il se levait aussi, raide comme un piquet, et je détournai le regard pour le fixer sur Angela qui me regardait d’un air curieux, exprimant ainsi son incompréhension. Je lui souris pour la rassurer et mis mon sac sur mon épaule pour sortir. Je passai à côté de lui sans le regarder, mais j’étais persuadée qu’il m’observait à son tour. Je l’avais bien mérité, je n’avais pas été très discrète tout à l’heure.

- J’ai cru que ça n’allait jamais finir, ce cours, soufflai-je à Angela qui me rejoignit devant la porte.
- C’est quoi ton problème ?
- Moi ? J’ai… j’ai pas de problème ! bafouillai-je.

Je rigolai de manière forcée, sachant pertinemment qu’elle ne se laisserait pas prendre à ma mascarade.
- Ouais c’est ça… répondit-elle de façon ironique. Crache le morceau ! C’est le nouveau qui te fait de l’effet ?
- Non ! mentis-je.

En réalité, il ne me faisait pas d’effet, c’était sa marque qui m’intriguait. Mais elle ne le comprendrait pas.

- Allez, viens, on va être en retard en français.

J’adorais le français et ce cours m’enthousiasmait bien plus que celui de monsieur Banner.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 6 Fév - 17:54

Chapitre 2
Konwal


La cloche sonna enfin et mit un terme à ce cours de mathématiques que je connaissais déjà. Le niveau scolaire en France était bien plus élevé que celui ici, apparemment. A ma grande surprise, je n’eus aucun mal à suivre le cours dans cette langue qui n’était pas la mienne. Je parlais bien anglais, certes, mais j’appréhendais ce premier jour de classe. Je n’étais pas à mon aise ici, et la découverte d’un nouvel environnement me faisait peur.

Mon introversion me desservait sans doute. Mais j’avais pris mon courage à deux mains et m’étais jeté dans la gueule du loup que représentait ce nouveau lycée pour moi.
Mon père, responsable commercial d’un groupe bancaire, avait été muté ici à New York pour développer le réseau de son entreprise. Et je n’eus pas d’autre choix que de quitter ma Bretagne natale pour vivre ce que les gens appelaient le « rêve américain ». Ca ne me plaisait pas de me séparer de mes amis d’enfance, ceux avec qui j’avais grandi, et de tout laisser derrière moi, y compris ma petite-amie, Anna. La séparation fut douloureuse, cela faisait presque un an que nous étions ensemble. Mais vu l’éloignement géographique, nous étions tombés d’accord sur le fait de nous séparer pour de bon, laissant à chacun la chance de vivre heureux au gré de nouvelles rencontres. Mais les sentiments étaient toujours là, profondément ancrés, et cela faisait mal.

Pendant tout le cours de maths, je repensais à cette fille trop curieuse juste derrière moi. Je l’avais surpris à m’observer plus que de raison au début du cours, chose qui me paraissait déplacée. D’accord, j’étais nouveau, mais ce n’était pas une raison valable pour me faire sentir encore plus mal à l’aise que je ne l’étais déjà. Etre la bête de foire du lycée, non merci. J’avais prié pour que cela n’arrive pas, et cette prière semblait être exaucée, sauf par cette fille derrière moi. Je l’avais observée du coin de l’œil, et j’avais remarqué qu’elle avait un regard étrange, mais je ne compris pas pourquoi.

Je me levai, stressé à l’idée de devoir affronter encore un autre cours, bien que cela n’aurait pas dû m’effrayer puisque j’étais certain d’exceller dans celui-ci : français.
Une fois debout, je mis mon cahier et mon stylo dans mon sac que je disposai en bandoulière. Mon petit mètre soixante-quinze me faisait me sentir petit parmi ces géants américains mais aucun regard ne le remarqua. Personne ne me regardait, c’était comme si j’avais toujours fait partie de cette classe. J’en fus soulagé. La fille de derrière passa à côté de moi et je l’observais sortir de la salle. Sa démarche était gracieuse bien que rapide et je la vis attendre son amie près de la porte. Ses cheveux étaient châtain, rien de plus banal, mais je remarquai ses yeux. Même de loin, ils se remarquaient. L’un était clair et l’autre foncé. Des yeux vairons… c’était peu courant, et je n’en avais d’ailleurs jamais vus auparavant.

Les deux filles s’éloignèrent de la salle et je sortis à mon tour. J’ouvris mon emploi du temps que la secrétaire m’avait donné ce matin et vérifiai le numéro de la salle du cours de français. Je retournai la feuille de papier pour lire le plan de l’établissement. Heureusement pour moi, j’avais un bon sens de l’orientation.

J’arrivai dans la salle de cours et me présenta à la professeure qui était par miracle franco-américaine. Nous échangeâmes quelques mots dans la langue de Molière et j’appris qu’elle venait de Bretagne, elle aussi. Quelle heureuse coïncidence ! Elle avait quitté la France à l’âge de douze ans et avait fini par faire sa vie ici, aux Etats-Unis.
Cela me fit le plus grand bien de pouvoir parler dans ma langue maternelle, et un sourire s’étira enfin sur mes lèvres, le premier de la journée. Et pas le dernier, je l’espérais.
Madame Sisto m’invita à rejoindre mes camarades et j’obéis. Je me retournai et vit que la place libre se trouvait à côté de la fille de tout à l’heure qui encore une fois m’observait de ses yeux étranges. Je vis aussi qu’elle rougissait et en m’approchant, ne la quittant pas des yeux, je vis qu’elle était plutôt mignonne avec ses petites taches de rousseur parsemées ici et là sur sa peau ivoire légèrement empourprée au niveau des pommettes.

Nos regards ne se quittaient plus, et ce fut la voix de madame Sisto qui mit fin à cette observation mutuelle et presque impolie.

Mon attention se fixa alors sur la prof de français qui était toute heureuse de me présenter à la classe dans la langue de Shakespeare cette fois, au cas où les autres élèves ne comprenaient pas.

- Bonjour à tous ! Aujourd’hui est un grand jour, nous avons la chance d’accueillir dans notre cours un nouvel élève qui nous vient tout droit de France. Il s’appelle Konwal et vient de la même région que moi : la Bretagne. Je vous présenterai cette région lors de notre prochain cours.

Tous les regards se braquèrent alors sur moi, y compris celui de la fille dont j’ignorais encore le nom. Cette fois-ci, ce fut moi qui m’empourprai. Et je savais que cela se verrait, ma peau était quasiment aussi pâle que celle de la fille. Je réussis tout de même à renvoyer un semblant de sourire, les yeux baissés, accompagné d’un signe de la main.

Madame Sisto reprit la parole, comprenant sans doute mon malaise, et enchaîna avec la leçon d’aujourd’hui : le passé simple.

Pendant le cours, je me retins de rire par deux fois, entendant l’accent très prononcé de deux élèves qui n’avaient pas l’air de comprendre ce qu’ils disaient. Et moi non plus, limite. C’était incompréhensible, autant à cause de leur accent que de leur syntaxe. Lorsque vint le tour de la fille de s’exprimer, elle me surprit. Son français était presque parfait, même si son vocabulaire semblait limité. Elle n’avait pas trop d’accent et sa voix était plutôt jolie. Je la regardais encore une fois, chose qu’elle remarqua aussitôt et je la vis rougir, ce qui me fit sourire. En fin de compte, elle était plutôt intéressante… et amusante.

Madame Sisto m’interrogea à plusieurs reprises et me pria de corriger les fautes que mes camarades faisaient, et je m’exécutai. Je voyais que certains élèves étaient verts de jalousie de me voir parler aussi parfaitement français. Je devais bien l’admettre, le français n’était pas une langue facile à apprendre, bien plus compliquée que l’anglais, et j’étais heureux de l’avoir eu comme langue maternelle. Cela m’épargnait beaucoup d’efforts.

- Aurore arriva à la maison et déposa son cartable près de son bureau.

Je souris en récitant la phrase sans faute à voix haute, en essayant de ne pas parler trop vite pour que les autres élèves puissent comprendre.
Madame Sisto avait l’air d’apprécier mes interventions, son visage était radieux, et son enthousiasme flagrant.

- Vous voyez, ce n’est pas compliqué, dit-elle d’une voix aiguë. Merci Konwal.

Mais de rien, pensai-je, amusé. Je sentais que les cours de français allaient être plaisants, moi qui, au contraire, m’attendais à m’ennuyer comme un rat mort.
J’écoutais la prof parler d’une oreille distraite, n’ayant aucunement besoin de me concentrer pour la comprendre, et j’observai ma gauche, le regard attiré par cette fille au regard étrange. Elle était accoudée et prenait consciencieusement des notes avec sa main gauche, la tête légèrement appuyée sur sa main droite. Je la vis ensuite mordiller son crayon, fascinée par ce que disait madame Sisto. Je mettais ma main à couper que le français était l’une de ses matières préférées.
Son amie, assise juste derrière elle, me vit l’observer et je détournai la tête aussitôt, comme si de rien n’était, même si je savais qu’elle m’avait vu. Après tout, c’était la fille qui avait commencé ! Elle m’avait regardé bizarrement en cours de mathématiques une heure plus tôt. J’eus conscience que cette pensée était puérile, mais elle était vraie.

- Pour le prochain cours, vous me ferez un exposé de deux pages sur la ville française de votre choix. Vous passerez à l’oral. Et pitié, ne choisissez pas tous Paris ! La France ne se résume pas à sa capitale !

Je ris intérieurement à la remarque de madame Sisto, pensant immédiatement que ceci n’était pas l’avis des parisiens.
Je me demandais ensuite sur quelle ville je pouvais bien faire mon exposé mais avant que j’en trouve la réponse, la prof m’interpela.

- Konwal, tu pourras nous présenter la ville d’où tu viens ! Ca sera intéressant de connaître ta vie en France, je suis sûre que les autres vont adorer.

Tous les regards se braquèrent encore une fois sur moi et j’essayai de sourire à nouveau, imaginant que ce que les autres percevraient ressemblerait certainement plus à une grimace qu’à un sourire.

- D’accord madame, répondis-je sans broncher, bien que l’idée ne me plût pas vraiment. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire d’intéressant sur Brest ? J’aimais cette ville, mais raconter ma vie là-bas, je n’étais pas sûr de pouvoir y arriver, surtout devant tous mes camarades de classe.

Je sentis à nouveau le regard de la fille sur moi, mais je n’osai pas le soutenir et restai les yeux fixés sur le tableau blanc où madame Sisto avait écrit les conjugaisons de quelques verbes avec son feutre bleu.

La cloche retentit à nouveau, marquant la fin du cours où j’étais le plus à l’aise. Le suivant était le cours de biologie, une matière où j’étais loin d’exceller, contrairement au français ou même aux maths. Je préférais la physique et la chimie.

Je me levai de ma chaise, un peu raide, et remis mes affaires dans mon sac. En fait, je n’avais rien écrit sur mon cahier, ce qui paraissait évident puisque je connaissais déjà tout.
J’étais prêt à sortir de la salle lorsque madame Sisto m’appela. Je me retournai et elle me rejoignit, ravie.

- Je suis vraiment contente de t’avoir dans ma classe. Tu seras d’une grande aide pour les autres élèves, et je compte sur toi pour leur donner un coup de main s’ils le demandent.
J’acquiesçai d’un signe de tête et d’un sourire timide.
- Et puis je voulais aussi te dire… nous organisons un voyage en France cette année, le tout premier. Les inscriptions sont normalement terminées puisqu’il se fera dans un mois, mais je peux demander au directeur de faire une exception pour toi si tu souhaites nous accompagner. Je suis sûre qu’il sera d’accord. Et puis… ça te donnera l’occasion de retourner au pays. On va justement aller en Bretagne, j’avais vraiment envie de faire découvrir notre région et notre culture aux élèves. Qu’est-ce que tu en penses ?

A vrai dire, je n’avais pas prévu de retourner en France aussi tôt. Et je ne savais pas ce qu’en pensait mon père, même si je me doutais qu’il serait d’accord, rien que d’un point de vue intégration avec les autres élèves de la classe de français. J’haussai les épaules.

- Il faut d’abord que j’en parle à mon père, mais oui, pourquoi pas.
- Oui, bien sûr, parles-en à ton père d’abord. Dis-lui bien que j’aimerais que tu sois des nôtres pour cette fabuleuse aventure !

Madame Sisto me parut bien trop enthousiaste à mon goût par rapport à ce voyage. Qu’est-ce qu’il y avait d’aussi excitant dans la découverte de la Bretagne ? Je ne compris pas, mais peu importait, je la laissai à son débordement d’enthousiasme.
- Je vous donnerai ma réponse au prochain cours.
- Très bien ! A très bientôt alors et… bienvenue en Amérique !
Je lui souris et repris le chemin de la porte pour sortir de la classe. J’ouvris à nouveau mon emploi du temps pour vérifier la salle où se déroulerait le cours de biologie et regardai le plan avec attention.

Une voix que je reconnus tout de suite s’éleva derrière moi. Je me retournai et je vis la fille me sourire. Par réflexe, je lui rendis son sourire et elle s’approcha de moi, son amie toujours à ses côtés. Elle était la première élève à m’adresser la parole aujourd’hui, et je fus content que ce fût elle.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 6 Fév - 18:20

Jkifadonf! Very Happy

Sérieusement c'est vraiment très sympa. En plus j'aime l'idée de changfer de narrateur: très original. Je suis pressée de lire la suite

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 8 Fév - 2:14

Merci Poupex ! Bon ben je te mets la suite... même si t'es la seule à lire !

_____________________________________________________________________
Chapitre 3
La rencontre


Je ne savais pas trop comment aborder le nouvel élève, mais j’en mourrais d’envie. Une fois sortie de la salle, j’attendis Angela devant la porte, observant du coin de l’œil Konwal discuter avec madame Sisto. Son prénom était étrange, jamais je ne l’avais entendu auparavant, et cela ne le rendait que plus intriguant encore. En revanche, lui ne savait toujours pas comment je m’appelais et j’avouai bien volontiers que j’aimais rester mystérieuse. Les garçons aimaient le mystère, à ce que j’avais entendu dire.
Il haussa les épaules alors que je comprenais vaguement qu’ils parlaient du futur voyage en France qui aurait lieu dans un peu plus d’un mois. J’étais tellement impatiente à cette idée, un de mes rêves se réalisait enfin. J’allais pouvoir découvrir la vieille Europe et voir quel était le mode de vie des français. Surtout qu’ils avaient la réputation d’être charmants. Et Konwal en était d’ailleurs un bon ambassadeur, mais je me gardais bien de le répéter à Angela.

Ma meilleure amie resta avec moi près de la porte alors que mon attention était fixée sur les deux français qui parlaient à une vitesse ahurissante, avec des voix monotones. Cela me demanda beaucoup de concentration pour comprendre la moitié des mots qu’ils échangeaient. Je sais, écouter aux portes ne se faisait pas, mais c’était plus fort que moi.
Je ne vis pas qu’Angela commençait à rire à côté, cependant qu’elle m’observait épier les deux français.

- T’inquiète poulette, je crois qu’il t’a remarqué aussi. T’aurais vu comme il t’a reluquée tout à l’heure ! Je l’ai pris la main dans le sac !

J’en voulais à Angela de me parler alors que j’essayais de me concentrer, mais ce qu’elle me dit attisa ma curiosité.

- De quoi tu parles ? demandai-je innocemment alors qu’en moi, je bouillonnai d’impatience qu’elle crache le morceau.
- Ben tout à l’heure, en cours de français. Tu gribouillais sur ton cahier et lui, il te matait, ma vieille. Il avait l’air…

Angela cherchait le bon mot. Intéressé ?

- … captivé. Par toi. Puis elle se mit à rire, considérant cela comme stupide, sans doute.
Je fronçais les sourcils en regardant ma meilleure amie. Elle avait dit « captivé » ? J’étais vraiment captivante ? Moi ? Lui, oui. Il était le petit nouveau, celui qui venait d’un horizon lointain, d’une autre culture. Mais moi ?! Plus banale, tu meurs.
- Captivé ?
- Ben tu sais… intéressé, tout ça, quoi. Je mettrai ma main à couper que tu lui plais déjà. Normal.

Elle me sourit et me donna un coup de coude. J’adorais quand elle faisait cela, me mettre de bonne humeur et essayer de remonter le peu d’estime que j’avais de moi.

- Ouais, c’est ça, soufflai-je, incrédule. Si je l’intrigue, c’est à cause de mon problème d’yeux. Ca déstabilise.

Et c’était vrai. Ces deux horreurs qui faisaient office d’yeux, je les détestais réellement. Je m’étais même renseignée pour porter des lentilles de couleurs pour les cacher, mais ça explosait mon budget, et mes parents étaient contre. Je l’avais très mal pris d’ailleurs, ce n’était pas eux qui étaient atteint d’une difformité !

Alors que j’étais plongée dans mes souvenirs et ma mauvaise humeur qui remontait à la surface, je le vis passer devant moi, le nez plongé dans ce que je reconnu être le plan du lycée. Il avait peut-être besoin d’aide, c’était l’occasion rêvée.

- Salut Konwal.
Au moins, son prénom n’était pas imprononçable du style avec des « r » partout et des lettres muettes.
Je le vis se retourner vers moi et je lui souris pour le mettre à l’aise. Ou alors était-ce parce que c’était ce qu’il m’inspirait ? Il me sourit en retour et je remarquai alors deux petites fossettes se creuser dans ses joues. Il avait réellement sourit, cette fois, pas comme en cours tout à l’heure lorsque madame Sisto l’avait présenté à toute la classe. Le pauvre, je l’avais plaint de tout mon cœur, d’être le centre d’attention de tous, l’espace d’un instant. Je détestais lorsque cela m’arrivait, et heureusement, ces occasions étaient rares.
Je l’observai rapidement, photographiant son image dans mon esprit. J’avais une excellente mémoire visuelle. Il avait quelques poils sur le menton et sur ses mâchoires, un effet mal rasé que je trouvai super craquant, je devais bien l’admettre. Sa peau était pâle, presque autant que la mienne, et lui aussi avait quelques tache de rousseur sur ses pommettes et sur son nez. C’était drôle, nous partagions quelques caractéristiques… en plus de cette marque étrange derrière l’oreille.

Je n’étais pas du genre timide, heureusement, même si parfois je pouvais être déstabilisée à des moments auxquels je ne m’attendais pas. Mais en cet instant, je me sentais confiante, face à cet inconnu qui, je l’espérai, n’en resterai pas un bien longtemps.
- Tu as besoin d’aide pour trouver ta salle ? demandai-je d’un ton naturel et en ne parlant pas trop vite pour qu’il puisse comprendre, au cas où il ne maîtrisait pas notre langue. Je ne l’avais encore jamais entendu parler anglais et j’ignorai donc son niveau.
Angela se pressa contre moi, s’approchant elle aussi de Konwal.
- Euh… je crois que ça ira, je pense voir où se trouve le labo de biologie. Mais merci.
Il parlait bien anglais, avec un accent français distinct, mais pas ridicule. C’était drôle de l’entendre parler ma langue. Je me demandai ce qu’il avait pensé de mon intervention en cours de français tout à l’heure. Si ça se trouve, j’avais eu l’air idiot à mal prononcer les mots ou je ne sais quoi. Puis je lui souris, moi aussi j’avais biologie. Notre emploi du temps devait être le même.
- C’est justement là où on allait, Angela et moi, répondis-je d’un ton avenant, avec toujours ce fichu sourire collé sur mes lèvres. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Puis Angela rigola légèrement et je ne compris pas pourquoi. Elle prit alors la parole.
- Et le « moi », c’est Charisma. Enchantées ! Elle prononça ce dernier mot à la française, ce qui fit rire Konwal.
- Moi de même, répondit-il alors dans sa langue maternelle et tendant la main pour nous saluer comme il se devait.
Je la serrai doucement et sentis qu’il avait la paume légèrement râpeuse mais surtout très chaude. Cela contrastait avec mes mains habituellement gelées.
- C’est par là, dis-je pour les inciter à avancer. Les couloirs étaient quasiment déserts et nous arriverions certainement en retard au cours, mais je n’y prêtai aucune attention, Konwal serait mon mot d’excuse.

Angela marchait légèrement en retrait cependant que je me promenais juste à côté du nouveau. Il n’était pas très grand pour un garçon, seulement quelques centimètres de plus que moi, et je ne portais même pas de talons.

- Alors tu découvres la vie américaine ? Qu’est-ce qui t’amène à New York ?
Il ne me regarda même pas avant de répondre, il était concentré à trouver la salle de biologie, apparemment.
- Mon père a été muté ici et j’ai dû le suivre.
Je constatai avec regret qu’il ne semblait pas heureux d’être là. Et je le comprenais un peu, je me voyais mal partir étudier dans un pays où ils ne parlaient même pas anglais, et sans qu’on me demande mon avis, surtout.
- Tu es arrivé quand ? Je ne voulais pas lui faire passer un interrogatoire, mais des milliers de questions bourdonnaient dans ma tête. Et la patience ne faisait pas partie de mes qualités, ni la diplomatie, d’ailleurs.
Konwal tourna la tête vers moi et m’observa quelques secondes avant de répondre. Mais son visage n’exprimait rien et je n’arrivai pas à deviner quelles étaient ses pensées en cet instant. C’était troublant.
- Il y a quatre jours, me répondit-il du même ton que tout à l’heure.
Je me sentais mal à l’aise, j’avais l’impression de l’ennuyer.
- Désolée…
- De quoi ? demanda-t-il aussitôt. J’en fus surprise. Son ton était monté d’un cran mais soulignait un léger enthousiasme.
- De te poser toutes ces questions. Ce n’est pas très poli, je ne veux pas t’embêter.

Angela et moi échangeâmes un regard curieux. Toutes deux avions l’impression de marcher sur des œufs.

- Non, ça ne me gêne pas. Au contraire.
J’esquissai un sourire alors qu’il faisait de même. Il avait l’air timide, lui. C’était mignon.
- Tu es la première personne à m’adresser la parole dans ce lycée, si on ne compte pas les profs et la secrétaire. Alors tu penses bien que ça me fait plaisir.
Mon sourire s’étirait lentement, mais sûrement. Je lui faisais plaisir, et cela me rendait heureuse.
- De rien. Je mourrai d’envie de lui demander l’origine de sa marque, mais je ne voulais pas en parler devant Angela qui ignorait l’existence de la mienne puisque je la cachais toujours sous mon épaisse chevelure bouclée. Et puis ce n’était peut-être pas une question adéquate à poser lors d’une première conversation. « Salut, mais dis-moi, c’est quoi cette marque que t’as derrière l’oreille ? … Non ! Eh ! Reviens ! » Je rigolai doucement en imaginant la scène et cela attira l’attention de Konwal qui me dévisagea.
- Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ?
Angela s’empressa de répondre à ma place, vendant la mèche.
- T’inquiète pas, elle fait ça tout le temps. Elle est un peu… dérangée ! Elle bougea sa main près de sa tête pour appuyer ses propos et explosa de rire. Konwal et moi nous joignîmes à elle alors que nous approchions du laboratoire de biologie.
- Ne l’écoute pas, elle raconte n’importe quoi !
Je tenais à le préciser tout de même. Je ne voulais pas qu’il me prenne pour une folle dès notre première rencontre, même si cela était certainement vrai.
- Tant que vous me faites rire, moi ça me va. Dérangées ou pas.
Il semblait de meilleure humeur que tout à l’heure, tout comme moi. C’était plaisant de discuter avec lui, même si nous n’avions rien dit d’extraordinaire.
- C’est là, dis-je en montrant du doigt la salle qui se trouvait à quelques pas de nous trois. Le cours de biologie durait toujours deux heures et sa fin marquerait le début de l’heure du déjeuner. Je voulais encore lui parler, alors je tentai ma chance, au cas où nous serions séparés en biologie et avant qu’il ne m’échappe.
- Ca te dit de déjeuner avec Angie et moi après la bio ?
Mon ton se voulait enthousiaste, mais peut-être je l’avais un peu trop accentué. J’avais vraiment envie qu’il déjeune avec nous. Et il me sourit avant de répondre d’un air joyeux.
- Sans problème. On s’attend là après la bio.
- Ca marche !
Je pris Angela par le bras que je pressai certainement un peu trop, mais je me sentais tout d’un coup surexcitée et j’avais besoin de lui parler. C’était urgent.
Elle et moi rentrâmes dans la salle, Konwal nous suivait. Le cours n’avait pas commencé, monsieur Tibbs distribuait les lames à analyser.
- Prenez votre temps mesdemoiselles, nous annonça-t-il d’un ton légèrement réprobateur.
Je m’approchai de lui et lui sourit gentiment en lui expliquant que nous accompagnions le nouvel élève, le français. Il se retourna pour voir de qui je parlai et il l’accueillit chaleureusement. Monsieur Tibbs était un homme jeune, la petite trentaine, et il était toujours sympathique. Il avait ce don de vous faire aimer sa matière qui, à la base, était loin de me passionner. Les cours avec lui étaient toujours plaisants et intéressants et les deux heures semblaient n’en faire qu’une.
Il se retourna alors vers la classe, zyeutant brièvement vers les paillasses et grimaça.
- Je n’avais pas prévu d’accueillir un nouvel élève, le secrétariat aurait pu me prévenir, toutes les tables sont pleines.
Je m’asseyais à ma place habituelle, Angela s’installa à ma droite, un microscope et un petit évier nous séparaient. Je souhaitais lui parler et nous échangeâmes un regard complice. Nous discuterons à la pause déjeuner aux toilettes des filles pour ne pas que Konwal nous écoute.
Monsieur Tibbs s’approcha alors de nous deux et nous parla à voix basse.
- Ca ne vous dérange pas s’il se met avec vous deux ? Puisque vous semblez le connaître déjà un peu.
Je regardai alors Konwal qui tenait fermement son sac en bandoulière contre lui, attendant se savoir où il devait se mettre, puis je répondis à mon professeur.
- Aucun problème !
- Super. Il se retourna vers Konwal et l’intima d’aller s’installer à côté de moi. Il alla chercher son propre tabouret pour le lui donner. Tiens, prends ça et va t’asseoir.
Puis il frappa dans les mains pour attirer l’attention de tous ses élèves et nous donna les instructions à suivre pour l’exercice d’aujourd’hui.
Je ne l’écoutai plus, mon attention était fixée sur Konwal qui sortait ses affaires de son sac alors que je n’avais même pas encore sorti les miennes. Qu’est-ce qu’il était rapide ! Ou alors motivé, je ne savais pas, mais j’en étais impressionnée.

- T’es fort en biologie ? demandai-je pour m’assurer qu’il nous serait d’une quelconque aide.
Il grimaça et nia de la tête.
- Désolé, c’est pas trop ma tasse de thé. Mais je peux me rattraper en physique ou en chimie, si tu veux.
Je ris légèrement et acquiesçai de la tête.
- C’est toujours ça de gagné !

Puis nos regards se tournèrent vers notre professeur qui expliquait le sujet du cours et dévoilait un schéma compliqué au tableau. Je n’avais aucune idée de quoi il parlait et bizarrement, je m’en fichais. J’étais étrangement sereine et heureuse.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Dim 8 Fév - 18:02

J'aime beaucoup! Et je ne partage pas tes réserves quant à tes qualités d'écriture : tu t'exprimes très bien, c'est fluide, léger, agréable.
On en redemande! :)
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 9 Fév - 11:56

lily a écrit:

On en redemande! :)

C'est clair! Very Happy

J'aime vraiment l'histoire. Quand va-t-on savoir ce qui lie Konwal et Charisma ?!

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 9 Fév - 13:45

Suspense... Je ne vais pas te dire ! Razz

______________________________________________________________________
Chapitre 4
Mensonges et révélations



La paillasse était déjà étroite et je dus m’installer à côté de Charisma. Je connaissais son nom, désormais. Etrange comme nom, d’ailleurs, je ne l’avais jamais entendu auparavant. Mais ça lui allait bien, cette fille dégageait quelque chose de particulier. Quelque chose d’intriguant, pour ne pas dire fascinant. Ses yeux jouaient forcément dans la balance, mais ce n’était pas que cela. Et je me doutais que son prénom était le mot que je cherchais. Elle avait du charisme, malgré son semblant de fragilité certainement dû à sa peau pâle et ses petites taches de rousseur qui la rendait toute mignonne.

Nous échangeâmes quelques propos puis refixions notre attention sur les explications du professeur dont j’ignorai le nom, je n’avais pas pris le temps de vérifier sur mon emploi du temps. Peu importait. Je dus me concentrer pour comprendre tout ce qu’il disait, il parlait vite, trop vite, et surtout, la biologie n’était pas ma tasse de thé, comme je venais de le préciser à Charisma. J’ouvris mon cahier et saisit mon stylo bille pour y laisser quelques notes. Cela n’était pas facile, je n’avais pas beaucoup de place, surtout que Charisma, à ma droite, était gauchère. Je me positionnai le plus possible sur ma gauche pour laisser le champ libre, mais mon cahier manquait de tomber dans le vide. Je levai les yeux pour vérifier qu’elle était plus à l’aise que je ne l’étais, et nos regards se croisèrent. Je ne pouvais pas m’en empêcher, mes yeux restèrent fixés sur les siens. Ils étaient captivants. Je ne les avais jamais vus d’aussi près et vis des éclats rougeâtres dans l’abîme de son œil marron, et une sorte d’étincelle doré sur le côté. Vraiment fascinant. Mais le spectacle prit fin lorsqu’elle cligna des paupières, fuyant mon regard. Je ne fus même pas désolé de l’avoir mise mal l’aise, je voulais encore apprécier chaque nuance de ses yeux si différents l’un de l’autre.
Quelques secondes plus tard, je réalisai que je n’écoutai plus le professeur qui venait à nouveau de taper dans ses mains, ce qui me sortit de ma réflexion contemplative.
Je vis les autres élèves s’affairer autour des microscopes et je décidai de laisser les filles prendre les devants. A trois sur un pauvre microscope, cela s’annonçait un peu difficile.

Angela plaça une première lame sous l’objectif et colla son œil à la machine, observant un long moment à l’intérieur. Inconsciemment, je fis tourner mon stylo bille autour de mon pouce, une habitude que j’avais prise avec les années, gagnant à chaque fois encore un peu plus de dextérité. Le spectacle devait être impressionnant pour les autres, mais je ne m’en rendais pas compte. Mes yeux ne quittèrent pas Angela qui finit par se redresser en soupirant.

- Je vois rien. Essaie, toi.
Elle poussa le microscope vers Charisma qui se pencha à son tour pour y jeter un œil. Je l’observai à son tour, espérant secrètement qu’elle trouverait de quoi il s’agissait, car il ne valait mieux pas compter sur moi pour trouver. Si à trois nous n’étions même pas fichus de trouver une bonne réponse, je décrèterais alors que nous étions des causes perdues.

- Si ! C’est la… Charisma se redressa et regarda son manuel et pointa une photo du doigt… réponse B ! Hein Konwal ?

Je me redressai sur mon tabouret et me racla la gorge, comme si ça pouvait m’aider à confirmer ses dires. Je retroussai mes manches et me levai pour aller me pencher à mon tour au-dessus du microscope. Je ne vis rien d’autre que de jolies petites formes vertes. Alors je me remis à ma place et jeta un œil sur le manuel où le doigt de Charisma montrait toujours la photo qui était censée représenter ce que j’avais été censé voir dans le microscope. Ce n’était pas vraiment gagné.

- Peut-être… répondis-je, penaud. J’étais désolé de ne pas pouvoir aider plus.
- Oh on s’en fiche, on a qu’à mettre ça, après tout !
Oui, autant choisir quelque chose, on ne savait jamais, par un heureux hasard…

Je remis mon cahier droit pour noter la réponse et mon bras frôla celui de Charisma qui écrivait elle aussi. A ce contact, des frissons me parcoururent le bras droit, allant de la main jusqu’à ma nuque. J’en fus surpris et regardai discrètement vers Charisma pour voir si elle aussi avait ressenti cela. Je la vis s’arrêter d’écrire et je notai que ses poils presque blonds s’étaient hérissés sur son bras, elle aussi. Je relevai les yeux sur son visage et constatai qu’elle me regardait elle aussi. Mais nous gardions tous deux le silence et j’essayai de faire en sorte que mon visage n’exprime rien. Et j’étais fort à ce jeu-là. Je regardai à nouveau mon cahier d’une manière naturelle alors que dans ma tête, je sentais un bouillonnement gronder. Cette fille était réellement bizarre. Et elle arrivait à m’atteindre, moi qui d’habitude me sentais intouchable. Et puis je m’interdisais de ressentir pareilles choses alors qu’Anna était encore présente dans mon cœur et mon esprit. Je mis donc ces frissons sur le compte d’une réaction biologique et physique normale entre deux être humains, sans que cela ne cache quoi que ce soit d’émotionnel derrière.

Mais tout de même… c’était étrange.

Les deux heures de biologie passèrent à une allure inespérée et nous réussîmes à finir tous les exercices à temps. Angela avait tout noté sur une feuille à part que nous rendîmes au professeur avant de quitter la salle.

J’avais faim, et j’espérais que le menu de la cafétéria fût assez copieux pour assouvir mon appétit. Je n’étais pas gros, je pesais dans les soixante-dix kilos, mais je mangeais énormément.

- Je pense qu’on a pas mal réussi, si vous voulez mon avis.

Angela semblait satisfaite de notre travail en biologie, ce qui n’était pas forcément mon avis. Mais peu importait, ça n’aurait pas pu être pire que si j’avais été seul.

- On verra bien. Je ne m’attends pas à des miracles, en France, j’avais toujours en dessous de dix en biologie.

Les filles me regardèrent bizarrement et ne semblaient pas comprendre. Je percutais alors en pensant qu’ici, la notation était toute autre.

- Dix sur vingt. En France, nous sommes notés avec une note sur vingt, zéro étant la plus mauvaise, et vingt la meilleure. Et donc, en bio, je n’atteignais même pas dix.
- Ah d’accord, firent-elle en chœur.
- C’est bizarre votre façon de noter. Enfin… j’imagine que la nôtre doit te sembler tout aussi bizarre. Charisma émit un léger rire et je la regardai faire. Son visage rond était harmonieux avec des proportions généreuses, autant pour ses pommettes que pour ses lèvres d’un rose pâle.
- Oui, mais j’imagine que je vais m’y faire, comme pour tout.

Les portes de la cafétéria s’ouvrirent et le brouhaha atteignit aussitôt mes oreilles, mêlé à des bruits métalliques de couverts qui tombaient ou qui tintaient dans les assiettes.
L’odeur de la nourriture envahit mes narines et je ressentis un grondement fort au creux de mon estomac. Le menu était affiché au début de la queue pour prendre les plateaux et je le lus avec grand intérêt. Pour mon premier repas, je me laissai tenter par le menu gastronomique de l’Oncle Sam : double-cheeseburger et frites.

- Bon choix, m’informa Charisma alors que le serveur me tendait mon assiette. Je lui souris en retour et posa l’assiette sur mon plateau que je fis glisser jusqu’à la caisse. La dame fit glisser ma carte de lycéen dans la fente et me souhaita bon appétit. Je n’allais pas en manquer, j’en étais certain.

Nous nous installâmes à un bout de table libre et je faisais face à Charisma qui avait choisi le même menu que le mien.

- Bon appétit ! annonçai-je en français. Elles me sourirent et répondirent de même. J’enfonçai mes dents dans le burger moelleux et encore tiède, de la sauce dégoulina sous la pression et tomba sans éclaboussure dans mon assiette, à moitié sur mes frites. J’émis un signe d’entière satisfaction en mâchant ma première bouchée. Les américains savaient faire les hamburgers, ça, il n’y avait pas de doute. Cela amusa les filles qui se regardèrent d’un air complice et se mirent à rire. Je leur accordai un sourire alors que je déglutissais.

- On n’a pas ça en France ! dis-je pour ma défense.
Charisma éclata de rire et répondit aussi sec.
- Vous, vous mangez des cuisses de grenouilles et des escargots, c’est dégueu ! Tu m’étonnes que tu savoures notre cuisine !
Je ris à sa remarque.
- Par contre, ça, on a, dis-je en prenant une frite entre mon index et mon pouce. D’ailleurs, elles portent notre nom ! French fries, c’est ça ?
- C’est ça. Mais ne t’attribue pas tous les mérites quand même… Angela me fit un clin d’œil amusé et piqua sa fourchette dans son plat de macaroni au fromage. Autre spécialité culinaire d’ici.

Le silence regagna notre groupe et nous continuions à dévorer nos assiettes, sans piper mot. Ca n’était pas désagréable de manger dans le silence. A vrai dire, j’étais tellement affamé que je me retenais de parler, préférant manger.
Mais Charisma brisa le silence et recommença à me questionner. Elle était curieuse, et ça me plaisait, finalement. Car ce n’était pas de la curiosité mal placée. Elle avait l’air de s’intéresser aux autres et à ce qui l’entourait.

- Tu es venu ici qu’avec ton père ? Pas d’autre membre de ta famille ?
Un souvenir douloureux remonta à la surface et je fronçais les sourcils avant de lui répondre.
- Ma mère est morte quand j’avais neuf ans et je n’ai pas de frère, ni de sœur. Donc oui, je suis seul ici avec mon père. Je me refusais de paraître attristé et relançai la conversation. Et vous ? Filles uniques ?
Je remarquai que Charisma s’était arrêtée de mastiquer lorsque je lui révélai la mort de ma mère, et elle paraissait bloquée dans cette position, la bouche entrouverte.
- T’inquiète pas, ça va, dis-je pour la rassurer.
- Vraiment désolée… c’est tout moi ça, je mets toujours les pieds dans le plat.
- Pas de souci, ça remonte à longtemps.
- Oui, mais quand même.
Angela coupa court au malaise et répondit à ma question.
- Moi j’ai une petite sœur qui a dix ans, Emmy. Une vraie peste !
- C’est clair, confirma Charisma en soupirant.
Je ne connaissais pas cette fameuse Emmy, mais elle avait l’air de tenir la réputation qu’elle s’était faite.
- Et toi Charisma ?
- Angela peut mieux répondre à ta question que moi, hein Angie ? Je vis Charisma donner un petit coup de coude à son amie et je me retournai alors vers elle. Ses pommettes s’étaient embrasées et je sentis mes lèvres s’étirer en un sourire amusé.
- Ca sent le grand frère hyper craquant à plein nez, ça, annonçai-je.
Angela lança un éclair du regard à sa meilleure amie qui se mit à rire.
- Exactement ! me confirma Charisma.
- Ouais bon, ça va… j’y peux rien si ton frère est canon !
- Oui, il a pris tous les bons gènes sans rien me laisser, je le déteste.

Je voulus répliquer pour la contredire, mais je m’arrêtai aussi vite que l’idée m’était venue. Je pensais effectivement que cette dernière remarque n’était pas justifiée, Charisma était… captivante. Ce qui n’était pas donné à tout le monde. Angela était plutôt jolie dans son genre, blonde, grande et fine. Yeux bleus. Le stéréotype américain pur. Mais Charisma était un mélange de beauté, d’harmonie et de mystère. Je pensai alors qu’elle devait avoir beaucoup de succès avec la gent masculine.

- Donc, j’ai un grand frère, que certaines qualifieraient de canon, et elles sont nombreuses ici. Il s’appelle Jake, et tu entendras parler de lui bien assez tôt, j’en suis sûre.
Cela m’intriguait et je haussai un sourcil interrogateur.
- En bien ou en mal ?
- Les deux, répondirent-elles encore une fois en chœur avant de rire.

D’un seul coup, un vacarme gronda derrière moi, tout un groupe de personnes venait d’entrer dans la cafétéria, et ils étaient loin d’être discrets.
- Quand on parle du loup…
Alors je me retournai pour voir ce qu’il se passait. J’eus l’impression d’assister au remake du débarquement sur les plages normandes, sauf que là, c’était à la cafétéria et que les garçons arboraient une autre tenue que celle de soldat. Ils avaient tous un maillot de ce que je pensais être du football américain, mais je n’en étais pas certain. Ils avaient l’air complètement excités et parlaient fort, sans aucune gêne.
- Ah… je vois, fis-je plus pour moi-même que pour les filles.
- Je te l’avais dit ! Je me retournai pour faire face à Charisma et nota que son visage s’était légèrement renfrogné. Elle ne devait pas porter son frère dans son cœur, c’était la déduction que je pouvais en faire.
- C’est la star du lycée ?
- Ouais, on peut dire ça. Le quarterback de l’équipe de football, les Lions, champions de l’Etat de New York l’année dernière.
- Je ne connais pas ce sport, en France on appelle ça le football américain, ça veut tout dire. Ce n’est pas très connu chez nous.
Charisma me sourit et une étincelle s’alluma au fond de ses yeux.
- C’est décidé, je m’exile en France !
- Moi j’aime bien le football, chouette sport, remarqua Angela, ce qui fit rire sa meilleure amie.
- Tu aimes surtout les joueurs ! Petite menteuse… elle la taquinait et Angela lui tira la langue d’une manière puérile mais amusante.
J’étais heureux d’avoir trouvé deux camarades que je pensais pouvoir en faire aisément des amies, avec le temps. Leur complicité était touchante et je la jalousais un peu, je devais l’avouer. Mes meilleurs amis, Adrien, Erwan et Sophie, me manquaient déjà, et pourtant, cela ne faisait que quatre jours que je les avais quittés. Je me demandais ce qu’ils faisaient à cet instant, calculant à toute allure quelle heure il était à Brest, et j’en conclus qu’ils étaient certainement chez eux, s’apprêtant à dîner.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 9 Fév - 13:45

(Suite chapitre 4)

La voix de Charisma me fit sortir de mes pensées et je fixai mon attention à nouveau sur elle, le visage détendu et ouvert.
- Alors, tu aimes quoi dans la vie ? Loisirs ? Passions ?
Bonne question. Charisma plissa légèrement les yeux, d’un air suspect. Je ne compris pas pourquoi elle faisait cela, et réfléchissait à ma réponse. Pour dire la vérité, je n’avais pas de passions à proprement parler. J’aimais des tas de choses, mais de là à les appeler passions, non.
- J’aime beaucoup dessiner. Marcher aussi, me promener. Et je fais aussi un peu de musique.
Charisma et Angela me regardèrent avec un air impressionné, ce qui me fit sourire.
- N’allez pas croire que je suis un artiste, hein !
Angie se pencha légèrement vers moi et continua l’interrogatoire.
- Tu joues d’un instrument ? J’adorerais faire ça ! Tu composes ? Tu écris des chansons ?
Apparemment, Angela aimait la musique. Je me remémorai ses questions et lui répondis en regardant au loin alors que je réfléchissais.
- Oui, non et… j’essaie.
- Waouh ! Quel instrument ? J’ai essayé la guitare mais j’ai vite abandonné. Ca ruinait ma manucure.
- Genre… fit Charisma d’un ton amusé et ironique. Elle regarda les mains de son amie et je fis de même. Angela n’avait en aucun cas des mains manucurées.
- Ouais bon, c’est parce que c’était trop difficile ! avoua-t-elle d’un ton faussement énervé.
Je m’adossais à mon siège et commençai à jouer avec ma fourchette intacte.
- Je joue de la guitare et du piano. Je prenais des cours, en France. Je sais pas si je vais continuer ça ici, et puis surtout, mon piano est resté là-bas, je sais pas si mon père va en acheter un ici, ou même en louer un.
Je relevai les yeux de ma fourchette pour regarder Angela et lui sourit.
- Mais j’ai ma guitare. Si jamais tu veux persévérer, je peux te donner quelques cours particuliers.
Je sentis Angela mal à l’aise tout d’un coup, elle gigotait dans son siège. Elle lança un regard furtif à sa meilleure amie et je me demandai si je l’avais blessée. Puis je me répétai mes mots et j’émis l’hypothèse qu’elle devait penser que cela était une technique de drague, je l’avais invitée à être seule avec moi. Mais je ne relevai pas.
- Euh… merci, mais je crois que la guitare restera qu’un rêve pour moi.
- Ca ne devrait pas. Si tu aimes ça, tu devrais en jouer. C’est vraiment pas compliqué ! Le plus dur, c’est de s’y mettre.
Charisma nous observait, avec un visage impassible. Puis elle prit la parole à son tour.

- Donc tu dessines ? C’est toi qui as fait le dessin de ton tatouage derrière l’oreille ?
Je tressaillis lorsqu’elle amena ce sujet sur la table. Mon « tatouage »… C’était donc ça qu’elle regardait ce matin lorsque je l’avais surprise. Je sentais mon visage chauffer légèrement et je me redressai sur ma chaise, accoudé à la table. Je m’efforçai de paraître normal devant elle.
- Oui je dessine. Un peu de tout, des paysages, des portraits… Et non, ce n’est pas moi qui ai dessiné mon… tatouage.
Si elle croyait que c’était cela, alors je rentrai dans son jeu, j’en avais l’habitude. Tout le monde pensait qu’il s’agissait d’un tatouage, mais cette marque que j’avais derrière l’oreille n’en était pas un. Elle était apparue il y a deux ans, sans que j’en connaisse la raison. Du jour au lendemain, elle était là. Je l’avais faite analyser par un docteur spécialisé, mais il en avait déduit que c’était une marque comme un grain de beauté, mais qui dessinait une forme particulière. Elle était bénigne. Néanmoins, je n’en étais pas resté là, j’avais voulu savoir ce qu’elle signifiait, car le symbole qu’elle dessinait était bien distinct. Je m’étais lancé dans quelques recherches succinctes, en vain.
- Désolée pour ce matin, c’était ça que je regardais lorsque tu t’es retourné. Tu m’as fait peur sur le coup, et vraiment désolée, je ne voulais pas être grossière, à t’observer comme ça. Mais je le trouve très joli, en tout cas.
Angela ne voyait pas de quoi Charisma et moi parlions et cela se lisait sur son visage. Alors je me rapprochai d’elle et tourna la tête pour qu’elle puisse voir.
- On parle de ça, dis-je doucement.
- Waouh ! La classe ! Mon père me tuerait si je me faisais faire un tatouage. T’as du bol. Ca fait mal ?
Question habituelle à laquelle je donnai ma réponse habituelle.
- Non. Et puis… il est tout petit.
Et je changeai de sujet car parler de cette marque m’était plutôt inconfortable. Je n’aimais pas penser que j’étais bizarre, avec cette chose imprégnée dans ma peau sans que je sache pourquoi ni comment.
- Et vous ? Vos passions ?
Je lus sur le visage de Charisma qu’elle doutait de quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Pourtant, j’avais eu l’impression d’être naturel alors que je parlai de mon « tatouage ». Est-ce qu’elle mettait mes paroles en doute ? Je ne voyais pas pourquoi.
- Moi je fais de la photo. Et j’aime marcher, comme toi. Ca me permet de découvrir des endroits insolites pour quelques clichés. Et puis, j’aime beaucoup lire.
Charisma avait parlé vite, je la compris, mais je notai un léger empressement dans son ton. Puis elle regarda sa montre, puis Angela. Leur complicité se lisait encore une fois dans leurs yeux. Et elle se tourna enfin vers moi et pris un air sérieux.
- Tu nous excuses un moment ? Il faut qu’on aille « se refaire une beauté » avant de retourner en cours. Finis ton dessert, on revient.
J’acquiesçai silencieusement et saisit ma pomme alors qu’elles se levaient sans bruit. Charisma tenait fermement Angela par le bras et mes yeux les suivirent jusqu’à ce qu’elles disparussent derrière une porte où un petit panneau indiquait « Ladies ». Je compris qu’elles n’avaient pas réellement besoin de se « refaire une beauté », mais plutôt qu’elles mourraient d’envie de débriefer sur notre conversation. L’idée me plaisait dans un sens, car je suscitais un certain intérêt. Son intérêt à elle.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 11 Fév - 1:53

heuuuu... tu penses poster quand la suite? tongue
T'écris vachement bien, qu'est ce que tu racontes?!
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 11 Fév - 20:55

Ayé t'es accro ?
Allez, je te mets 2 chapitres à la suite, j'ai écris jusqu'au chapitre 13 là, mais j'attends que tu les lises et que tu me donnes tes impressions au fur et à mesure. Votre avis m'intéresse !!!

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Chapitre 5
Discussion



Sa façon d’avoir dit « tatouage » m’avait plus qu’interpelée. Comme s’il avait hésité à prononcer ce mot. Mes doutes s’étaient confirmés et je ressentis aussitôt le besoin urgent de parler à Angela. Konwal était vraiment étrange, et je me rappelais ce que j’avais ressenti en cours de biologie lorsque nos bras s’étaient frôlés. Des frissons s’étaient répandus dans tout mon corps, et nous nous étions regardés. J’avais essayé de cacher mes émotions mais je n’étais pas certaine d’y être parvenue. Et puis j’avais détourné le regard, gênée. Je n’avais pas l’habitude de ressentir ce genre de choses, de sensations. Du plaisir et de la peur, simultanément. C’en était troublant.
Je répondis à sa dernière question rapidement, tellement que je n’étais pas certaine qu’il en eût saisi chaque mot. Je devais m’habituer à ne pas parler trop vite en sa présence, mais c’était difficile.

Je pris Angie par le bras et nous nous levâmes, direction les toilettes des filles. Je devais avoir une petite discussion avec ma meilleure amie.

Je poussai la porte avec force et elle claqua si fort sur le mur derrière elle qu’elle ricocha et commença à se rabattre sur nous. Je l’enfonçai d’un coup de pied vigoureux et elle se referma dans notre dos. La pièce était déserte et je me retournai vers Angela, croisant mon regard dans l’immense miroir à côté de nous. Mes traits paraissaient inquiets alors que je ne l’étais pas.

- Faut que je te dise un truc, annonçai-je d’un ton grave.
Angela me regarda en fronçant les sourcils puis elle croisa les bras sur sa poitrine, attendant que je m’explique.
- Promets-moi de ne pas flipper, OK ?
- Pourquoi je flipperai ?
- OK ?
- OK OK… c’est bon, promis.
- C’est son tatouage… tu sais, ce matin, je l’avais regardé de près, comme j’ai dit tout à l’heure.
Je guettai la moindre réaction sur le visage de ma meilleure amie mais ne vis rien. Elle attendait la suite.
- … Et… ben si je l’ai regardé comme ça, c’est parce que…
J’hésitais à tout lui dire. J’avais jusqu’alors gardé tout cela pour moi, personne d’autre n’était au courant, pas même ma meilleure amie. Mais aujourd’hui, je ne pouvais plus garder ce secret, il fallait qu’elle sache et que je me libère de ce poids. Je levais alors mes mains tremblantes jusqu’à mes cheveux bouclés et les enroulai autour pour les tenir en queue de cheval. Je savais qu’Angela aurait une réaction excessive en voyant ce que je m’apprêtai à lui dévoiler.
- Son « tatouage » n’en est pas un… je crois.
Et je me tournai de façon à ce que ma meilleure amie voie la marque que j’avais moi aussi derrière mon oreille. Elle était quasiment identique à celle de Konwal, légèrement en relief.
Je sentis les doigts glacés d’Angela me frôler la nuque cependant qu’elle regardait de plus près. Son souffle effleura mon cou et j’en eus des frissons.

- Sans dé-con-ner ! J’y crois pas ! C’est une blague ?
Elle se redressa et se mit face à moi, les yeux exorbités de surprise. Puis elle leva son index pour désigner ma marque et reprit la parole alors que je continuai de garder le silence, ne sachant trop quoi dire, et remettant mes bras le long du corps.
- Et tu m’as jamais montré ça ! J’y crois pas ! Pourquoi ?
- Ben… je sais pas. Je me sens bizarre, tu vois. C’est pas un tatouage, Angie. C’est une marque qui est arrivée là par la volonté du Saint-Esprit ! Encore un truc chelou chez moi. Déjà que je suis pas gâtée avec mes satanés yeux… J’avais… pas trop envie que… tu me poses des tas de questions dessus et tout ça…
Mes idées s’embrouillaient, je ne savais pas trop comment expliquer les choses. Lui expliquer pourquoi je lui avais caché tout ça. Lui expliquer d’où ça venait… surtout que je n’en avais pas la moindre idée.
- Et t’as ça depuis quand ?
- Ca va faire presque deux ans.
- Attends, refais voir !
Je repris mes cheveux châtain et bouclés dans mes mains et lui remontrai. Elle l’observa encore un moment et fronça les sourcils à nouveau, je pouvais le voir dans le miroir.
- C’est quasiment la même que son tatouage, c’est dingue !
- Je suis sûre que ce n’est pas un tatouage pour lui non plus. T’as pas remarqué comment il a changé de sujet ? Et puis sa façon de dire « tatouage », c’était pas naturel.
- Tu crois ?
- Ouais, je le sens. Je peux pas te dire pourquoi, mais Konwal est… étrangement fascinant… pour moi.
- Oui, j’avais cru remarquer ! plaisanta-t-elle. Sauf que moi, je n’avais aucune envie de plaisanter. Ce n’était pas le moment.
- Je rigole pas, Angie. C’est TROP bizarre cette histoire !
- Mais vous n’avez pas la même marque, la sienne n’a qu’un seul trait horizontal, toi tu en as deux l’un sur l’autre. Par contre… ouais, c’est les mêmes petites vagues verticales. Pareilles.
- Je sais. Je me reculai d’elle et laissai mes cheveux retomber sur mes épaules. Finalement, elle avait l’air de le prendre plutôt bien, que sa meilleure amie soit anormale.
Angela s’approcha de moi et posa ses mains sur mes épaules. Elle me regardait bien en face, plongeant son regard dans le mien. Le sien se voulait rassurant, je crois.
- T’inquiète pas, même avec tes « bizarreries », tu seras toujours ma meilleure amie.
Elle avait dû ressentir l’angoisse qui commençait à monter en moi.
- Y a plutôt intérêt, ouais ! fis-je d’une manière la plus décontractée qui soit, esquissant un sourire.
- Un autre mystère à élucider. Elle marqua une pause et leva un sourcil circonspect vers moi. Et… comment elle est apparue ? Ca t’a fait mal ? C’était quand exactement ?
J’avais du mal à me souvenir le jour exact, mais c’était au mois de mai il y a deux ans. Je faisais l’andouille avec mon appareil photo, comme d’habitude, et l’essayais en prenant des clichés chez moi. J’avais les cheveux attachés, chose que je me permettais à l’époque, et m’étais postée dos au miroir. Le flash m’aveugla et je regardai le résultat. Ce fut là que je la vis pour la première fois, dans mon reflet derrière moi. J’avais agrandi la photo sur mon ordinateur et je vis le symbole qui s’était incrusté dans ma peau sans même que j’en fusse au courant. Depuis ce jour, je l’avais toujours dissimulée avec mon épaisse chevelure bouclée. Chez moi comme dehors. Chez moi car si mes parents l’avaient vue, ils auraient tout de suite pensé à un tatouage et j’étais certaine que j’aurais eu droit à des représailles d’avoir « mutilé » mon corps. Non merci. Et puis dehors, parce que j’aurais eu droit à tout un tas de questions, et j’étais archi nulle pour le mensonge. Et Angie l’aurait tout de suite deviné.
- Je sais pas comment elle est apparue, je n’ai rien senti. C’était en mai, il y a deux ans. Enfin c’est là que je l’ai vue la première fois, je pense pas qu’elle soit apparue longtemps avant, sinon tu l’aurais remarquée quand j’avais les cheveux attachés, ou mes parents, ou Jake.
- Mmmh… c’est vraiment étrange ton truc. C’est peut-être une marque laissé par des extra-terrestres ! Si ça se trouve, vous vous êtes fait kidnapper par des petits hommes verts et vous ne vous en souvenez plus !
- Arrête tes conneries, Mulder !
- Ooooh fais pas ta Scully. C’est possible ! Enfin moi, j’y crois.
- Tu crois à tout, toi. C’est ça le problème.
Angela haussa les épaules, sans broncher pour autant. Elle savait que j’avais raison. Angie faisait partie de ses personnes qui aimaient bien croire à tout et qui voyaient toujours le côté positif de chaque chose. Tout l’inverse de moi, en somme. Etrange qu’on soit pourtant si amies, elle et moi.
Une fille entra à ce moment-là dans les toilettes et je regardai Angie en soupirant. Notre conversation n’était désormais plus privée alors je préférai éviter de parler de ma marque et du mystère qui l’entourait.
- Bon sinon, tu le trouves comment ? Je ne citai pas son prénom, histoire que la nouvelle venue dans les toilettes ne comprenne pas de qui nous parlions.
- Je l’aime bien. Un peu trop direct quand même, t’as vu, il m’a proposé des cours de gratte alors qu’on se connaît depuis quoi… trois heures !
Cela me fit rire. Moi, j’aimais bien sa façon d’être.
- Tu pouvais accepter, tu sais ! Je m’en fiche que vous preniez des cours tous les deux, seuls.
- Mouais… tu vas pas me faire croire ça.
- Si ! Je te jure ! Et puis toi, t’as Ben. Je sais qu’il ne t’intéresse pas.
- Et qu’est-ce qui te dit qu’il ne m’intéresse pas ? Son petit accent est quand même super mignon. Sans parler de son côté « mal-rasé » plutôt viril.
- Il est pas assez musclé, c’est simple. Toi ton genre, c’est footballeur.
Nous rîmes en chœur, sachant toutes les deux que j’avais raison. Puis elle regagna son sérieux et je fis de même.
- Mais à toi, c’est ton genre. Artiste, des petites fossettes, français… Elle dit le dernier mot tout bas pour ne pas donner trop d’information à l’intruse. Vas-y ma puce ! Fonce ! Je sens qu’il y a quelque chose entre vous. Je peux pas te dire pourquoi, mais je le sens.
Moi aussi je le ressentais. Mais trop de choses m’empêchaient de foncer.
- Arrête, si ça se trouve, il a une copine là-bas, et puis même si je sens qu’il y a un truc, peut-être que j’ai tout faux. Mais… cette marque, Angie, c’est ça qui m’intrigue le plus.
J’étais ce genre de filles qui voyaient des signes partout. Pour tout et n’importe quoi. Alors cette marque m’amenait forcément à me dire qu’il y avait une raison sous-jacente. Que lui et moi… ce n’était pas anodin.
- Ben s’il a une copine, je la plains, parce que je sais qu’elle va vite être effacée de sa mémoire, elle fera pas le poids à côté de toi !
Angie m’envoya un clin d’œil et je lui souris. Elle avait toujours le chic de me mettre de bonne humeur et de me dire ce que j’avais envie d’entendre.
La fille repassa devant nous et se lava les mains, puis elle sortit un gloss de sa poche et s’en remit une tartine alors que nous l’observions en silence. Elle nous jeta un coup d’œil furtif et contempla son reflet dans le miroir, un reflet qui avait l’air de lui plaire.
Puis elle sortit et nous nous retrouvâmes à nouveau seules.
Je me regardais à mon tour dans le miroir et soupira. Je ne savais pas quoi faire, tout m’attirait chez Konwal. Et cette mystérieuse marque encore plus que le reste.
- Tu crois que je dois lui parler de nos marques ?
Angie grimaça tout en réfléchissant.
- Je sais pas. Peut-être pas maintenant. Attends de le connaître mieux, ça sera mieux, je pense.
- Ouais, t’as raison. Bon, on va peut-être y retourner parce qu’il va commencer à se demander ce qu’on fait ici.
- Yep. Allons-y.
Angela ouvrit la porte et la tint pour que je passe devant. Tout en regagnant la table, je réfléchissais. C’était marrant, ce matin en me levant, j’étais persuadée que cette journée allait être aussi pénible que d’habitude, aussi peu intéressante pour ne pas dire aussi chiante. Mais là, je ressentais tout le contraire. Une excitation m’avait envahie, et j’avais le sentiment et l’espoir que ma vie allait changer. Et c’était grâce à lui.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 11 Fév - 21:01

Chapitre 6
Retrouvailles


Les filles avaient mis du temps à se « refaire une beauté ». J’avais remarqué qu’une autre élève les avait rejoint aux toilettes et lorsque la porte s’était à nouveau ouverte, j’espérais que ce fût elles, mais ça n’était que la dite-élève que j’avais aperçu quelques minutes plus tôt. Le débriefing durait plus longtemps que je ne l’avais escompté. J’aurais tant aimé être une petite souris à cet instant, pour me faufiler discrètement jusqu’aux toilettes des filles, et écouter leur conversation. Je m’imaginais bien qu’elles parlaient – entre autres, j’osais l’espérer – de moi. Mais je pensais qu’elles mettraient moins de temps que ça. Je devais certainement les passionner pour que ça dure aussi longtemps. Ce qui était peut-être normal, après tout. J’étais la nouveauté de l’école, de leur journée, et peut être même de leurs vies. Il y avait quelque chose d’étrange avec Charisma. Je n’avais pas réussi à savoir si elle m’avait cru au sujet de ma marque, mais dans le même temps, je ne voyais pas pourquoi elle aurait des doutes là-dessus. Pour les gens, c’était tellement plus simple et évident de me donner raison là-dessus. Aucune personne saine d’esprit n’émettrait le moindre doute à ce sujet. Il était plus rationnel que cette marque fût un tatouage plutôt qu’une sorte d’apparition mystique. Qui avait envie de s’avouer que le surnaturel existait vraiment ? Des choses que nous ne pouvions ni voir, ni toucher ? Ca flanquait la trouille, et j’en étais le premier concerné. Mon père avait remarqué un jour le symbole derrière mon oreille, je ne pouvais de toute manière pas le cacher avec mes cheveux courts, et il m’avait simplement dit « Tu vas le regretter, fiston. Les tatouages, c’est pour la vie, tu sais ! », ce à quoi j’avais répondu en toute innocence « Je m’en fiche, je ne le vois pas. ».
Mon père était quelqu’un de très ouvert et depuis la mort de ma mère, il me laissait vivre comme je l’entendais, tant que cela n’était pas dangereux pour moi ou pour mon entourage. Et puis je travaillais bien à l’école, il n’avait aucune raison de se faire du souci. Et je crois aussi qu’il culpabilisait d’être souvent absent à cause de son travail qui s’était intensifié ces deux dernières années. Pour se faire pardonner, il me lâchait la bride. Ce qui m’arrangeait bien, vous vous en doutez.

La porte s’ouvrit à nouveau et je vis les filles sortir enfin des toilettes. Charisma affichait un air sérieux tandis qu’Angela semblait toute joyeuse. Je finissais ma dernière bouchée de pomme et jetai le trognon dans mon assiette vide avant de me lever. Les cours allaient reprendre dans même pas dix minutes et la cafétéria s’était presque entièrement vidée pendant l’absence des filles.
Je leur souris lorsqu’elles me rejoignirent à la table et je pris mon plateau.

- Un peu plus et on manquait le début des cours ! annonçai-je ironiquement. J’espérais qu’elles ne le prendraient pas mal et je vis Angela me sourire. Ses dents étaient parfaitement blanches, très… américaines. C’était l’image que j’avais d’eux en tout cas. Un sourire que je qualifiais de « Colgate ».
- Oh ben y avait du boulot ! Se refaire une beauté prend du temps, surtout avec elle ! répondit Angie en pointant sa meilleure amie du doigt.
Je ne voyais aucune différence entre les deux filles qui étaient rentrées aux toilettes et celles qui en étaient sorties, mais j’acquiesçai.
- La transformation est très réussie, mentis-je.
Charisma rigola légèrement, comprenant sans doute que j’essayais de faire de l’humour.

Nous nous dirigeâmes vers la sortie, posâmes nos plateaux vidés de toute nourriture sur les étagères et quittâmes la cafétéria pour un air plus pur. Nous devions traverser la cour pour nous rendre à l’autre bâtiment. Quelques garçons s’étaient attardés sur le terrain de basketball et finissaient leur partie tandis que quatre filles étaient en train de se maquiller sur un banc juste en face d’eux. Les basketteurs les observaient de loin et l’un d’entre eux leur envoya le ballon dessus, intentionnellement, ce qui fit râler les filles. Mais elles s’étaient ensuite mises à glousser. La drague allait bon train, apparemment.

Je refixai mon attention sur mes deux nouvelles connaissances et mis mes mains dans les poches de ma veste en cuir zippée jusqu’à la moitié.

L’ambiance entre nous était devenue étrange, encore plus qu’elle ne l’était auparavant. Je ressentais un certain malaise à côté de Charisma alors qu’Angela, fidèle à elle-même, semblait heureuse d’être là.
Notre prochain cours était celui d’histoire. J’aimais bien cette matière, c’était intéressant de savoir comment nous en étions arrivés là, quels avaient été les éléments déclencheurs de l’Histoire de l’humanité et leurs conséquences, mais je détestais apprendre les dates. Je n’étais pas très fort pour cela et mes notes s’en ressentaient parfois. J’étais bien meilleur en géographie.

- Vous apprenez quoi en histoire en ce moment ? demandai-je pour combler la conversation totalement vide jusqu’à présent.
Charisma me répondit aussitôt en me regardant du coin de l’œil. Je l’observai toujours, avec avidité. Son visage s’était refermé et je n’aimais pas la voir comme cela. Elle n’était plus la Charisma que j’avais commencé à connaître, elle redevenait une étrangère pour moi.
- La guerre d’Indépendance. Mais le prochain thème, je crois que c’est la révolution française, tu pourras t’y sentir à l’aise.
Elle me renvoya un semblant de sourire qui illumina ses yeux alors qu’elle me regardait enfin. Je lui souris en retour, ne pouvant m’en empêcher.
- Génial, je vais peut être pouvoir avoir une bonne note, alors.

Nous trouvâmes la salle rapidement et nous installâmes. Je pris le pupitre voisin de Charisma qui s’était installée, elle, devant Angie, comme d’habitude apparemment. Le cours passa relativement vite, j’avais observé Charisma plusieurs fois, sous l’œil, j’en étais conscient, d’Angela. Mais je n’avais rien à cacher de toute manière, et ce n’était pas un crime de regarder les autres après tout. Angie me sourit à chaque fois que je la regardai m’observer. Elle non plus ne me cachait pas son intérêt.
Charisma n’avait, quant à elle, jamais posé le regard sur moi de toute l’heure. Elle était restée concentrée sur ce que disait le professeur, un vieil homme grisonnant et mal peigné qui portait une veste en tweed et un pantalon côtelé – on aurait dit un savant fou avec ses cheveux dressés sur la tête. Je la voyais griffonner sur son cahier de temps à autres, sa tête posée avec légèreté sur sa main droite. Puis mon attention fut attirée par ce qu’elle était en train d’écrire, ou de dessiner, plutôt. Je pensais qu’elle prenait des notes, mais elle dessinait. Et je reconnu le symbole de ma marque. Ou presque. Il n’était pas tout à faire identique, le sien possédait deux traits horizontaux parallèles. Peut-être avait-elle mal regardé ma marque et elle s’en était fait une image erronée ? Dans tous les cas, cela voulait dire qu’elle devait penser à moi. Je crois qu’inconsciemment, je l’espérais. Elle occupait un peu trop mes pensées, cela j’en étais conscient, et ce ne serait que justice si moi aussi j’occupais les siennes.
La cloche retentit enfin et le cours suivant était éducation physique. J’en étais dispensé pour mon premier jour de classe. Alors c’était l’heure des au-revoir avec les filles. Je les attendis à la porte et elles ne tardèrent pas à arriver.

- Je vous abandonne, je ne vais pas en gym, j’ai la chance d’en être dispensé cette semaine. Et j’en fus comblé, je n’étais pas un grand sportif.
Sur le moment, je crus lire une expression de déception sur le visage de Charisma, mais je me faisais certainement des idées, étant donné qu’elle n’avait pas porté la moindre attention sur moi depuis le début du cours d’histoire. Angela quant à elle me salua chaleureusement.
- On se revoit demain alors ! Contente d’avoir fait ta connaissance.
Je lui souris en retour et commençai à m’éloigner à reculons. Mes yeux étaient à nouveau fixés sur elle, sur Charisma. Elle me regarda enfin et ses lèvres s’étirèrent discrètement.
- A demain, fis-je amicalement, accompagnant mes paroles d’un petit signe de la main.
Elle ne répondit rien et partit avec Angela dans la direction opposée de la mienne. Alors je me retournai aussi et avança de quelques pas. Puis je regardai en arrière, étrangement intéressé par cette fille trop mystérieuse à mes yeux. Je la vis regarder en arrière elle aussi et nos yeux s’observèrent une poignée de secondes. Nos visages ne devaient certainement pas exprimer grand-chose, j’étais dans un état contemplatif. Puis je sentis une masse me rentrer dedans. Ou plutôt, c’était moi qui lui étais rentré dedans. Je m’excusai à la hâte sans prêter attention sur cette personne et regardai à nouveau derrière moi. Charisma riait, visiblement amusée par ma bousculade, et me fit un petit signe de la main. Je lui souris encore une fois et m’éloigna pour de bon.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Mer 11 Fév - 21:01

(suite chapitre 6)

Le trajet du retour jusqu’à l’appartement fut plus calme. Le métro avait été normalement rempli, du moins, j’estimais que c’était une fréquentation normale, pas comme ce matin où nous étions quasiment les uns sur les autres. Je jetais les clés dans la coupelle sur la desserte de l’entrée et accrocha ma veste au porte-manteau. L’endroit était désert, mon père travaillait encore, il n’était que quatorze heures. Je savais ce que j’allais faire pour tuer le temps et j’étais pressé de m’y mettre. J’allumai mon ordinateur rapidement, m’installai devant et attendis impatiemment qu’il fût en état de marche. Je cliquai sur l’icône de la messagerie instantanée et vit avec satisfaction que mes meilleurs amis étaient tous trois connectés. J’ouvris une conversation à quatre et commençai à taper.

Konwal dit :
Salut les gars ! Et Sophie…
Sophie dit :
Salut toi ! Alors cette première journée de cours ?
Erwan dit :
Les ricaines sont jolies ?
Adrien dit :
Erwan, tu penses qu’à ça ma parole ! Salut K, raconte nous tout.

Rien que de les lire me faisait me sentir sur mon petit nuage. J’étais tellement bien en leur compagnie.

Konwal dit :
Erwan, les ricaines sont pas mal. Ya de tout. Mais dans l’ensemble très sophistiquées, elles te plairaient. Viens me voir à NY !
Erwan dit :
Je réserve mon vol de suite…
Konwal dit :
Sinon les cours ça a été. J’ai rencontré deux filles sympas.
Sophie dit :
Et pas de mecs ?
Erwan dit :
Veinard…
Adrien dit :
Pas trop durs les cours en anglais ?
Konwal dit :
Non Soph, pas de mecs, je vois pas l’intérêt ;-)
Erwan, l’une des 2 est totalement ton genre ! Grande, blonde, yeux bleus. Comme à la télé !
Adrien, non ça va. La bio c’était chaud mais j’étais avec les 2 filles et elles ont fait tout le boulot, ça m’évite de me prendre une sale note, j’espère changer mes habitudes en bio.
Et vous c’était comment auj ?
Erwan dit :
Soph s’est faite draguer…
Sophie dit :
Taggle Erw.
Konwal dit :
Sérieux ? Qui ?
Adrien dit :
Ben Fred, pardi ! Depuis qu’il a cassé avec Emilie, il est chaud comme la braise.
Erwan dit :
Soph a l’air d’être partante en tout k
Sophie dit :
Put*** Erw, la ferme !

Je rigolais tout seul derrière mon écran. Dieu qu’ils m’avaient manqué ! Erwan ne changerait jamais. C’était un garçon très cool qui plaisait beaucoup aux filles. Un petit rigolo qui aimait faire l’intéressant, toujours. Le contraire d’Adrien qui était, lui, plutôt sérieux. Sophie s’était greffée à notre groupe il y a un an environ. Elle débarquait dans notre lycée et nous l’avions tout de suite adoptée. C’était une chic fille, un peu garçon manqué parfois, mais adorable.

Erwan dit :
Bah quoi… pas vrai ?
Sophie dit :
T’es jaloux ?
Adrien dit :
Ca me ferait bien marrer ça
Konwal dit :
Dire que j’ai loupé ça, je suis deg. Allez Soph, fonce ! On sait tous que tu l’aimes bien.
Sophie dit :
Ouais j’y penserai…
Konwal dit :
Ne fais pas qu’y penser. Agis pour une fois.
Sophie dit :
Promis.
Konwal dit :
J’aime mieux ça
Erwan dit :
Je m’occupe de tout, je lui botterai les fesses s’il faut, compte sur moi, mec !
Adrien dit :
Sur moi aussi. Soph, t’as pas le choix.
Konwal dit :
Lol Je crois que t’es cernée Soph
Sophie dit :
Et toi t’es même pas là pour me défendre de ces deux affreux énergumènes !
Konwal dit :
Ben là je n’aurai de toute façon pas été de ton côté… c’est pour ton bien.
Adrien dit :
Pauvre Soso…
Erwan dit :
Pauvre, que dale ouais ! Ca devrait être un honneur pour elle de nous côtoyer !
Konwal dit :
Ca va les chevilles ?
Erwan dit :
Impec ! Comme tjs !
Elle s’appelle comment la grande blonde aux yeux bleus ?
Konwal dit :
Angela, Angie pour les intimes
Erwan dit :
Dis à Angie de venir me voir à Brest
Konwal dit :
Rigole pas, il se pourrait qu’elle vienne dans 1 mois. Ya un voyage en Bretagne organisé par le cours de français, elles y vont peut etre. Moi je pense que j’irai, comme ça on se reverra !
Adrien dit :
Génial ! Hâte de te voir.
Erwan dit :
Angie pourra dormir chez moi si elle veut…
Sophie dit :
Erw, tout de suite… t’es répugnant !
Erwan dit :
Bah quoi ! Moi je passe à l’action au moins !
Sophie dit :

Adrien dit :
Et l’autre fille s’appelle comment ?
Konwal dit :
Charisma
Erwan dit :
Ah comme la meuf dans Buffy. Celle qui fait Cordelia, la pompom girl canon. Chelou ce prénom !
Konwal dit :
Tu crois que Konwal c’est mieux ?
Erwan dit :
Non c’est sûr. Vous feriez bien la paire vous deux LOL

Cette remarque me plut. Mais je m’interdisais de me réjouir.

Konwal dit :
Comment va Anna ?
Adrien dit :
Un peu triste, mais elle se fait une raison, je crois. Par contre si tu lui dis que tu reviens dans 1 mois, elle va être toute folle
Konwal dit :
Ne lui dites rien, c’est pas encore sûr que je revienne, faut que je demande à mon père
Sophie dit :
Le connaissant, il dira oui
Konwal dit :
Je pense aussi. Je vous présenterai les filles, du coup
Erwan dit :
Et ta Cordelia, elle est comment ?

Je mis un peu plus de temps pour répondre à cette question, réfléchissant si je devais leur dire ou pas.

Konwal dit :
Je l’aime bien, elle est cool. Intéressante.
Sophie dit :
Ah ah !!!???
Adrien dit :
Intéressante comment ?
Konwal dit :
Je sais pas, je peux pas expliquer…
Erwan dit :
Mais physiquement intéressante aussi ?
Konwal dit :
Pas ton genre
Sophie dit :
Le tien alors ? ;-)
Konwal dit :
Ca se pourrait bien. On verra.
Erwan dit :
Quoi ? T’as déjà oublié Anna ?
Konwal dit :
Non t’es fou.

Et c’était vrai, j’étais loin de l’avoir oubliée. Rien que de penser à elle me fendait le cœur. Je ressentis le besoin de sentir ses mains sur mon corps, son souffle sur moi, ses lèvres contre les miennes. J’avais besoin de me sentir aimé, aussi.

Adrien dit :
De toute façon, faut bien qu’il passe à autre chose, Erw. Anna est ici, lui il est là bas à des milliers de km.
Sophie dit :
Clair. J’espère que ça va le faire KW ! Mais prends ton tps
Erwan dit :
Mais pas trop quand mm, fais pas comme Soph lol
Sophie dit :
Crétin !
Erwan dit :
Poule mouillée
Adrien dit :
Ca suffit vous deux, vous me les casser sérieux
Konwal dit :
Moi je suis sûr qu’ils finiront ensemble un jour, je l’ai toujours dit !
Sophie dit :
Dans tes rêves mon vieux !
Erwan dit :
Beurk. Plutôt crever.
Sophie dit :
Tjs les mots qui font plaisir Erw.
Sophie dit :
M**de ya Fred qui m’appelle là !
Adrien dit :
Décroche !
Erwan dit :
J’suis sûr qu’elle a pas le courage
Sophie dit :
Va te faire voir Erw

La discussion continua comme cela pendant deux petites heures, discutant de tout et de rien. Le temps filait trop rapidement en leur compagnie. Sophie avait finalement décroché et nous avait quitté précipitamment en acceptant d’aller boire un verre avec Fred ce soir, du moins c’était le soir chez eux. La conversation était donc devenue entièrement masculine. Nous parlâmes des filles encore un peu, Adrien était toujours avec Julie et Erwan jouait à l’électron libre pour ne pas changer, et le sujet Charisma et Angela fut remis sur le tapis à deux reprises. Je ne leur en dis pas beaucoup plus, comprenant qu’ils essayaient de me tirer les vers du nez. Puis ils partirent travailler et finir leurs devoirs. C’était encore l’après midi pour moi et je me mis alors à jouer un peu de guitare en attendant le retour de mon père pour dîner.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 0:41

Mais c'est quoi ce "tatouage"????

On sent bien l'auteur fan de séries, Scully et Mulder, Buffy...

C'est franchement bien écrit, la lecture est très agréable! Bravo, je serais bien incapable d'écrire comme ça... Je peux te demander ce que tu fais dans la vie?
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 2:26

Mdr... Ouais, j'avoue tout ! X-Files et Buffy ont bercé mon adolescence ! XD

Dans la vie, je fais rien ! Je cherche un taff après un diplome d'une grande école de commerce qui me sert à rien mdr
J'ai envie de faire du cinéma en fait. Apprendre à réaliser un film. Mais je sais que c'est un peu un rêve inaccessible... En tout cas, je ressens le besoin de faire qqch en rapport avec l'art.
En tout cas, en écrivant là, je visualise très bien les scènes dans ma tête, comme si je regardais un film. Et limite, j'aurais trop envie de voir ma fic sur grand écran !

Pour le tatouage, suspense...

Bon ben puisque t'as été sage, voici la suite : 2 nouveaux chapitres. Wink

_______________________________________________________________________________
Chapitre 7
My dream boy


Le cours d’histoire avait été long et pénible. Je m’étais concentrée pour ne pas tourner la tête vers lui, bien que je susse qu’il me regardait. Je le voyais du coin de l’œil, et au fond de moi, j’en étais contente. J’avais fait mine d’écouter le professeur Harvey, mais même si sa voix me parvenait jusqu’aux oreilles, mon cerveau ne traitait pas l’information. Mes pensées étaient toutes dirigées vers lui : Konwal. La discussion que j’avais eue avec Angie aux toilettes pendant notre pause déjeuner m’avait plus troublée que je ne l’avais imaginé, elle savait qu’il m’attirait, et maintenant que la vérité était découverte, sur lui, sur moi, sur notre marque quasiment identique, je ne pensais plus qu’à cela. J’avais même dessiné ma marque sur mon cahier, inconsciemment, tellement mon esprit en était imprégné à ce moment-là.

Lorsque le cours d’histoire fut terminé, il nous avait attendues près de la porte. J’osais à peine le regarder, et j’en ignorais la raison. Peut-être que je culpabilisais ? De ressentir ce genre de choses. Mais pourquoi ? C’était normal d’être attiré par quelqu’un, surtout à mon âge. Je ne savais pas ce qu’il me prenait et je me sentais de plus en plus mal à l’aise en sa présence. Moi qui d’habitude n’étais pas du genre timide, je me découvrais une nouvelle facette. Il me fit signe et me dit au-revoir, et la seule réponse que je pus lui donner alors fut un sourire minable. Mes lèvres restèrent scellées l’une à l’autre. Puis j’avais pris le chemin pour me rendre au gymnase avec Angie. La direction opposée à la sienne. Mais c’était plus fort que moi et je m’étais retournée pour le regarder s’éloigner. Stupide. Car à cet instant, il fit de même. Je faillis me remettre d’aplomb et marcher droit devant, mais mes yeux ne pouvaient le quitter et je ne regrettai pas : il venait de rentrer dans mon ancien professeur d’anglais, monsieur Hardwick. Cela me fit rire et il le remarqua tout de suite. Alors je lui envoyai un signe de la main et me retourna pour de bon. Direction le gymnase pour deux heures de torture.

Angie, elle, adorait les cours d’éducation physique et sportive. Logique, puisqu’elle adorait voir les garçons montrer qu’ils étaient les plus forts, y compris et surtout les jeunes recrues de l’équipe de football du lycée. Cela me désespérait, mais je faisais avec. De mon côté, je préférais rester dans mon coin, essayant de ne pas trop toucher au ballon lorsque nous avions volley ou basketball. C’était pour le bien de tous, le mien mais aussi celui des autres.
Et puis mettre cette tenue ridicule : short et T-shirt difforme, non merci. Bien sûr, quand on avait le physique élancé d’Angie, cela ne nous gênait pas. Mais j’étais plus grosse qu’elle et pas vraiment à l’aise dans mon corps. Vous comprenez…

- Ma vieille, t’as une touche avec le nouveau ! m’annonça Angela alors que nous nous apprêtions à rentrer au gymnase.
Je fis mine de ne pas m’intéresser à cette remarque, mais un sourire traite vint se coller sur mes lèvres. Angie le vit tout de suite.
- Pas la peine de mentir, Chari. Je sais que tu crèves d’envie d’être avec lui.
- Alors là, tu dérailles complètement !
Enfin un petit peu… Je n’en mourrais pas d’envie. J’aurais juste aimé rester avec lui un peu plus et lui poser encore mille questions. Mais je n’étais plus certaine d’y arriver maintenant, étant donné qu’il me rendait légèrement mal à l’aise.
- Non mais tout à l’heure en histoire, je te jure, il arrêtait pas de te mater ! Il voyait que je le voyais, mais ça lui était égal. Dans le genre pas discret, il a la palme !
- Et alors ? Il a le droit de mater qui il veut.
- Et surtout toi… hein ?!
Elle me donna un coup de coude d’un air très amusé qui m’irrita un peu.
- Arrête Angie. Tu sais que ce qui m’intéresse chez lui, c’est cette marque. Rien de plus.
Mon nez aurait très bien pu s’allonger sur le champ. Heureusement pour moi, je n’étais pas Pinocchio. Bien sûr qu’il m’intéressait plus que ça. Konwal représentait tout ce que je désirais chez un garçon, il était artiste, il était beau et charmant, ses petites fossettes quand il souriait me faisaient chavirer, et puis son petit accent français tout à fait adorable… Le garçon de mes rêves. Des comme lui, il n’y en avait pas à tous les coins de rues. Surtout ici à New York. Et puis cette marque… C’était quand même étrange.
- Mais bien sûr… répondit-elle avec ironie. Je vous donne même pas un mois pour être ensemble ! Je ressens une alchimie spéciale entre vous, j’ai jamais vu ça avant.
- Ah d’accord madame Irma… Et quoi d’autre pour mon futur ?
Angie éclata de rire et rentra dans mon jeu.
- Un voyage dans une contrée lointaine dans un peu plus d’un mois… une culture nouvelle que tu vas adorer… ah ! Des ennuis en amour, aussi. Une concurrente. De la jalousie. Mais rien de grave.
- Je suis sûre qu’il a quelqu’un là-bas, sans rire. Mon ton trahissait encore une fois tout l’intérêt que je portais à Konwal. Je pensais réellement qu’il avait une copine en France, parce que… je n’avais jamais été optimiste et qu’il était trop beau pour être vrai.
L’enthousiasme d’Angela retomba aussitôt et elle mit son bras autour de mes épaules.
- A des milliers de kilomètres ! Alors que toi, tu es là, avec lui. Je donne pas cher de leur couple si vraiment il a quelqu’un là-bas. Je tâterai le terrain pour toi.
- Non ! Je te l’interdis. Après il va croire des choses…
- Des choses qui sont vraies, pourtant.
Je me mis à rougir et je retirai le bras de ma meilleure amie. Le cours allait commencer, nous avions droit aujourd’hui à du badminton, ce que je préférais au volley ou au basket, moins dangereux pour les autres puisque j’étais seule sur le terrain.
- Peut-être mais je ne veux pas qu’il le sache, dis-je en m’éloignant d’elle pour aller prendre une raquette. Heureusement que les deux heures se sport étaient là, cela m’épargnait de devoir parler de Konwal avec Angie. Néanmoins, cela ne m’épargna pas de penser à lui.

Après le sport, je me dépêchai pour rentrer chez moi, évitant au maximum Angela, et je la saluai en quittant le gymnase. Elle était en train de se remaquiller devant un des miroirs des vestiaires. Toutes les filles faisaient de même, sauf moi. Je me maquillais très peu, voire jamais. Et puis si c’était pour mettre du mascara et attirer le regard sur mes yeux immondes, ce n’était pas la peine.
Je sortis du métro deux stations avant celle qui se trouvait à deux pas de la maison pour passer à la librairie de mon oncle Mike. C’était le petit frère de papa et il lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, en plus petit toutefois et en beaucoup plus jeune, il avait dix ans de moins. Je poussai la porte en bois du petit magasin et la clochette tinta. L’odeur des livres atteignit mes narines en moins de deux et le silence qui régnait à l’intérieur contrastait avec le brouhaha de la rue.

- Dia dhuit Míchéal ! (1) dis-je tout fort en voyant mon oncle derrière son comptoir en train de lire le journal. Il releva la tête avec un sourire jusqu’aux oreilles, tout de suite après avoir reconnu ma voix.
- Comment va ma nièce préférée ? demanda-t-il d’une voix chantante.
- Elle va bien, merci. Elle a passé une drôle de journée.
Mon oncle se leva pour me rejoindre devant le comptoir et me serrer dans ses bras. Il sentait légèrement le tabac mais j’étais habituée à cette odeur. Sa force me comprima et j’émis un léger soupir, puis il me relâcha, heureux de ma visite.
- C’est pas ton frère qui est censé venir au magasin ?
Je grimaçai en repensant à cela.
- Non, il est trop occupé avec ses entrainements de foot. Mais ça me fait plaisir de venir te voir, oncle Mike ! Ma grimace s’était transformée en mine joyeuse. Moi aussi j’étais contente de lui rendre une petite visite.
Je le vis se remettre derrière le comptoir et se baisser pour fouiller en-dessous, alors que je m’y accoudai et me penchai pour le regarder faire.
- Alors pourquoi cette drôle de journée, Chari ?
Sa voix était étouffée, il était accroupi et la tête penchée dans le placard.
- Oh, ya un petit nouveau au lycée. Un français. Ca change un peu de notre quotidien !
Mon oncle se releva, le visage légèrement rosi par la position qu’il venait de tenir et me sourit, amusé.
- Attention à toi, les français ont la réputation d’être de grands charmeurs…
Il rit et je fis de même.
- Trop tard, Mike ! Il m’a déjà ensorcelée !
Je ne savais pas pourquoi, mais j’arrivais à tout dire à mon oncle. Il représentait un peu un grand frère auprès duquel j’osais venir chercher quelques conseils, pour tout et n’importe quoi.
- Pas étonnant, je sais à quel point tu aimes la France et le français. Il fallait bien que tu tombes aussi sous le charme de ses habitants, s’exclama-t-il. Il est comment ?
Je souriais et me remis droite, m’appuyant sur le comptoir de mes deux mains.
- Pas très grand, très brun, les cheveux courts, une peau pâle presque autant que la mienne, des tâches de rousseur sur les pommettes, une petite barbe de quelques jours qui le rend trop charmant et des fossettes super craquantes.
Mon oncle se mit à rire et me tapota sur la tête.
- Oui, je vois qu’il t’a déjà ensorcelée, vu comment tu me le décris. Et t’as remarqué tout ça en seulement un jour ?!
Là, je m’empourprai pour de bon. C’était vrai, je connaissais le moindre détail de son visage, et je savais que cela n’avait rien à voir avec ma très bonne mémoire visuelle. J’avais regardé et cherché tous ces détails, je voulais qu’ils m’appartiennent.
- Tu crois au coup de foudre, oncle Mike ? demandai-je en toute innocence.
- Je crois que lorsque deux personnes sont amenées à être ensemble, ils le ressentent parfois de manière très forte et soudaine, oui. Regarde, Nora et moi. Je savais que c’était elle dès notre première rencontre.
Nora, c’était ma tante. Elle était irlandaise elle aussi, et Mike et elle s’étaient rencontrés à l’université, à Cork. Aujourd’hui, ils avaient deux beaux enfants de deux et trois ans, Marcus et Siobhán, et ils avaient immigrés aux Etats-Unis après la mort de mes grands-parents en Irlande.
- Oui, c’est vrai. Vous êtes mon modèle, vous savez !
- J’espère que tu auras la chance de vivre ce que je vis avec ta tante. L’amour est une chose merveilleuse.
Il savait que de ce côté-là, j’étais un peu en retard. L’amour, je n’avais jamais connu ça. Avec personne. Et je ne l’avais d’ailleurs jamais envisagé… jusqu’à aujourd’hui.
- Ben c’est pas demain la veille ! répondis-je amèrement, repensant à Konwal, au fait qu’il devait déjà être avec quelqu’un, malgré la distance, et au fait que je ne devais pas l’intéresser comme lui m’intéressait. Toujours mon pessimisme qui reprenait le dessus.
Mon oncle me sourit gentiment et me tendit un sac.
- Tiens, les livres pour ton frère. Il s’appelle comment ton French lover ?
- Konwal, répondis-je illico sans même tenter de le contredire. Il n’était pas mon French lover.
- Drôle de nom. C’est d’origine celtique, non ?
- Je sais pas. Il vient de Bretagne, donc je suppose que oui.
Je ne m’étais pas penchée sur la question à vrai dire. Tout ce qui m’avait importé, c’était qu’il se prononçait facilement.
- Konwal et Charisma… marmonnait mon oncle d’un regard rêveur.
Je lui tapai le bras avec le sac pour qu’il cesse ses bêtises.
- Arrête ! Et je t’interdis de raconter tout ça à quiconque, compris ?
- Tu me connais. Il me regarda en souriant et me fit un clin d’œil. A ce même moment, une cliente entra dans la boutique et je me reculai pour partir.
- Passe le bonjour à Nora et les enfants pour moi. Ce week end c’est toujours confirmé, je garderai les petits pendant votre soirée en amoureux.
Il hocha la tête et me fit un signe de la main pour me saluer pendant qu’il s’approcha de la nouvelle arrivante.

________________________________________
(1) « Bonjour Michael » en gaélique-irlandais

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 2:27

(suite chapitre 7)

Je quittai la boutique et rentrai à pied chez moi. J’aimais bien marcher et flâner dans les rues de New York, observer les gens s’affairer, sentir toutes les odeurs environnantes, surtout celles des boulangeries devant lesquelles je passais.

Une fois dans ma chambre, la pièce où je m’enfermais dès que je mettais le pied à la maison, je retirai ma veste et ne pris pas la peine de la raccrocher sur son cintre, je la balançai sur le dossier de ma chaise de bureau. Puis je me jetai sur mon lit à plat ventre et sortis les livres que mon frère avait commandés. Le premier s’appelait bien « Mythes et légendes celtes » comme me l’avait indiqué Jake ce matin, et l’autre s’intitulait « Les celtes : leur histoire et leurs représentations ».
Mes yeux cherchèrent mon radio réveil et je constatai qu’il n’était que 16h30, à peine. J’avais toute mon après-midi et mon début de soirée pour lire avant que mon frère ne prenne possession de ces ouvrages. Mes yeux me piquaient et je baillai légèrement, mais je voulais les lire. Je m’installai confortablement sur le dos cette fois, la tête calée sur mon oreiller moelleux et j’ouvris le premier livre.

Les mythes et les légendes que je lisais étaient tout simplement fascinants. Je me retrouvais marcher dans ces forêts lointaines, où magie et enchantement donnaient vie à toute chose. Des leprechauns et des fées marchaient autour de moi… le vert des arbres m’éblouissait et le soleil illuminait à travers les feuilles.
Et puis soudain, derrière un arbre, je le reconnus. Il était là, devant moi. Konwal. Et il me souriait et me tendait la main pour que je l’accompagne. Alors je tendis la mienne pour l’attraper, mais d’un seul coup, tout s’assombrit. Le vert devint gris et la chaleur du soleil se transforma en froid glacial. J’essayais toujours de le toucher, j’avançais, mais je n’y parvenais pas. Un sentiment d’angoisse m’envahit aussitôt et je me réveillai en sursaut.

Je constatai alors que je m’étais assoupie et mes yeux regardèrent à nouveau mon radio réveil qui affichait maintenant 18h56. Je sentais que mon cœur était légèrement affolé et je me laissai retomber sur mon oreiller. Mes yeux scrutaient le plafond immaculé de ma chambre et mes pensées se tournèrent à nouveau vers Konwal. Je me demandais ce qu’il était en train de faire à cet instant. Puis une sensation désagréable survint derrière mon oreille, là où j’avais ma marque. Ca me brûlait légèrement et je levais ma main pour l’effleurer. Elle était toujours là, mais elle était chaude. Etrange. Alors je me levai pour prendre mon appareil photo et me photographiai derrière l’oreille pour en voir tous les détails. Je zoomais sur l’écran numérique et je vis alors que la marque était devenue rougeâtre. Elle n’était plus noire.
Je refermai mon appareil et m’assis au bord du lit. Qu’est-ce que cette marque pouvait bien signifier ? Et puis c’était quoi ce rêve avec Konwal ? Il fallait sérieusement que j’arrête de penser à lui. Comme si cela était possible.
Je soupirai et entendis la porte d’entrée claquer.

- Je suis rentré !
C’était mon père. Je n’avais même pas remarqué qu’il n’était pas à la maison.
Je descendis à l’étage inférieur, touchant une dernière fois ma marque du bout des doigts, sentant qu’elle était moins chaude et je me jetai dans les bras de mon père.

- Alors ça a été ta journée, ma puce ?
- Pas mal. T’étais où ?
- Je suis allé acheter un petit cadeau pour ma petite fille adorée.
Un grand sourire étira mes lèvres.
- Sérieux ? En quel honneur ?
- Parce qu’il te faut une raison pour recevoir des cadeaux de la part de ton papa ?
J’éclatai de rire aussitôt. C’était tout lui, ça. Toujours prêt à me faire plaisir.
- Non, bien sûr que non.
- Tiens.
Il me tendit un petit sac en papier que je saisis sans attendre. Il était un peu lourd et contenait un objet qui avait la forme d’un livre.
- Chouette ! Un bouquin !
Il savait que j’adorais lire, et il avait toujours eu bon goût pour les choisir.
- Pas tout à fait…
J’arquais un sourcil d’un air étonné et surtout intrigué et je déchirai le papier qui enveloppait ce que je pensais être un livre. Je restai bouche bée devant son cadeau et je le feuilletai.
- J’espère que ça te plaît… dit-il d’une petite voix, peu sûr de lui.
Un sourire illumina mon visage et je lui sautais au cou.
- Tu rigoles ! J’adore !
C’était un carnet de voyage. Un album où je pouvais coller des photos et écrire ce que je voulais dessus. Le papier était épais dans les tons beiges et marron et la décoration était sobre et discrète.
- C’est pour ton voyage en France. Je veux que tu en gardes une trace écrite et que tu l’illustres de toutes tes belles photos.
- Merci papa, j’ai tellement hâte d’y être ! T’es le meilleur papa du monde !
- Ne dis rien à ton frère, il va encore être jaloux s’il apprend que je t’ai offert quelque chose.
Cela me fit sourire encore un peu plus, je ressentais une grande satisfaction de pouvoir rendre mon frère jaloux. Car ces occasions étaient rares.

Je remontai dans ma chambre et posai mon carnet de voyage dans le tiroir de mon bureau où il ne pourra être vu, et j’allumai ma chaîne hi-fi pour écouter de la musique tout en sortant mes devoirs. Je ne sentais plus ma marque et je la touchai encore une fois, constatant qu’elle était devenue aussi froide qu’avant. Mes pensées vagabondèrent vers Konwal et je me mis à sourire bêtement, sans trop savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 2:28

Chapitre 8
Surprises



Elle était là, marchant lentement vers moi sur l’étendue d’eau, volant presque. Ses longs cheveux châtain bouclés tombaient de part et d’autre de son visage, l’encadrant à la perfection. Elle me regardait d’un air que je n’arrivais pas à qualifier, ses yeux avaient un regard que je n’avais encore jamais vu. J’avais l’impression qu’elle me suppliait de la sauver et que dans le même temps, elle voulait que je reste là pour que je sois sain et sauf. C’était ce que je ressentais. Et je restais là, sans bouger. L’eau sombre m’angoissait et je n’osais pas y mettre le pied. Je tendis fébrilement la main mais elle était trop loin pour la saisir et elle finit par m’envoyer un sourire et un baiser dans un geste gracieux de la main avant de repartir dans l’autre direction, vers la pénombre et les brumes. Je regardais autour de moi et je vis que j’étais seul au milieu de ces bois fantomatiques. L’humidité ambiante était désagréable et tellement forte que j’avais du mal à respirer. Je commençais à suffoquer et portai mes mains à ma gorge.

J’ouvris les yeux et vis le plafond de ma chambre éclairé par le petit matin de New York. Je repris lentement mes esprits et constatai que mes mains étaient toujours posées sur ma gorge. Je les retirai aussitôt et tournai la tête pour regarder quelle heure il était. 6h47. J’avais mis mon réveil à 7h, ça ne valait pas la peine de me rendormir. Alors je soupirai et repensai à ce rêve étrange. Elle était là, Charisma. Dans un bois, avec moi, elle était mal et je n’étais pas parvenu à la sauver. Il fallait vraiment que j’arrête de penser à elle, je commençais déjà à rêver d’elle, et cela ne faisait même pas un jour que je l’avais rencontrée. C’était certainement d’en avoir trop parlé avec Erwan et Adrien hier sur msn.
Je m’étirai de tout mon long et bailla en silence. Je n’avais pas envie de me lever, pas envie d’aller en cours non plus. Mais j’avais envie de la revoir, elle et puis aussi Angela. Cette dernière était plutôt marrante et de bonne compagnie. Je pris aussi la décision de créer d’autres contacts aujourd’hui au lycée. Des garçons. Du moins, j’essaierai.

Je me levai doucement et m’assis sur le bord de mon lit. Le miroir en face de moi me renvoya une image affreuse. J’avais mauvaise mine et mes cheveux avaient formé quelques épis ici et là. Des cernes étaient toujours accrochées en-dessous de mes yeux qui étaient bouffis et rouges, je pouvais voir cela malgré la légère pénombre matinale. Je soupirai et me levai, un peu trop vite d’ailleurs, ma tête me tourna un instant et je sentis une brûlure derrière mon oreille. Je la touchai automatiquement et sentis que ma marque était très chaude. C’était la première fois que cela m’arrivait et à vrai dire, ça m’angoissait. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer et je retombais sur mon lit, assis au bord. Je papillonnai des paupières et ma vue revint aussitôt, mais ma marque me brûlait encore. La douleur n’était pas insoutenable, mais juste désagréable. Je me dirigeai alors vers la salle de bain et pris une serviette que j’humectai et posai sur ma marque. La fraîcheur de l’eau soulagea ma peau et je cherchai un miroir de poche pour pouvoir regarder l’état dans lequel ma marque était, en faisant réflexion avec l’autre grand miroir de la salle de bain. Je constatai alors qu’elle était rouge vif, ce qui ne m’étonna pas, au vu de la douleur que je ressentais.
Je repositionnai la serviette dessus et m’assis sur le bord de la baignoire, les yeux dans le vide. Je repensai à elle et à ce rêve. C’était étrange, ça ne m’avait pas eu l’air d’un rêve. J’avais ressenti les émotions et les impressions très clairement, comme jamais je les avais ressenties auparavant. Ce rêve paraissait tellement vrai…

La porte de la salle de bain s’ouvrit d’un coup sec et mon père apparut devant moi, tout aussi étonné que je le fus et il me salua.
- Déjà debout fiston ?
- Mmmmh, maugréai-je. Je détestais qu’on me parle le matin, j’étais toujours bougon avant d’avoir été réveillé par ma douche matinale.
Puis mon père avait dû remarquer que j’avais placé une serviette derrière mon oreille et il fronça les sourcils en m’observant.
- C’est ton tatouage qui va mal ? Qu’est-ce que t’as ?
Je retirai la serviette et la lança près du lavabo avant de me lever.
- C’est rien, t’en fais pas.
- Si ! Montre-moi.
Je soupirai de mécontentement et obéis, je n’avais de toute manière pas le choix.
- T’inquiète pas, papa, ça va passer. Je me suis peut-être gratté ou quelque chose du genre pendant mon sommeil, ça me brûlait juste quand je me suis levé.
Mon père me saisit l’oreille et l’écarta pour mieux voir ma marque. Mon « tatouage », comme il disait.
- C’est tout enflé, Konwal, ce n’est pas normal. Je t’emmènerai chez le docteur ce soir en rentrant si ça ne s’est pas arrangé. En attendant… Il ouvrit la porte du placard et saisit un tube de pommade que je ne connaissais pas et me la tendit. Mets ça dessus, ça calmera la brûlure. Allez, maintenant, du balai ! Je dois prendre ma douche sinon je vais être en retard.
Je traînais les pieds jusqu’à la cuisine où je me servis mon petit-déjeuner. Bol de céréales noyées dans du lait. J’attendis qu’elles ramollissent, je détestais lorsqu’elles étaient encore croustillantes. Ma brûlure s’atténua d’elle-même et je touchai à nouveau ma marque qui était à présent aussi froide que d’habitude. Etrange…

Le trajet jusqu’au lycée se déroula comme la veille avec un métro plein à ras bord, mais aujourd’hui, il faisait beau. Pas un seul nuage dans le ciel et le froid était glacial. Mon visage me pinçait et je remontai la fermeture éclair de ma veste jusqu’en haut. Le lycée était à quelques pas de la sortie de métro. Je marchais rapidement pour aller m’abriter du froid le plus vite possible, je passai la sécurité avec les détecteurs d’armes et métaux – cela faisait désormais partie de mon quotidien – et continuai d’avancer à vive allure jusqu’à mon casier. Je dézippai ma veste pour me mettre plus à l’aise et ouvris la porte de mon casier qui grinça légèrement. J’y avais laissé mon emploi du temps et je le survolai pour me préparer psychologiquement à devoir endurer tel ou tel cours. Nous avions encore biologie aujourd’hui, ce qui me fit grimacer.

- Qu’est-ce qui te fait cet effet-là ? demanda une voix amusée que je reconnue aussitôt.
Je levai la tête pour la regarder et lui souris.
- Salut Angela. Ca va aujourd’hui ? Puis je montrai mon bout de papier et l’agitai devant elle pour répondre à sa question. La biologie. On en a encore deux heures aujourd’hui.
Elle rigola à ma remarque et acquiesça.
- Ca va pas mal. Je viens d’arriver. Mon casier est juste à côté du tien, en fait.
Elle me montra le casier à droite du mien et s’en approcha. Puis elle l’ouvrit et je pus voir qu’elle l’avait customisé. Un miroir était accroché à l’intérieur de la porte et une photo d’elle et de Charisma était scotchée juste en dessous.
- Elle date de quand ? Vous faites toutes jeunes dessus.
Angela décrocha la photo et me la montra.
- On avait treize ans là-dessus. C’était à mon anniversaire.
Je m’approchai de la photo et la contemplai quelques instants. Elles étaient à croquer, toutes les deux. Mais plus particulièrement Charisma. Ses yeux étaient rieurs et illuminaient son visage. Il était évident qu’elle était extrêmement heureuse en cet instant. Puis je redonnai la photo à Angela.
- Charisma n’est pas là ce matin ? demandai-je en toute innocence.
Angela était en train de fouiller dans son casier et je la vis sourire. Puis elle se tourna vers moi et m’observa quelques instants avec un regard qui démontrait qu’elle avait une idée derrière la tête.
- Quoi ? demandai-je, mal à l’aise.
Elle mit encore quelques longues secondes avant de me répondre.
- Elle va me tuer si elle apprend que je t’ai demandé ça, mais il faut que je sache. T’as une petite-amie en France ? Ou même ici, on ne sait jamais.
Sa question me surprit et cela devait se lire sur mon visage. J’avais ouvert les yeux en grand, ainsi que ma bouche que je refermai aussitôt.
- Pourquoi tu demandes ça ?
Angela rigola doucement et s’appuya contre son casier sans me lâcher des yeux.
- A ton avis !
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas encore tout à fait. Elle était intéressée ? Ou Charisma ? Je ne pensais pas que les américaines étaient aussi directes et aussi rapides, surtout.
- Euh… non, j’ai rompu avec mon ex juste avant de venir ici. Ca ne sert pas à grand-chose, vu que je suis à des milliers de kilomètres d’elle.
Ma réponse parut satisfaire Angela qui se remit à fouiller dans son casier.
- J’en connais une qui sera contente d’apprendre ça.
J’étais réellement choqué d’apprendre cette nouvelle. Mais satisfait, je ne pouvais pas le nier. Je n’avais encore rien imaginé entre Charisma et moi, mais apprendre que je l’intéressais me fit plaisir, sans trop savoir pourquoi. Plaire était toujours bon pour l’amour propre, j’imagine.
- Si tu lui répètes que je t’ai demandé ça, je te tue avant qu’elle ne me tue, je te préviens ! ajouta-t-elle en plaisantant.
- Euuuh ben je comptais pas le lui dire.
Ca serait idiot de le faire. Je me voyais mal l’aborder en lui demandant « Alors, comme ça tu m’aimes bien ? C’est Angie qui m’a dit ça… ». Je ne vois pas en quoi cela aurait fait avancer notre relation. Je décidai alors de changer de sujet.
- La prof de français m’a dit qu’il y avait un voyage en Bretagne dans un mois. Vous y allez ?
J’irai de toute manière, mais c’était pour savoir. Et je repensais à Erwan qui voulait déjà mettre la main sur Angela, ce qui me fit sourire.
- Bien sûr qu’on y va ! On va pas rater ça ! Et qu’est-ce qui te fait sourire comme ça ?
Je rigolai, cette fois. Je me demandai si Angela prendrait peur si je lui racontai tout.
- Je rigole parce que j’ai parlé de vous à mes meilleurs amis restés en France, et je leur ai parlé du voyage, pensant que vous seriez peut-être de la partie. Et Erwan, un de mes meilleurs amis, veut te proposer de dormir chez lui. Il veut tout savoir de toi, je suis sûr que tu lui plairais. Et je ne connais pas tes goûts, mais Erwan est réputé pour être un tombeur…
Je rigolai encore en m’imaginant la scène de leur rencontre.
Angela ne rigolait pas, elle. Elle était plutôt intriguée.
- Tu as parlé de nous à tes copains ? Déjà ?
- Ben oui, je leur ai raconté ma journée d’hier, et vous êtes les seules élèves à qui j’ai parlé, donc forcément…
- Et tu crois vraiment que je lui plairais ?
- Ca te plairait de lui plaire ? demandai-je amusé. Elle rougit légèrement et me sourit.
- Ca dépend, il ressemble à quoi ?
- Grand, bien plus que moi, cheveux un plus longs que les miens, toujours mal coiffés – mais c’est fait exprès – châtain cuivré, les yeux verts. Athlétique, il est nageur.
Plus la description avançait, et plus le sourire d’Angela s’étirait et plus ses yeux brillaient. Il n’y avait pas de doute, il lui plairait.
- Alors, je lui dis oui ? demandai-je pour la taquiner.
Elle rigola sans aucune gêne et leva les yeux au ciel.
- Ton Apollon t’es sûr qu’il existe pour de vrai ? Parce que ça paraît trop beau pour être vrai…
- Si si, je t’assure ! Je t’amène une photo demain si tu veux.
- Même plusieurs, si t’as ! me répondit-elle avec beaucoup d’enthousiasme sur un ton blagueur. Nous rîmes ensemble et je refermais mon casier lorsque j’entendis l’autre voix que je pouvais reconnaître dans ce lycée.
- Qu’est-ce que j’ai loupé ? Vous m’avez l’air de bien bonne humeur vous deux.
Son visage exprimait la suspicion et avait gardé tout son sérieux, ce qui contrastait avec le mien ou celui d’Angela qui souriait encore.
- Salut Charisma, dis-je en me calmant. On parlait de mon ami Erwan et d’Angela. Je crois qu’ils s’entendraient très bien. Angie m’a dit que vous participiez au voyage en Bretagne, j’irai aussi. J’aimerais beaucoup vous présenter à mes amis de là-bas.
Un sourire s’étira enfin sur son si joli visage et ses yeux brillèrent. J’aimais beaucoup la voir comme cela.
- J’ai vraiment hâte d’y être ! On va visiter Paris aussi, ça va être génial, j’ai toujours rêvé d’aller en France. Et c’est qui Erwan ?
Elle regarda sa meilleure amie d’un air intrigué en haussant son sourcil droit. Je regardai Angie qui souriait toujours.
- Erwan c’est son meilleur ami, il a l’air d’un Apollon. Imagine, grand, sportif, yeux verts…
Je vis Charisma donner un coup gentillet sur le bras d’Angela et j’en fus surpris. J’attendais d’en connaître la raison.
- Hé ! T’es pas censée être avec Ben, toi ? Ca s’est passé comment au fait, hier ?
Angela se mit à rire et se retourna pour fermer son casier. Je ne savais pas si je devais rester là à écouter leur discussion de filles, peut-être que j’étais de trop et qu’Angela préférait parler de cela en toute intimité.
- Je peux vous laisser si vous voulez parler de mecs. Je repensais à ce qu’Angie m’avait dit quelques minutes plus tôt sur le fait que je plaisais à Charisma, et je la regardai, un léger sourire collé à mes lèvres, malgré moi.
Angela remit son sac sur son épaule et agita la main.
- Non, reste, ya pas de secret. Alors hier j’ai eu mon premier rencart avec Ben, un des gars de l’équipe de football. Un copain de Jake, le frère de Chari. Et donc… c’était plutôt sympa. Il est moins bête que je ne l’imaginais.
Elle rigola et Charisma la suivit. Moi je restai à écouter.
- C’est pas lui le pire de la bande, c’est clair, acquiesça Charisma. Vous avez fait quoi ?
- On est juste allé boire un verre. Il ne s’est rien passé, mais je garde espoir… On se revoit ce soir après les cours.
Elle envoya un clin d’œil complice à sa meilleure amie et nous nous dirigeâmes vers notre premier cours.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 2:28

(suite chapitre 8 )

La biologie, l’anglais et le cours de dessin s’étaient très bien passé. Les filles avaient été drôlement impressionnées par mon talent de dessinateur, ce qui avait flatté mon ego, je ne pouvais le cacher. Je m’étais senti très à l’aise dans ce cours et tout au long de la matinée en général. J’avais remarqué que Charisma était moins bavarde que la veille, je la sentais moins à l’aise avec moi que lorsqu’elle m’avait adressé la parole pour la première fois hier. Mais après la révélation de ce matin, je savais pourquoi, et j’aimais ça. Ca la rendait encore plus mignonne cette petite timidité qui rosissait ses pommettes. Bien sûr, je n’envisageai rien entre elle et moi, car j’étais encore amoureux d’Anna, mais quelque part dans mon esprit, je savais qu’un jour un « nous » serait possible. C’était comme une intime conviction, une évidence. Mais je n’étais pas pressé de l’accomplir et je profitai un maximum de cette amitié naissante.

La fin de la journée de cours approchait, le cours de physique était sur le point de se terminer. Encore une fois, le niveau était moins élevé que celui en France, surtout que j’étais en première scientifique à Brest. Le cours dispensé aujourd’hui sur les circuits électriques n’était que révisions pour moi et j’avais réussi le TP sans aucune difficulté, ce qui n’était pas le cas des filles que je voyais galérer. Alors je leur avais donné un petit coup de main, en échange du leur en biologie. La cloche sonna et nous sortîmes de la salle. Le soleil brillait toujours par les grandes baies vitrées qui longeaient le couloir et je voulais alors aller me promener pour découvrir la ville. Peut-être que les filles voudraient m’accompagner et me servir de guides.
- Ca vous dit d’aller se promener un peu ? Profiter du soleil.
Charisma me sourit gentiment et regarda Angela pour savoir ce qu’elle en pensait. Elles échangèrent un regard et Angie répondit.
- J’ai rencart avec Ben, désolée, ça sera sans moi.
Je vis Charisma rougir légèrement et regarder au sol d’un air gêné. Cette vision me fit sourire à nouveau.
- Et toi Chari, ça te dit ?
- Bien sûr. Ya un endroit que tu aimerais voir en particulier ?
Je réfléchis un instant et conclus que tous les endroits touristiques, je les avais déjà faits pendant les quatre jours précédents.
- Tous tes endroits préférés, répondis-je, sachant pertinemment que ça la ferait s’empourprer un peu plus. Pari gagné.
- D’accord, je te montrerai où j’aime aller pour prendre des photos. Elle leva furtivement les yeux vers sa meilleure amie et j’eus le temps d’apercevoir un clin d’œil. Je ne pouvais m’empêcher de rire intérieurement. Ce n’était peut-être pas correct de ma part de la laisser espérer, mais savoir que je lui plaisais me faisait plaisir. Et puis il fallait bien que j’enterre mon histoire avec Anna, aussi. Je devais aller de l’avant, alors pourquoi pas avec Charisma ? Cela pourrait être un bon début, même si je souhaitais y aller doucement.
- Bon, je vous abandonne, amusez-vous bien et pas trop de bêtises ! annonça Angela en partant pour rejoindre un garçon dans le couloir. Il était grand et beau garçon, du moins de mon point de vue. Il lui sourit à pleines dents lorsqu’elle arriva près de lui. Si Erwan voyait ça… pensai-je.
- On y va ? proposai-je à Charisma qui me regarda rapidement avant de prendre le chemin de la sortie.

Nous prîmes le métro et descendîmes à un arrêt que je ne connaissais pas. Les escaliers débouchèrent sur un petit parc où une dizaine d’enfants s’amusaient sur différents jeux installés là pour eux. Des cris retentirent, des cris de joie, et tous s’agitaient dans tous les sens en jouant. Cette scène respirait le bonheur et je sentis mes lèvres s’étirer sur mon visage. Je me rappelai lorsque je jouais avec Adrien et Erwan au parc près de chez nous. Nous adorions embêter les filles, surtout Erwan. C’était la belle époque, pensai-je.
Nous nous promenions dans le petit parc en discutant de tout et de rien. J’appris que Charisma faisait de la photo depuis l’âge de douze ans et c’en était devenu sa passion. Elle m’avait promis d’amener quelques uns de ses clichés demain en cours, pour me montrer. J’étais sûr qu’elle était douée, un pressentiment.
Nous finîmes par sortir du parc tout en discutant et commençâmes à traverser la rue pour passer de l’autre côté lorsque j’entendis un klaxon surgir de notre droite. Un taxi avait déboulé trop vite et nous n’eûmes pas le temps de le voir arriver. Par réflexe, je saisis le bras de Charisma qui n’avait pas eu le temps de réagir et la tira violemment vers moi pour lui éviter l’accident. Elle se plaqua contre mon torse, face à face, et ses yeux étaient ouverts en grand. Le taxi passa à toute allure et je vis le chauffeur agiter ses mains en jurant, certainement. Mon attention se reporta sur Charisma qui m’observait toujours avec un air effrayé et incrédule. Mes yeux plongèrent dans les siens, légèrement troublés par leurs couleurs étranges, puis je portai instinctivement mes mains sur chaque côté de son visage. Sa peau était douce, comme une peau de pêche.
- Ca va ? demandai-je dans un souffle.
Nos regards étaient toujours braqués l’un dans l’autre et tout à coup, je ressentis une violente douleur derrière mon oreille. Je grimaçai et porta ma main à ma marque, par automatisme. Avec stupeur, je vis qu’elle faisait de même. Elle grimaçait et porta sa main derrière son oreille. Nous nous regardâmes quelques secondes, dévisageant l’autre dans une incompréhension la plus totale. Avait-elle elle aussi une marque comme la mienne ? Je pensais être le seul être sur Terre à souffrir de cette anomalie et bizarrerie. Les mots franchirent enfin mes lèvres.
- Pourquoi tu as fait ça ? Ta main… derrière l’oreille ?
Elle me regardait toujours avec de grands yeux et se mordilla la lèvre inférieure, geste que je trouvai mignon sur le moment, mais j’étais trop choqué pour l’apprécier à sa juste valeur.
- C’est rien, répondit-elle d’une petite voix.
Je savais qu’elle mentait, et sans plus attendre, je tournai son visage pour voir derrière son oreille, avec la plus grande délicatesse dont je pouvais faire preuve. J’écartais ses cheveux doux et bouclés et elle se laissa faire docilement. Ma bouche s’entrouvrit, marquant mon plus grand étonnement, lorsque je la vis. Je m’approchais encore un peu plus de cette marque qui était presque la même que la mienne.
- Alors c’était ça que tu dessinais hier sur ton cahier, en histoire, murmurai-je tout près d’elle. Mon visage se trouvait à quelques centimètres de son oreille.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 14:02

C'est toujours aussi bien écrit, la suite est attendue avec toujours autant d'impatience!
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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Ven 13 Fév - 16:58

Oh purée c'est de mieux en mieux, ça monte en puissance petit à petit
J'aime vraiment beaucoup. T'es trop modeste Caro sur tes talents d'écrivain, parce que là y'a du potentiel. Je suis plus que ravie de voir que le thème du challenge t'a inspirée pour écrire ça Parce que ça vaut vraiment le coup!!

La suite, la suite, la suite!!

Tu peux pas savoir à quel point j'ai envie que KW et Charisma se mettent ensemble, sont trop mimis.
J'aime beaucoup le personnage d'Angie aussi.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 16 Fév - 1:57

Merci pour vos commentaires les filles ! Ca me fait plaisir déjà que vous lisiez mes mots... et puis ça me fait encore plus plaisir de voir que vous les appréciez ! ^^

Eh oui, ça monte en puissance... Pour le moment, j'en ai écrit 17 chapitres. Je vous en mets 3 d'affilés, et j'attends vos comm pour poster la suite, ouki ?

Encore merci.

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Chapitre 9
Secrets


Je sentais mon cœur battre à un rythme affolé. J’avais échappé de peu à un accident, Konwal m’avait tirée en arrière pour m’éviter de me faire renverser. De cela, je ne m’en souciais pas. Ce qui affolait mon cœur, c’était son contact. J’étais pressée contre lui, tout contre son torse, et je ne l’avais jusqu’alors pas remarqué, mais il sentait divinement bon. Un mélange musqué qui me donnait presque le tournis. Puis je sentis ses mains chaudes contre mes joues, mes yeux ne le quittaient pas et son regard plongea dans le mien, m’ôtant alors toute force, le sol se dérobait sous mes pieds. Sa voix résonna au loin, il me semblait qu’il me demandait si j’allais bien. Grâce à lui, oui, j’étais en vie. Mais à cause de lui, je ne savais plus où j’étais, j’étais perdue. Puis c’est à ce moment-là que je la sentis, la même brûlure qu’hier, derrière mon oreille, mais dix fois plus violente. Elle me fit sortir de ma transe et sans réfléchir, je portai ma main à ma marque, mon visage tordu de douleur. Je la sentis sous mes doigts, elle était très chaude, comme hier, mais la sensation que j’en avais étais bien plus accentuée. J’espérais qu’il n’avait rien vu, mais c’était comme si je demandai l’impossible. J’étais en face de lui, contre lui, et il ne pouvait que voir que moi aussi j’avais quelque chose derrière mon oreille. Mon secret allait être révélé. Mais lorsque je finis de me soucier de moi et de ma marque, je vis que lui aussi grimaçait et avait sa main derrière l’oreille. Incroyable ! Sentait-il aussi une douleur comme la mienne ? A l’endroit où il avait sa marque, derrière l’oreille ? J’ouvris de grands yeux, révélant les couleurs étranges de mes iris, accentuées par la luminosité ambiante. Je ne pouvais pas y croire, nos marques avaient réagi ensemble, en quelque sorte. Je pouvais lire l’incompréhension sur son visage qui gardait pourtant une beauté extraordinaire, malgré la douleur qui tirait ses traits.
Il fut plus rapide que moi et me demanda pourquoi j’avais fait ça. J’avais compris le sens de sa phrase lorsqu’il prononça le mot « ça », mais il me précisa sa pensée. Ma main… derrière mon oreille. Je ne savais pas pourquoi, mais je mentis en lui disant que ce n’était rien. Je savais que ça n’était pas rien, que quelque chose était en train de se passer, que lui et moi avions une sorte de lien, et que cette marque qui me brûlait douloureusement devait avoir une signification.
Il ne me crut pas, je m’en étais doutée. Je sentis à nouveau ses mains sur mon visage et je me laissai faire. Après tout, il avait le droit de savoir lui aussi, puisque je savais pour sa marque. Je sentis ses doigts effleurer ma peau alors qu’il repoussait mes cheveux pour dévoiler ma marque. Ce fut une sensation très agréable et sans m’en rendre compte, je fermai les yeux à son contact. Mon cœur avait repris sa course effrénée et ma respiration s’accéléra. Je sentis ensuite son souffle dans mon cou lorsqu’il parla, et une vague de frissons me traversa. Comme la veille en cours de biologie, mais puissance dix. Sur le moment, je ne ressentais plus la douleur de la brûlure, mais juste du plaisir. Et du désir. Mais je me forçai à rouvrir les yeux pour reprendre mes esprits. Je dus réfléchir et me remémorer sa dernière question.

- Oui, répondis-je très doucement, me demandant même s’il m’avait entendue.

Je savais qu’il m’avait observée pendant le cours d’histoire, et j’avais réussi à ne pas le regarder en retour. Mais je ne savais pas qu’il avait vu que je dessinais ma marque, je pensais qu’il était trop loin pour voir, mais apparemment, il avait une très bonne vue.

Je ne savais pas quoi faire en cet instant et je l’entendis reprendre la parole tout en s’écartant de moi. J’avais envie de lui dire de rester là où il était, à quelques centimètres de mon visage, mais j’enfouis cette idée folle au plus profond de moi et gardai le silence.

- Je crois que… qu’on a des choses à se raconter, annonça-t-il.

Sa voix était grave mais douce. J’avais l’impression qu’il ne voulait pas me forcer à parler de cette marque, qu’il ne voulait pas me brusquer, mais dans le même temps, il était sérieux et savait qu’il était préférable de parler. Tous les deux.
Je le regardai à nouveau dans les yeux et tentai de calmer les pulsations de mon cœur, mais cela était difficile. Il me souriait à présent, et ses fossettes se creusèrent dans ses joues. Ses yeux brillaient, certainement animés par la curiosité. Moi aussi j’étais curieuse. Je voulais en savoir plus sur cette marque et il allait peut-être pouvoir me donner quelques réponses. Il connaissait peut-être la raison de son existence. Et il savait peut-être aussi pourquoi nous étions, à ma connaissance, les deux seuls à la porter.
Sans réfléchir d’avantage, je le pris par la main et le tira en avant pour traverser la rue. Je savais où l’emmener et où nous pourrions discuter en paix. Le pub de Nora, ma tante, la femme de Michael, se trouvait à deux pas d’ici. Nous pourrions nous poser dans un coin et parler au chaud en sirotant quelque chose.

- Viens, l’intimai-je avec autorité. Il me suivit sans dire mot et quelques secondes plus tard, nous arrivions devant la façade verte du pub de ma tante. « O’Connell’s » était écrit en lettres jaunes stylisées au dessus, sur toute la largeur de la devanture. Je lâchai la main de Konwal, réalisant seulement à cet instant que je la tenais dans la mienne, ce qui me rendit légèrement mal à l’aise, et je poussai la porte. L’ambiance à l’intérieur du pub était reposante. La lumière tamisée contrastait avec celle du soleil à l’extérieur et en cet après-midi, les lieux étaient quasiment déserts, seuls les quelques habitués buvaient leurs pintes accoudés au bar et dans un coin de la salle. Ma tante était en train d’essuyer un verre lorsqu’elle regarda vers nous, et je vis un grand sourire illuminer son visage.

- Chari ! Quelle surprise !
Je la vis détailler le garçon qui m’accompagnait, elle ne le connaissait pas. Mais peut-être qu’elle en avait déjà entendu parler par son époux. Michael m’avait promis de ne rien dire, mais cette promesse n’incluait pas Nora. Ils partageaient tout, et je savais que mes secrets étaient bien gardés lorsqu’ils étaient entre leurs mains. Ils étaient jeunes, ils n’avaient que vingt-sept ans, alors j’estimais qu’ils savaient que les secrets d’une jeune fille comme moi devaient rester secrets et ne devaient en aucun cas être répétés aux « vieux » que représentaient mes parents.
- Salut Nora, ça te dérange pas si on squatte une table ? demandai-je en m’approchant d’elle pour la prendre dans mes bras en guise de salutation.
Je vis Konwal me suivre mais il s’arrêta pour ne pas passer derrière le comptoir.
Je préférai demander l’autorisation à ma tante, car Konwal et moi n’avions pas le droit d’être ici, étant donné que nous n’avions que seize ans et que nous n’atteignions pas l’âge requis. Je ne voulais pas qu’elle ait des ennuis.
- Aucun problème, installez-vous, je vous apporte des sodas.
- Merci, dis-je, reconnaissante. Je lui envoyai un petit sourire auquel elle répondit aussitôt. Puis elle regarda Konwal qui se trouvait à quelques mètres de nous et reposa ses yeux sur moi.
- Alors c’est lui ? demanda-t-elle à voix basse que j’étais la seule à pouvoir entendre. Mon sourire s’agrandit et j’acquiesçai silencieusement d’un signe de tête presque imperceptible.
- Tu as bon goût, dit-elle en riant, toujours en murmurant. Je rigolai et repartis en direction de Konwal.

Nous nous installâmes dans un coin du pub, l’un en face de l’autre, chacun sur une banquette en velours. Je regardai mes mains posées sur la table, elles avaient la bougeotte et j’étais nerveuse. J’appréhendais de le regarder à nouveau dans les yeux, je n’avais pas envie que mon cœur se remette à faire des bonds qui nuiraient certainement à ma santé. Je vis alors du coin de l’œil qu’il posait ses mains sur la table lui aussi, puis je les vis glisser jusqu’aux miennes qui s’arrêtèrent immédiatement de s’agiter à leur contact, comme paralysées. Les siennes étaient chaudes, comme d’habitude, malgré le froid hivernal. Je relevai les yeux pour le regarder et je le vis sourire, encore une fois. Ma marque me relança un peu et je plissais les yeux sous la douleur. Je le vis faire de même, il devait ressentir la même chose que moi derrière son oreille, puis il se concentra et reprit la parole.

- Pas la peine de stresser. En fait… je suis rassuré de voir que je ne suis pas le seul.

Ah oui ? Mais cette découverte imposait d’autres questions. Personnellement, je le vivais mieux lorsque je savais que j’étais la seule à porter cette marque. Car je l’avais mise dans un coin de ma mémoire, bien rangée. Mais il était arrivé et avait remis cette information au premier plan.

Je regardai ses mains placées sur les miennes encore quelques instants et répondis enfin.

- Pas moi. Parce que je ne sais pas ce que ça veut dire. J’espère juste… que tu as les réponses à mes questions.

Je relevai mes yeux pour les plonger dans son regard azur et ma tante arriva à cet instant. Je retirai aussitôt mes mains des siennes et les replaçai sous la table, me redressant sur la banquette. La douleur disparût aussitôt.

- Tenez, dit-elle en plaçant les deux verres remplis jusqu’à ras bord du liquide couleur caramel. Je suis la tante de Charisma, je ne sais pas si elle vous l’a dit. Enchantée de faire votre connaissance, Konwal.
J’ouvris mes yeux en grand à ses paroles. Je ne voulais pas qu’il sache que j’avais déjà parlé de lui à ma famille. Qu’allait-il penser de moi ? Je ne voulais pas qu’il sache qu’il me plaisait, surtout pas. Mon regard s’attarda sur son visage, j’essayais de savoir ce qu’il pensait. Mais il sourit poliment et tendit une main à ma tante qui la serra aussitôt. Il me jeta un bref regard qui ne me disait rien de rassurant. J’avais peur qu’il soit au courant, et je repensai automatiquement à Angela. Ce matin, je les avais surpris en train de rire et ils m’avaient eu l’air bien complice tout d’un coup. Je m’imaginais le pire scénario dans ma tête, elle lui avait tout dit. Si c’était le cas, j’allais devoir l’étriper. Je sentis mes narines se dilater à cette idée. J’étais maintenant énervée, alors que j’aurais dû être seulement gênée.

- Enchanté, madame, dit-il de sa voix douce et grave.
Nora me regarda avant de s’éloigner, elle m’avait même envoyé un petit clin d’œil que j’espérais discret. C’était maintenant que je m’empourprai et que j’aurai aimé me faire toute petite. Je saisis mon verre de soda et le porta à mes lèvres, essayant de me redonner une contenance. Le liquide frais me fit du bien et mes idées s’éclaircirent.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 16 Fév - 1:57

(suite chapitre 9)

Konwal ne toucha pas à sa boisson et me regardait toujours. Je me demandai s’il le faisait exprès, juste dans le but de me mettre mal à l’aise.

- Je ne pense pas avoir les réponses à tes questions, mais pose-les toujours.

A quoi servait cette conversation si en conclusion, nous avions plus de questions que de réponses ?
Je me raclai la gorge et ramenai mes mains vers moi, m’accoudant à la table. Je ne savais pas par où commencer, alors peut-être que par le commencement était la meilleure idée.

- Tu l’as depuis quand ? Comment ?

Konwal ne bougea pas d’un iota et me répondit d’une voix inexpressive, comme si raconter cette histoire était chose habituelle chez lui. Tout paraissait naturel, c’en était étonnant.

- Presque deux ans. Elle m’est apparue du jour au lendemain, je n’ai rien senti. Et toi ?
- Pareil, répondis-je aussitôt. Il y a à peu près deux ans. Je ne l’ai pas remarquée tout de suite. Et… tu crois qu’elle signifie quoi ?
- Aucune idée. Je me suis toujours demandé pourquoi elle était là, et pourquoi moi. J’avais commencé à faire quelques recherches sur ce symbole, mais je n’ai pas continué, je ne trouvais rien.

Il était allé plus loin que moi, car je n’avais jamais entrepris de faire des recherches sur ma marque. Peut-être par peur de découvrir quelque chose d’horrible.

- Tu n’as rien trouvé du tout ? Même pas une piste ? Et… tu trouves pas ça étrange qu’on ait ressenti la même douleur au même moment ?
Cette dernière question me sembla stupide, c’était forcément étrange. Tout cela était étrange.

Konwal finit par bouger et s’adossa au velours de la banquette. Ses yeux m’avaient enfin quittée et je le vis gratter le sous-verre en carton avec son doigt, l’air songeur.

- Non, rien du tout. Et… bien sûr que si, je trouve ça… troublant.
Il marqua une courte pause et il me sembla qu’il rougissait, mais je n’en étais pas certaine à cause du peu de luminosité environnante.
- Tu crois… qu’on était censé se rencontrer ? demandai-je prudemment. C’était ce que je pensais, du moins. J’aimais croire aux signes, mais celui-là était plus qu’évident. Et ce que je commençais à ressentir pour lui, alors que cela ne faisait même pas quarante-huit heures que je le connaissais, cela n’était pas normal. Je sentais que nous étions destinés à nous rencontrer pour accomplir quelque chose. Mais quoi ?
Konwal émit un léger rire, comme s’il se moquait, et j’espérai que ce n’était pas de moi.
- Pour te dire la vérité, quand je t’ai vue hier, j’ai su que tu étais… étrange. Que tu avais quelque chose que les autres n’avaient pas. C’est comme s’il y avait un mystère autour de toi. C’est assez fascinant, je dois l’avouer.
- C’est pour ça que tu n’as pas arrêté de m’observer en histoire ?
Je l’avais senti et Angie me l’avait confirmé.
- Entre autres, oui.
- Comment ça « entre autres » ?
Je le sentis mal à l’aise et il évitait mon regard. Il leva sa main et la passa nerveusement dans ses cheveux.
- Ben disons… que tu n’es pas désagréable à regarder.
Je faillis m’étouffer en entendant ses mots et je me pinçai les lèvres pour ne pas rire. Il me trouvait jolie ? Vraiment ? Si je ne me retenais pas, je me mettrais debout et commencerais une danse de la joie rythmée et désordonnée, sautant partout en poussant des petits cris aigus. Je me mis à sourire et j’étais contente de ne pas rougir. C’était lui qui était mal à l’aise, même s’il venait de me complimenter moi. Il était encore plus mignon comme ça et je me mordillai la lèvre inférieure sans m’en rendre compte, ce qu’il vit.
- Et j’adore quand tu fais ça, ajouta-t-il.
- Ca quoi ? Je ne compris pas.
- Quand tu mordilles ta lèvre.
Cette fois, c’était moi qui rougissais.
Un silence s’installa pendant quelques secondes à notre table, nous nous observions du coin de l’œil, tous deux gênés mais heureux. Je pris alors la parole.
- C’était la première fois que ta marque te brûlait tout à l’heure ?
Cette sensation était nouvelle pour moi et n’avait commencé qu’hier, je me demandai si ça avait été pareil pour lui.
- Non. Ca m’a fait ça ce matin au réveil.
- Tu sais pourquoi ça brûle comme ça ?
- Non, pourquoi ?
- C’était une question, je ne sais pas.
- Ah.
Il fit mine de réfléchir.
- Ca a un rapport avec nous, je crois. C’était la première fois pour toi ? me demanda-t-il.
- Non, j’ai ressenti ça hier après-midi pour la première fois.
Je repensais au rêve que j’avais fait, où je l’avais vu dans une forêt et qu’il m’avait été impossible de l’atteindre.
- Donc le même jour de notre rencontre. Je suis sûr que c’est lié. J’ai ressenti ça ce matin après avoir rêvé de toi. Il me regarda droit dans les yeux et sourit. Ne va pas t’imaginer des choses, hein !
Zut. Dommage, j’aurais bien aimé qu’il rêve de moi en faisant des remakes de comédies romantiques.
- C’est marrant, j’ai rêvé de toi hier après-midi et après ce rêve, j’ai ressenti la brûlure aussi.
Il leva un sourcil étonné.
- Tu rêves l’après-midi, toi ?
Sa question me fit rire. Je lui disais que j’avais rêvé de lui et tout ce qu’il lui venait à l’esprit, c’était cette question. Drôle de bonhomme.
- Je lisais et je me suis assoupie. Dans mon rêve, je me promenais dans une forêt avec des êtres magiques et je t’ai vu. Tu étais là, derrière un arbre. J’ai essayé de venir te voir, mais je n’y suis pas arrivée. C’était étrange, la forêt était devenue toute sombre d’un seul coup et je t’ai perdu.
Konwal fronçait désormais les sourcils, il m’écoutait attentivement.
- Mon rêve était un peu similaire. J’étais dans une forêt moi aussi, et ne me demande pas comment mais tu marchais sur l’eau. Enfin tu volais au-dessus, en quelque sorte. Tu n’avais pas l’air bien et j’ai voulu t’attraper, mais tu es partie dans les brumes. Et c’est là que je me suis réveillé et puis j’ai ressenti la brûlure.
Waouh. Vraiment étrange, en effet. Son rêve ressemblait au mien et nous avions ressenti la brûlure juste après. Comme si…
- Tu crois qu’on a un pouvoir et que cette brûlure signifie qu’il est en train de se réveiller ?
Mais où j’allais chercher tout ça, moi ? Je devais sérieusement arrêter de regarder tous ces films fantastiques.
- Un pouvoir ? Genre voler ou avoir une force surhumaine ?
Il se mit à rire et je le suivis. C’était complètement idiot ce que je venais de dire.
- Ouais, bon, j’essaie de trouver des idées, moi ! répondis-je pour ma défense.
- Tu as remarqué que nos marques nous brûlent lorsque nous sommes proches ? Physiquement, j’entends. Quand nous sommes « connectés ».
Son idée n’était pas bête. Nous l’avions ressentie tout à l’heure après le presque-accident, et puis à nouveau il y a quelques instants lorsque nos mains étaient entremêlées. S’il disait vrai, je prendrai cela pour une malédiction. Car j’avais envie qu’il me touche encore et encore. Je tendis les mains vers lui.
- On a qu’à tester.
Konwal avait l’air amusé, son visage avait perdu son sérieux, et je devais avouer que moi aussi cette expérience m’amusait. Il posa ses mains dans les miennes et nous attendîmes quelques secondes en silence, sans se quitter des yeux. J’avais envie de rire, je ne savais pas pourquoi, et je sentais que lui aussi était sur le point de craquer.
Rien ne se passa et je soupirai.
- Bon ben c’est pas ça, annonçai-je, soulagée. Au moins, il pourra me toucher sans que j’en souffre, c’était déjà ça.
Konwal ne me lâcha pas les mains et je sentis même quelques caresses qu’il prodiguait du bout des pouces.
- Ta peau est vraiment très douce.
Mon cœur reprit sa course folle et je restai là, devant lui, sans rien faire ni rien dire. Mes yeux étaient rivés dans les siens, et je recommençai à me perdre. Est-ce que c’était pareil pour lui ? Ou étais-je la seule à ressentir cette vague d’émotions qui me déstabilisait complètement ?
La douleur revint et me saisit violemment. Je grimaçai et portai immédiatement ma main derrière mon oreille, et je le vis faire de même.
Non ! Non, non, non ! Je ne voulais pas que ça soit ça.
- Je crois… que c’est ça, dit-il doucement. Je détectai un soupçon de déception dans sa voix, ou alors c’était mon imagination qui me faisait entendre ce qui n’était pas.
- Ca m’en a tout l’air… répondis-je avec clairement de la déception dans mon ton, je m’étais trahie toute seule. Je m’empressai de reprendre une gorgée de mon soda et reposa mon verre un peu trop brutalement sur la table. Le liquide tourna à l’intérieur et faillit atterrir sur la table.
- Je pense qu’on devrait se mettre à chercher la signification de ce symbole. A deux, nous arriverons peut-être à quelque chose ?
Je soupirai profondément, je n’étais pas encore remise du fait qu’on ne pouvait pas se toucher trop longtemps sans ressentir cette satanée brûlure. J’espérais aussi qu’une solution existait, ou alors que notre expérience avait échoué et que ça n’avait été que pur hasard.
- Oui, bien sûr. Mon oncle Michael a une librairie, peut-être qu’on trouvera une piste dans un de ses bouquins. Et je chercherai sur Internet en rentrant.
- Super. On peut y aller maintenant chez ton oncle ? Autant commencer tout de suite puisque nous sommes tous les deux.
Je me mis à rire en pensant que mon oncle serait ravi de le rencontrer après ce que je lui avais dit hier. Je me levai de la banquette et remis mon sac sur mon épaule.
- Allons-y, alors. C’est juste à côté.
Nora nous regardait de loin et je m’approchai d’elle pour lui annoncer qu’on allait rendre visite à son mari. Elle me donna un paquet à lui remettre et nous sortîmes du pub. Le froid extérieur me glaça immédiatement et j’avais hâte de rentrer me mettre à l’abri, dans la petite librairie de mon oncle.

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 16 Fév - 1:58

Chapitre 10
Vérité



Malédiction. C’était une malédiction. Mes doutes avaient été confirmés. Je ne pouvais pas la toucher, du moins, dès lors qu’une connexion s’établissait entre nous deux, cette satanée marque nous brûlait. Etait-ce un signe ? Je n’osais pas croire à ces choses-là, mais peut-être que parfois, il fallait savoir écouter et ouvrir les yeux face à la vérité. Si cela était notre destin, alors il n’impliquait aucune relation physique. Cette marque nous rapprochait, et pourtant, elle avait creusé un fossé entre Charisma et moi, un fossé que la douleur et la frustration inondaient.
Je ne montrai pas ma déception, du moins, j’essayai. Je ne savais même pas pourquoi j’avais gardé ses mains dans les miennes. Sa peau était si douce et glacée malgré la chaleur ambiante à l’intérieur de ce pub. Et malgré mes doigts autour de ses mains. Mes doigts que j’avais toujours chauds, contrairement à elle. Comme j’aurais aimé pouvoir lâcher ses mains et ne pas découvrir que nous ne pouvions pas nous toucher, nous connecter, sans en subir des conséquences douloureuses…
Charisma était devenue soudainement quelqu’un d’important dans ma vie. Elle m’avait intrigué depuis le moment où nos regards s’étaient croisés, certes, mais maintenant qu’elle connaissait mon secret et qu’elle le partageait puisqu’elle aussi portait une marque, je ressentais un lien spécial qui s’était tissé de manière forte et indestructible entre nous. Jamais je n’avais ressenti cela avant, même pas avec Anna. Et pourtant, Anna… je l’aimais encore. Mais elle me paraissait si loin maintenant.

Je remarquai que Charisma aussi était déçue par cette nouvelle et j’eus l’impression qu’elle ne tentait même pas de dissimuler son sentiment. Je savais déjà qu’elle éprouvait quelque chose pour moi, Angela avait laissé échapper l’information plus ou moins discrètement ce matin, mais je ne pensais pas que la déception serait aussi flagrante. Au fond de moi, je savais que cela me faisait plaisir. Et que cela n’était pas bien de ressentir cette satisfaction. A quoi je jouais avec elle ? Je souhaitais qu’elle s’intéresse à moi, mais en retour, je ne voulais pas lui donner ce qu’elle désirait. C’était complètement idiot et égoïste de ma part.

Je nourrissais cependant l’espoir que nos recherches nous conduiraient à une solution, n’importe laquelle, mais juste une. S’il y avait une quelconque chance que nous apprenions l’origine de cette marque – et de cette malédiction – je me devais de la trouver. Aussi, je m’efforçai de garder un calme apparent et proposai à Charisma d’entreprendre dès maintenant ces recherches. Je ne voulais pas perdre de temps. Et puis cette brûlure devenait désagréable à la longue, alors autant lui régler son compte tout de suite.

Je la vis rire à la suite de ma proposition, sans vraiment comprendre pourquoi, mais je n’en cherchai pas la raison. Elle était encore plus mignonne lorsqu’elle riait. Nous partîmes en direction de la librairie de son oncle qui tombait à point nommé. Peut-être qu’un début de solution se trouvait là bas.

Le froid de New York me saisit dès que je mis le pied hors du pub. Le soir commençait à tomber et le ciel s’était drôlement assombrit, le soleil avait laissé la place à une couche de nuages qui ne me disaient rien de bon. Le vent hivernal s’était mis à souffler un peu plus fort et j’en eus des frissons alors que je remontai la fermeture éclair de ma veste en cuir. J’aurais peut-être dû choisir mon manteau d’hiver.

Charisma n’avait pas perdu sa bonne humeur, elle devait aimer son oncle pour être aussi enthousiaste à l’idée d’aller à sa librairie. La déception que j’avais pu lire en elle quelques minutes plus tôt s’était évaporée, alors que la mienne, cachée derrière mon visage faussement calme, était restée ancrée en moi. Je me détestais de ressentir pareilles choses car je ne m’autorisais pas à vouloir que notre relation prenne le même chemin, celui qu’elle désirait. Je soupirai en pensant à cela et je la vis se tourner vers moi d’un air curieux, les sourcils légèrement froncés, creusant une petite ride entre eux. J’étais pourtant certain qu’elle n’avait pas pu m’entendre soupirer et encore moins penser. Mes yeux ne quittaient pas son visage et elle finit par me sourire gentiment. Je ne comprenais pas pourquoi elle faisait ça, ni pourquoi, moi, je faisais ça. Qu’est-ce qu’il me prenait donc ? Je ne devais pas me préoccuper de ce qu’elle et moi pourrions devenir ou ne pas devenir. Je devais juste trouver l’origine de cette marque. De ces marques, pour être précis. Car elles n’étaient pas tout à fait identiques. J’esquissai alors un sourire en retour et détourna les yeux pour regarder au loin sur le trottoir. Les passants semblaient être eux aussi plongés dans leurs propres pensées, et leurs visages n’exprimaient rien d’encourageant, à croire que le bonheur avait quitté la ville depuis tout à l’heure. Déprimant.

Je continuai mon chemin en regardant droit devant moi, mais après quelques mètres parcourus, je me sentis tiré en arrière. Surpris, je me retournai et vis que c’était Charisma qui m’avait retenu par le bras. Elle semblait amusée.

- Tu comptais aller jusqu’où comme ça ? C’est là, la librairie.

Je levai alors les yeux et lu le nom de l’enseigne. Les lettres étaient écrites en doré dans une écriture manuscrite. « Once upon a time… »* Je souris à sa signification, c’était une bonne idée pour une librairie. Ca incitait à vouloir s’évader dans des livres de contes en tout genre.
Je reportai mon attention sur Charisma dont le sourire m’éblouit sur le moment. Je réfrénai une soudaine envie de sourire à mon tour. Ses petites taches de rousseur étaient adorables sur son nez et ses pommettes, tout comme ses boucles qui lui retombaient avec grâce sur le visage. Tout était charmant chez elle, bien plus que ce que j’avais pu constater jusqu’alors. Et ce fut à ce moment là que je compris que moi aussi je voulais ce qu’elle voulait. Nous. Je me sentais entièrement habité par une douce chaleur et un bien-être étonnant, et sans vouloir tomber dans le romantisme pathétique, je crus un instant que le temps s’était arrêté, comme suspendu pour me laisser le temps d’en apprécier chaque seconde.

- On y va ? me demanda-t-elle. Je sortis de ma transe et clignai des yeux. Je me sentais gêné tout à coup, et mon regard se baissa jusqu’au sol, comme s’il y avait quelque chose d’intéressant à y contempler.
- Je te suis, dis-je sans vraiment articuler. Je me rendis compte que mon cœur battait à un rythme anormalement élevé et je tentai de le calmer en respirant profondément.
Une clochette tinta lorsque la porte s’ouvrit et j’entrai dans la boutique derrière Charisma.

J’observai immédiatement les étagères en bois patinées grises remplies de livres et l’ambiance qui régnait était calme et reposante. Un endroit où je me voyais bien passer mon temps libre, même si je n’étais pas un grand passionné de lecture. Mais ici, tout incitait à vouloir se poser et à ouvrir un livre dans lequel se plonger, et en particulier les trois fauteuils club qui étaient entreposés dans un angle autour d’une table basse en même bois patiné que les étagères. Je me demandais si l’oncle de Charisma servait aussi des boissons pour faire de cet endroit un havre parfait de paix, de confort et d’évasion. J’entendis une voix que je ne connaissais pas et j’interrompis mon observation minutieuse de la boutique.

- Encore toi ! Jake veut un autre bouquin ?
- Coucou oncle Mike. Non, rien à voir avec Jake. Tiens, Nora m’a chargée de te remettre ça.
Je restais à l’écart, laissant la scène familiale se dérouler sous mes yeux. Je ne me sentais pas mal à l’aise, j’attendais simplement.
- Merci, tu viens de là-bas ?
Et c’est là qu’il me vit. Son regard me scruta avec curiosité et un sourire amusé s’étira sur ses lèvres. Puis il regarda à nouveau sa nièce pour rectifier sa question.
- Ou plutôt… Vous venez de là-bas ?
Je ne vis pas la réaction de Charisma puisqu’elle me tournait le dos, mais sa voix trahissait une gêne qui, je savais, était en rapport avec ma présence.
- Euh… oui. C’est… Konwal, tu sais...
Elle se tourna vers moi et je vis que ses pommettes étaient cramoisies. Son regard restait toutefois pétillant et toujours aussi étrange. Je souris à son oncle, le cœur tapant un peu plus fort dans ma poitrine ne sachant trop pourquoi, et m’avançai de quelques pas pour lui serrer la main.

- Bonsoir monsieur-l’oncle-de-Charisma.
Il était rouquin à la peau pâle, et son accent prononcé que j’avais remarqué et reconnu indiquait clairement son origine : il était irlandais.
- Alors c’est toi le petit français du lycée ! Chari m’a parlé de toi hier. T’as dû l’impressionner pour qu’elle en parle si vite. Remarque… un français à Lincoln High, ça doit pas arriver tous les jours. Chari adore ton pays, tu sais !
Je reportai mon regard sur la personne concernée par ces propos et constatai qu’elle avait réussi à s’empourprer encore un peu plus. Elle devait être sacrément mal à l’aise, et je la comprenais. J’émis un léger rire.

- Elle en parle déjà très bien la langue, d’après ce que j’ai remarqué en cours hier. Ca ne m’étonne pas qu’elle adore mon pays.
Est-ce que je le faisais exprès ? Peut-être… En tout cas, le visage de Charisma devint rouge tomate cette fois. Mon compliment avait eu l’effet escompté. Cela m’amusait mais je finis par avoir pitié d’elle.
- En fait, nous sommes venus pour faire quelques recherches sur un symbole dont nous ignorons l’origine. Je ne sais pas si vous avez des livres spécialisés là dedans, annonçai-je d’un ton neutre.
Je ne pouvais pas révéler qu’il s’agissait d’une marque que sa nièce et moi portions.
Je le vis hausser un sourcil circonspect.
- Quel genre de symbole ?
- Je peux vous le dessiner si vous voulez. Et je le vis sortir un crayon de son tiroir, ainsi qu’une feuille de papier vierge. Je m’avançai alors jusqu’au comptoir et me penchai au-dessus pour dessiner. Le symbole était simplissime et je ne mis que quelques secondes pour le terminer. Puis je fis glisser le morceau de papier vers lui.
Il le regarda attentivement et je reconnus la même petite ride entre ses sourcils que sa nièce faisait elle aussi apparaître lors de moments de réflexion.
- Je n’ai jamais vu ce symbole-là, mais d’autres s’en approchant, oui.
Ah ! Pourquoi n’avait-elle pas demandé à son oncle plus tôt ? Il semblait être l’homme de la situation pour trouver une réponse à nos questions. Cela paraissait presque trop facile.
- Ah bon ? Où ça ?
Il sortit de derrière le comptoir pour se diriger vers une étagère qui se situait dans le fond de la boutique. Je le suivis et j’entendis Charisma derrière moi. Je me retournai pour la regarder et vis que son visage avait repris une couleur normale et elle m’envoya un petit sourire semblant exprimer de l’espoir. L’espoir que nous approchions du but ?
Son oncle chercha sur un des rayons, ses doigts effleurant les tranches des différents livres qu’il passait en revue, puis il saisit un petit livre à la couverture verte, en cuir. Des lettres capitales étaient gravées dessus : NATURE & LEGENDS. Il ouvrit le recueil et le feuilleta rapidement, puis il stoppa sur une des pages et me tendit le livre.
- Là.
Je reportais mon attention sur ce qu’il me désignait du doigt et saisit à mon tour le recueil.
Des symboles étaient dessinés au milieu du texte et je constatai avec bonheur que ces légendes étaient illustrées. Les symboles en question étaient ressemblants, en effet. Du moins, si nous les superposions, nous pouvions obtenir nos marques, et celle de Charisma plus précisément. L’un représentait deux traits parallèles horizontaux avec à leurs extrémités deux crochets comme des virgules attachées, un autre avec un seul trait, et un troisième avec deux vagues verticales. Je n’en crus pas mes yeux. Alors c’était vraiment si facile ! L’oncle de Charisma nous apportait la réponse sur un plateau d’argent. Je me demandais s’il connaissait tous les livres qu’ils vendaient par cœur. Car il n’avait pas hésité à nous montrer celui-là. Je le regardai alors et il haussa un sourcil tout en s’accoudant à l’étagère.

- Ca y ressemble, non ? demanda-t-il d’un air fier d’avoir trouvé ce que nous recherchions.
- Je ne pensais pas que ça allait être si facile, avouai-je. Vous connaissez tous vos livres aussi bien que celui-ci ?
Il rigola et s’écarta de l’étagère.
- Non, juste cette section-ci. J’ai étudié tout ce qui a un rapport avec la culture celtique à l’université, je suis un passionné. Toutes mes merveilles se trouvent ici ! répondit-il en tapotant amoureusement son étagère.
Charisma m’arracha le livre des mains pour voir notre trouvaille, puis elle partit s’asseoir sur le fauteuil juste à côté.
- Si vous avez encore besoin de moi, faites moi signe. Content d’avoir fait ta connaissance, Konwal.
Il m’envoya un clin d’œil amusé et repartit derrière son comptoir. Je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse de ma vue, puis j’allai rejoindre Charisma autour de la table basse où je déposai mon sac de cours. Je dézippai aussi ma veste et la retirai pour me mettre à l’aise. Elle ne leva pas les yeux et lisait toujours en silence. Alors je m’assis, me laissant tomber lourdement dans le fauteuil qui protesta en un souffle sourd.
Je ne pouvais attendre plus longtemps et prit la parole.

- Alors ? Ca donne quoi ?
Elle leva le doigt mais garda ses yeux rivés sur la page. J’en conclus qu’elle voulait finir de lire et je posai mon regard ailleurs, commençant à tapoter sur les accoudoirs en cuir marron avec mes doigts. La patience n’était pas une de mes qualités, je devais avouer. Mon attention se recentra sur elle lorsqu’elle parla enfin.

- Apparemment, ces symboles appartiennent à des guerriers d’une légende celtique. J’y crois pas trop, perso.

Elle me tendit le livre à la page de tout à l’heure et je ne lui répondis pas, j’avais trop envie de lire le contenu de cette légende moi aussi.
Je tournai les pages pour revenir en arrière et commencer par le commencement. Le titre de la légende indiquait « Les gardiens de la forêt ». Quelle forêt ? Ma soif d’en apprendre plus s’aiguisa et je parcourus les premières lignes.

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* « Il était une fois… »

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Lun 16 Fév - 1:59

Chapitre 11
Confidences



- Ca vous dit du thé ?
Mon oncle était revenu nous voir alors que Konwal était toujours plongé dans le livre. Moi, je l’attendais patiemment, plongée dans mes propres pensées. Je regardais mon ami pour connaître sa réponse tout en parlant.
- Moi oui, s’il te plaît.
Konwal déclina l’offre et se replongea dans sa lecture. Il était beau comme ça, tellement concentré et absorbé par cette légende que ça lui donnait un petit air sérieux vraiment adorable et irrésistible. Je le vis passer négligemment sa main dans ses cheveux noirs et je me surpris à penser que j’aurais aimé que ce fût la mienne. Je détestais penser pareilles choses et émettre pareils désirs. C’était vraiment étrange, je sentais que nous étions liés mais je savais que quelque chose empêchait que mes désirs deviennent réalité. Et cette marque en était la preuve parfaite. Comment un « nous » serait-il possible alors que nous ne pouvions même pas nous toucher ? Ce n’était pas comme cela que j’envisageais une relation amoureuse, en tout cas.

Mike vint m’apporter un mug rempli de thé chaud autour duquel je m’empressai de coller mes mains glacées. Elles étaient toujours gelées, je devais avoir une mauvaise circulation ou quelque chose de ce genre. Mais c’était supportable, je mettais souvent des gants l’hiver pour limiter la casse. Je repensais alors aux mains de Konwal qui, elles, étaient chaudes. Lorsqu’il avait posé les siennes dans les miennes, tout à l’heure, j’avais ressenti un bien-être très agréable. Comme j’aurais aimé que nous puissions retenter l’expérience…
Le thé était brûlant et ma langue et mon palais en subirent les conséquences. Aïe. Anesthésiés par le chaud, si tant est que ce fut possible.
A cet instant, Konwal releva la tête et me sourit d’un air satisfait.

- Intéressant cette légende. Je me demande si elle est réelle.
Je rigolais. Il croyait vraiment à ce genre de trucs ?
- T’es sérieux ?
- Oui, me répondit-il d’un ton solennel. J’écarquillai les yeux, étonnée.
- Mais c’est qu’une légende ! Konwal, c’est pas « réel » !
Il haussa les épaules et referma le livre pour regarder au dos de celui-ci, cherchant quelque chose que je devinai être le prix.
- Tu vas pas l’acheter, quand même !
- Pourquoi pas ? C’est un début. Et même un bon. Il y a nos marques là dedans.
Je restai dubitative.
- Mais ce n’est qu’une coïncidence !
- Tu crois ça ? Je ne vois pas pourquoi ça serait impossible, vu ce qu’on sait de cette marque. On a fait des rêves étranges, où il y avait une forêt, la légende parle d’une forêt. La marque nous brûle lorsque nous sommes… connectés.
Je remarquai que ses derniers mots furent prononcés avec difficulté. J’étais certaine qu’il regrettait lui aussi cette réaction que j’osais appeler malédiction.
- Oui mais…
Mais rien du tout. Je n’avais pas d’argument autre que « je ne crois pas à ces balivernes », ce qui, en soi, n’en était même pas un.
- Mais ça parle de guerriers, de gardiens d’une forêt magique, de forces maléfiques et autres trucs du genre. Ca n’existe pas dans la réalité tout ça !
Il haussa à nouveau les épaules et jeta doucement le livre sur la table basse, puis il refixa son attention sur moi. Je soutins son regard, me perdant à nouveau dans ses yeux bleus. Je savais que je ne devais plus faire ça, car cela me précipitait encore un peu plus dans ce fossé que cette marque avait creusé entre nous. La douleur, la frustration et la déception. Mais je ne pouvais m’y résoudre, il était tellement beau qu’il m’éblouissait littéralement.

- Euh, comment ça se fait que tu saches parler aussi bien anglais ? demandai-je enfin, réussissant à m’extirper de cet état de contemplation malsaine.
Il me sourit, creusant ainsi ses adorables fossettes au milieu de sa barbe naissante.
- Depuis l’âge de huit ans, je passe tous mes étés en Irlande. Enfin presque tous.
J’arquai un sourcil qui démontrait mon étonnement. Irlande ? Tiens donc, quelle coïncidence. Lui prit une mine légèrement triste, mais je n’y prêtai pas plus attention que ça.
- Je suis d’origine irlandaise. En partie.
- Oui, j’avais cru remarquer, vu ton oncle. J’ai tout de suite reconnu son accent, sans parler de sa couleur de cheveux et sa peau pâle, comme la tienne.
Une peau que je détestais, je ressemblais parfois à un cadavre tellement elle était blafarde.
- Tu as de la famille en Irlande pour y avoir passé autant de temps ?
Sa vie m’intéressait et je voulais en connaître tous les détails, peu importe le temps que ça prendrait. Je voulais que sa vie soit mienne.
- Non, du tout. J’allais dans des familles d’accueil. Dublin, Galway, Cork. Je changeais de coin chaque année. Je crois que cet été, je vais y échapper !
Il sourit à sa plaisanterie et je l’imitai. Je voulais qu’il reste là, avec moi. Hors de question qu’il parte en Europe cet été.
- Et tu aimes l’Irlande ? demandai-je.
Personnellement, j’adorais ce pays. J’y étais allée deux fois dans ma vie, les deux seules occasions où j’avais mis les pieds hors du territoire américain. Cependant, j’avais été frustrée de ne pas pouvoir pousser le voyage jusqu’en France, pays que j’adorais par-dessus tout. Et puis ces deux occasions n’avaient pas été des plus gaies, il avait s’agi des enterrements de mes grands-parents, décédés à deux ans d’intervalle il y a de ça quelques années.
- Oui, beaucoup. Ca ne me changeait pas trop de la Bretagne, je restais en territoire connu, avec les paysages sauvages, les côtes fantastiques. Mais c’est quand même un peu différent, même si nous appartenons à la même culture.
- Je comprends mieux pourquoi tu parles si bien anglais, si tu passais tes étés entiers là-bas…
- Presque tous, me corrigea-t-il. Ses traits se tendirent légèrement et je revis la même tristesse que tout à l’heure s’afficher sur son joli visage. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas trop ce changement soudain, ce qu’il remarqua aussitôt.
- L’été où j’avais neuf ans, j’étais là-bas depuis seulement une petite semaine et j’ai dû retourner en France.
Mon cerveau révisa toutes les informations qu’il avait pu me donner jusqu’à présent, et elles n’étaient pas nombreuses, et ce fut donc facile pour moi de faire un rapprochement. Je me souvins de la journée d’hier où j’avais gaffé à l’heure du déjeuner, parlant de sa famille, de sa mère. Elle était morte alors qu’il avait neuf ans. Je n’osai pas admettre à haute voix ce que j’avais cru comprendre, et il reprit la parole.
- Ma mère était soudainement tombée malade et me demandait près d’elle. Elle est morte cet été là.
Son ton était emprunt de la même tristesse que celle que son visage affichait et je me sentis l’envie de me précipiter vers lui pour le prendre dans mes bras. Je voulais le réconforter, qu’il sente à quel point j’étais bouleversée moi aussi. Perdre une mère à un âge aussi jeune, la vie était réellement injuste.
Mais je restai collée à mon fauteuil, sachant pertinemment que cette idée était mauvaise. Cependant, ma main se leva et alla inconsciemment se placer sur la sienne. Je contemplai cette image encore une fois, nos mains entrelacées, et mes yeux allèrent se poser dans les siens, un sourire compréhensif s’étirant sur mes lèvres. Mon cœur s’était serré, je ressentais réellement de la peine pour lui. Cet instant de communion où nos deux cœurs s’étaient mis au diapason fut interrompu par la douleur qui revint derrière nos oreilles respectives. Je le lâchai aussitôt et grimaçai légèrement. Avec l’habitude, peut-être qu’elle serait moins pénible à supporter. Je ne voulais pas lui montrer que j’avais mal, car ce n’était pas le sujet. Ma douleur n’était rien comparée à la peine qu’il devait ressentir. Seulement je ne savais pas quoi dire pour apaiser cette peine, son visage était toujours emprunt de cette tristesse qui me déchirait le cœur, même si quelques uns de ses traits s’étaient tordus de douleur.
Il reprit la parole, tentant de masquer son émotion.
- On ne sait pas de quoi elle est morte, les médecins ont dit qu’il s’agissait d’une fatigue extrême, son cœur a fini par se fatiguer. Elle avait trente-deux ans, c’était incompréhensible.
Un lourd silence s’installa pendant plusieurs secondes et je le vis rire doucement puis relever la tête vers moi, son visage avait changé.
- Je ne sais même pas pourquoi je te dis tout ça. Désolé de plomber l’ambiance comme ça.
Je lui souris en retour et me forçai à prendre moi aussi un ton plus léger, alors qu’au fond, j’étais toujours bouleversée.
- Ah, t’en fais pas. C’est moi et ma curiosité mal placée !
Il rigola et nia de la tête.
- Pas du tout. J’aime quand tu t’intéresses à moi, j’avoue. Et puis il n’y a que comme ça qu’on finira par devenir véritablement amis. Et toi alors ? Pas de bouleversement familial ?
Notre conversation était devenue moins pesante et finalement, c’était plutôt agréable.
- Non, juste que je déteste mon frère, et ma mère par la même occasion. Mais avec mon père, ça roule comme sur des roulettes !
- Tu détestes ton frère parce qu’il est la star du lycée ? Jalouse ?
Je vis toute la malice qu’affichaient ses yeux. Il avait deviné.
- Oui, avouai-je, dépitée. Il a tout, et l’admiration de ma mère en prime. Mais bon, j’y peux rien, alors je fais avec.
Konwal me regarda intensément cette fois, le coin de ses lèvres entrouvertes remontant en un très léger sourire. C’en était presque dérangeant, mais je me connaissais assez pour pouvoir avouer que j’adorais ça. Quand il me regardait, je me sentais spéciale.
- Tu ne devrais pas être jalouse de lui. Tu n’as aucune raison de lui envier quoi que ce soit.
OK, là, il disait exactement ce que j’avais envie d’entendre. Flippant. Je lui plaisais vraiment ? C’était la conclusion que j’en tirai, en tout cas. Sa façon de dire ces mots, c’était comme si à ses yeux j’étais la plus belle des merveilles qu’il avait jamais vues. Mon cœur ne put s’empêcher d’avoir quelques ratés et le rouge me monta aux joues. Il le faisait exprès, je crois.
- Je suis sérieux, ajouta-t-il.
Et son ton l’indiquait indéniablement. Je déglutis avec beaucoup de peine, ma gorge était devenue toute sèche, je ne savais plus où me mettre.
- Euh… merci, répondis-je timidement. Je lui en voulais de me mettre dans un état pareil, et dans le même temps, je lui étais reconnaissante de vouloir essayer de remonter le peu d’estime que j’avais de moi.

- Ca va comme vous voulez ? fit mon oncle en apparaissant de derrière une étagère au bout de la rangée. Je me serais levée pour le remercier de me sauver de ce malaise qui s’était emparé de moi après les paroles de Konwal. Je me retournai pour le regarder et lui sourire.
- Oui oui ! On va rentrer de toute manière.
Et je me levai, ma seule échappatoire. Konwal fit de même et nous nous dirigeâmes vers la caisse où Konwal paya le fameux livre. Mon oncle nous salua chaleureusement et nous quittâmes la boutique.

Le soir était tombé sur New York, et le ciel n’était plus qu’une vaste étendue noire sans étoiles et sans lune. Sinistre. Mais j’avais mon propre soleil à côté de moi. Alors que je le raccompagnais jusqu’au métro le plus proche, je me sentais étrangement bien, comme si j’avais des ailes. Je ne sais pas si c’était le contrecoup de ses dernières paroles ou juste le fait qu’il marchait à mes côtés, mais j’étais bien.

Arrivés devant la bouche de métro, je m’immobilisai et je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine. J’avais envie de rester avec lui encore un peu, je n’en avais pas eu assez. Une vraie droguée.
Une légère tension s’immisça entre nous alors que je fuyais son regard pour m’épargner la peine de m’y perdre encore une fois, puis il s’approcha de moi. Mon cœur s’accéléra encore un peu plus, je frôlais la crise cardiaque.

- Bye. A demain alors.
Et je sentis ses lèvres contre ma joue. Mes yeux se fermèrent l’espace d’une seconde et je me mordillai la lèvre de plaisir.
Son rire me fit rouvrir les yeux et je le regardai alors.
- Tu le fais exprès parce que je t’ai dit que je trouvais ça mignon ?
Je mis quelques secondes à comprendre de quoi il parlait et je compris. Je détendis mes lèvres et sourit, gênée. Je ne l’avais pas fait exprès, mais si je lui plaisais ainsi, alors je continuerai, sans me poser de question.
Sans attendre ma réponse, il commença à descendre les marches qui le mèneraient au sous-terrain et je lui fis signe de la main pour le saluer.
- A demain, dis-je d’une voix étouffée.
Ce furent les seuls mots que je pus prononcer tellement j’étais encore émue par ce tout petit bisou, même si je savais qu’en France, il était de coutume. Mais ce geste avait été si tendre…

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MessageSujet: Re: [Fantastique/Drame] GREEN WARRIORS, les gardiens   Aujourd'hui à 18:59

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